Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 24
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 24
Scène 6 : L'Énigme Persistante
Midi précis. La cantine de Saint-Exupéry était un tourbillon frénétique de faim et de décompression. L'odeur persistante de frites et de sauce tomate se mêlait au cliquetis incessant des couverts, aux éclats de rire et au brouhaha des conversations. De longues tables s'alignaient, baignées par la lumière crue des néons, tandis que la file d'attente s'étirait, peuplée d'étudiants absorbés par leurs téléphones.
Yanis était assis à table avec Chloé, Malik et Léa, leurs plateaux chargés de la nourriture du jour. Chloé, toujours vive, racontait une anecdote amusante sur leur prof de philo, ses cheveux bleu électrique s'agitant à chaque geste. Malik et Léa discutaient avec passion de leurs projets du week-end, une éventuelle sortie au cinéma ou une soirée chez un ami. Yanis participait à la conversation. Ses réponses étaient plus fluides que dans le couloir, mais une partie de son esprit était ailleurs, toujours tendue vers son nouveau sujet de fascination.
Il jeta un coup d'œil discret, presque subreptice, vers la table où Paul était assis. Comme prévu, Paul était seul, à l'écart, dans un coin de la cantine qui semblait naturellement moins fréquenté. Une table isolée contre le mur, comme une annexe silencieuse du brouhaha général. Il avait disposé ses couverts avec une précision presque rituelle, et son assiette semblait être l'objet de toute son attention.
Paul mangeait lentement, chaque mouvement mesuré. Sa fourchette se levait, se baissait, avec une sorte de régularité mécanique. Son regard était fixé sur son assiette, ne s'élevant que rarement pour prendre une gorgée d'eau ou pour balayer distraitement l'ensemble de la salle. Il semblait absorbé, presque absent, comme s'il était enfermé dans une bulle invisible.
Yanis tenta de le voir interagir avec quelqu'un. Il observa attentivement s'il y avait un signe, un regard échangé, un mot, même un hochement de tête en direction d'un autre étudiant. Mais rien. Paul ne parlait à personne, personne ne l'interpellait. Il semblait vivre dans un monde parallèle, même au milieu de cette foule.
Yanis fut frappé par la dichotomie entre la vivacité de Paul en classe – cette étincelle, cette assurance dans la logique des chiffres ou la profondeur des mots – et sa timidité sociale manifeste, presque un effacement. Il comparait mentalement le Paul du tableau, rayonnant d'une intelligence percutante, et le Paul de la cantine, recroquevillé sur lui-même. C'était un contraste saisissant.
C'est dingue. En cours, il a une étincelle, une vraie intelligence. Et ici, il redevient une ombre. C'est comme s'il avait deux personnalités distinctes. L'une, brillante et affirmée dans un contexte intellectuel, l'autre, effacée et presque invisible dans le social. Ce n'est pas juste de la timidité, c'est plus profond. C'est un caméléon, mais qui ne maîtrise pas ses couleurs en dehors des cours.
Il ressentit une légère pointe d'empathie pour cette solitude. Était-elle choisie ? Subie ? Yanis ne le savait pas, mais il percevait la difficulté que cela représentait, même pour un esprit aussi brillant. Cette empathie se mêlait à sa curiosité croissante.
Yanis était assis à table avec Chloé, Malik et Léa, leurs plateaux chargés de la nourriture du jour. Chloé, toujours vive, racontait une anecdote amusante sur leur prof de philo, ses cheveux bleu électrique s'agitant à chaque geste. Malik et Léa discutaient avec passion de leurs projets du week-end, une éventuelle sortie au cinéma ou une soirée chez un ami. Yanis participait à la conversation. Ses réponses étaient plus fluides que dans le couloir, mais une partie de son esprit était ailleurs, toujours tendue vers son nouveau sujet de fascination.
Il jeta un coup d'œil discret, presque subreptice, vers la table où Paul était assis. Comme prévu, Paul était seul, à l'écart, dans un coin de la cantine qui semblait naturellement moins fréquenté. Une table isolée contre le mur, comme une annexe silencieuse du brouhaha général. Il avait disposé ses couverts avec une précision presque rituelle, et son assiette semblait être l'objet de toute son attention.
Paul mangeait lentement, chaque mouvement mesuré. Sa fourchette se levait, se baissait, avec une sorte de régularité mécanique. Son regard était fixé sur son assiette, ne s'élevant que rarement pour prendre une gorgée d'eau ou pour balayer distraitement l'ensemble de la salle. Il semblait absorbé, presque absent, comme s'il était enfermé dans une bulle invisible.
Yanis tenta de le voir interagir avec quelqu'un. Il observa attentivement s'il y avait un signe, un regard échangé, un mot, même un hochement de tête en direction d'un autre étudiant. Mais rien. Paul ne parlait à personne, personne ne l'interpellait. Il semblait vivre dans un monde parallèle, même au milieu de cette foule.
Yanis fut frappé par la dichotomie entre la vivacité de Paul en classe – cette étincelle, cette assurance dans la logique des chiffres ou la profondeur des mots – et sa timidité sociale manifeste, presque un effacement. Il comparait mentalