Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 45
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 45
Scène 5 : Un Dîner Sous Influence
En rentrant chez lui, l'odeur alléchante du gratin et des légumes rôtis l'accueillit dès le seuil, une bouffée de chaleur et de réconfort après la froideur du chlore. Sophie, sa belle-mère, était déjà en train de mettre la table, ses mouvements fluides et précis, un léger air fredonné aux lèvres. Laurent, son père, écoutait une émission de radio dans le salon, le froissement des pages d'un magazine d'architecture étant le seul bruit lointain. Léo, son demi-frère, était affalé sur le canapé en train de parcourir une bande dessinée. Une routine familière et réconfortante, le socle solide de sa vie, qui contrastait si fortement avec les tourments intérieurs qu'il avait rencontrés à la piscine.
Au cours du dîner, une fois les assiettes servies et le bruit des couverts sur la céramique installé, la conversation s'engagea naturellement, comme chaque soir dans cette maison où l'on se disait tout (ou presque).
— Alors, ta journée, Yanis ? demanda Sophie, un sourire chaleureux sur le visage, ses yeux doux posés sur lui. Bonne séance de piscine ?
— Ça va. J'ai fait mes longueurs à la piscine, comme d'habitude. J'étais un peu à bout à la fin, mais ça fait du bien, répondit Yanis, en remplissant son verre d'eau.
Il se racla la gorge, essayant de maintenir un ton neutre, comme si c'était juste une journée comme les autres.
— Et j'ai travaillé sur l'exposé avec Paul, aussi.
Laurent, son père, abaissa son verre de vin et le regarda par-dessus le cadre de ses lunettes fines, le sourcil levé avec curiosité bienveillante.
— Ah oui, Paul, dit-il. Comment ça se passe avec lui ? C'est le garçon discret dont tu parlais la dernière fois, celui qui te paraît… particulier ?
Yanis acquiesça d'un petit mouvement de tête.
— Oui, c'est ça. Il est… très calme, c'est vrai. Mais intelligent. On a bien avancé sur l'exposé aujourd'hui, sur la Chute du Mur de Berlin. On a trouvé pas mal de choses intéressantes sur les réactions des gens.
Léo, qui était resté silencieux jusqu'à présent, ses yeux rivés sur son assiette, leva la tête.
— La Chute du Mur ? Les trucs avec les marteaux et tout ? C'était pas un concert de rock, ça, mais presque.
Il sourit, mâchant sa bouchée.
Sophie le regarda avec plus d'insistance, son expression empreinte d'une curiosité naturelle, mais aussi d'une certaine empathie.
— Et comment est-il, en dehors du travail, Yanis ? Vous parlez d'autre chose ? Il a l'air un peu seul, d'après ce que tu en disais la dernière fois, un peu… dans son monde.
Yanis hésita un instant, le couteau suspendu au-dessus de son assiette. Comment décrire Paul à ses parents sans trahir cette fascination grandissante qu'il ressentait ? Cette vibration qu'il avait sentie lors de la poignée de main, encore présente au bout de ses doigts ? Sans éveiller de questions qu'il ne voulait pas encore se poser à voix haute, ni même dans le fond de son esprit ? Il fallait être honnête, mais prudent.
— Il est… différent, commença Yanis, choisissant ses mots avec soin, le regard un peu lointain, comme s'il cherchait les mots justes pour un tableau qu'il était en train de peindre mentalement. Il est… très posé. Il a une façon de regarder les choses qui est assez unique. Un peu… profonde. Et il est plus sensible qu'il n'y paraît au premier abord. On a parlé des émotions des gens lors de la Chute du Mur, de leur joie, de leur colère, et il semblait vraiment touché par ça. Il est… curieux de comprendre les autres, je crois.
Laurent hocha la tête, d'un air grave et pensif, son regard d'architecte s'attardant sur la complexité de l'être humain.
— C'est important d'être sensible à l'histoire, Yanis. De comprendre les raisons profondes des choses. Et d'avoir un bon binôme pour ça. C'est bien que vous vous entendiez.
Son regard était sincère, sans jugement, et même un peu fier. Yanis sentit un léger soulagement le traverser. Ses parents ne semblaient pas deviner le sous-texte de ses mots, les échos de la piscine qui résonnaient encore en lui, les images qui refusaient de s'effacer. Il se permit de sourire, un vrai sourire, plus détendu que celui qu'il avait affiché en arrivant.
— Oui, on s'entend bien. Il est… sympa. Très sympa.
Sympa. C'était un euphémisme. Il était bien plus que ça. Il était… captivant. Mystérieux. Avec ce mélange de vulnérabilité et de curiosité. Et cette main… qui m'a laissé une impression que je n'arrive pas à chasser. Même si je ne devrais pas penser ça. Pas comme ça. Pas pour un hétéro. Mais c'est plus facile à dire à mes parents qu'il est juste sympa. Ils ne poseraient pas de questions. Pas encore. Juste sympa, comme n'importe quel ami.
Il raconta ensuite sa séance de natation, sans, bien sûr, mentionner les troubles qu'il avait subis. Puis, il écouta ses parents raconter la leur : Laurent parlant d'un projet de rénovation audacieux, Sophie décrivant une nouvelle recette de dessert qu'elle testait pour son restaurant, et Léo se plaignant d'un guitariste qui n'était pas en rythme. Mais une partie de son esprit était toujours occupée par Paul, par ce regard sombre, ce contact de la main, cette impression d'une connexion naissante et persistante qui ne voulait pas le quitter, même à table, au milieu de la sécurité familiale. L'écho de sa nudité récente à la piscine et la réaction de son corps restaient comme une trace brûlante dans un coin de sa mémoire, un rappel constant de l'irrépressibilité de son attirance.
Au cours du dîner, une fois les assiettes servies et le bruit des couverts sur la céramique installé, la conversation s'engagea naturellement, comme chaque soir dans cette maison où l'on se disait tout (ou presque).
— Alors, ta journée, Yanis ? demanda Sophie, un sourire chaleureux sur le visage, ses yeux doux posés sur lui. Bonne séance de piscine ?
— Ça va. J'ai fait mes longueurs à la piscine, comme d'habitude. J'étais un peu à bout à la fin, mais ça fait du bien, répondit Yanis, en remplissant son verre d'eau.
Il se racla la gorge, essayant de maintenir un ton neutre, comme si c'était juste une journée comme les autres.
— Et j'ai travaillé sur l'exposé avec Paul, aussi.
Laurent, son père, abaissa son verre de vin et le regarda par-dessus le cadre de ses lunettes fines, le sourcil levé avec curiosité bienveillante.
— Ah oui, Paul, dit-il. Comment ça se passe avec lui ? C'est le garçon discret dont tu parlais la dernière fois, celui qui te paraît… particulier ?
Yanis acquiesça d'un petit mouvement de tête.
— Oui, c'est ça. Il est… très calme, c'est vrai. Mais intelligent. On a bien avancé sur l'exposé aujourd'hui, sur la Chute du Mur de Berlin. On a trouvé pas mal de choses intéressantes sur les réactions des gens.
Léo, qui était resté silencieux jusqu'à présent, ses yeux rivés sur son assiette, leva la tête.
— La Chute du Mur ? Les trucs avec les marteaux et tout ? C'était pas un concert de rock, ça, mais presque.
Il sourit, mâchant sa bouchée.
Sophie le regarda avec plus d'insistance, son expression empreinte d'une curiosité naturelle, mais aussi d'une certaine empathie.
— Et comment est-il, en dehors du travail, Yanis ? Vous parlez d'autre chose ? Il a l'air un peu seul, d'après ce que tu en disais la dernière fois, un peu… dans son monde.
Yanis hésita un instant, le couteau suspendu au-dessus de son assiette. Comment décrire Paul à ses parents sans trahir cette fascination grandissante qu'il ressentait ? Cette vibration qu'il avait sentie lors de la poignée de main, encore présente au bout de ses doigts ? Sans éveiller de questions qu'il ne voulait pas encore se poser à voix haute, ni même dans le fond de son esprit ? Il fallait être honnête, mais prudent.
— Il est… différent, commença Yanis, choisissant ses mots avec soin, le regard un peu lointain, comme s'il cherchait les mots justes pour un tableau qu'il était en train de peindre mentalement. Il est… très posé. Il a une façon de regarder les choses qui est assez unique. Un peu… profonde. Et il est plus sensible qu'il n'y paraît au premier abord. On a parlé des émotions des gens lors de la Chute du Mur, de leur joie, de leur colère, et il semblait vraiment touché par ça. Il est… curieux de comprendre les autres, je crois.
Laurent hocha la tête, d'un air grave et pensif, son regard d'architecte s'attardant sur la complexité de l'être humain.
— C'est important d'être sensible à l'histoire, Yanis. De comprendre les raisons profondes des choses. Et d'avoir un bon binôme pour ça. C'est bien que vous vous entendiez.
Son regard était sincère, sans jugement, et même un peu fier. Yanis sentit un léger soulagement le traverser. Ses parents ne semblaient pas deviner le sous-texte de ses mots, les échos de la piscine qui résonnaient encore en lui, les images qui refusaient de s'effacer. Il se permit de sourire, un vrai sourire, plus détendu que celui qu'il avait affiché en arrivant.
— Oui, on s'entend bien. Il est… sympa. Très sympa.
Sympa. C'était un euphémisme. Il était bien plus que ça. Il était… captivant. Mystérieux. Avec ce mélange de vulnérabilité et de curiosité. Et cette main… qui m'a laissé une impression que je n'arrive pas à chasser. Même si je ne devrais pas penser ça. Pas comme ça. Pas pour un hétéro. Mais c'est plus facile à dire à mes parents qu'il est juste sympa. Ils ne poseraient pas de questions. Pas encore. Juste sympa, comme n'importe quel ami.
Il raconta ensuite sa séance de natation, sans, bien sûr, mentionner les troubles qu'il avait subis. Puis, il écouta ses parents raconter la leur : Laurent parlant d'un projet de rénovation audacieux, Sophie décrivant une nouvelle recette de dessert qu'elle testait pour son restaurant, et Léo se plaignant d'un guitariste qui n'était pas en rythme. Mais une partie de son esprit était toujours occupée par Paul, par ce regard sombre, ce contact de la main, cette impression d'une connexion naissante et persistante qui ne voulait pas le quitter, même à table, au milieu de la sécurité familiale. L'écho de sa nudité récente à la piscine et la réaction de son corps restaient comme une trace brûlante dans un coin de sa mémoire, un rappel constant de l'irrépressibilité de son attirance.
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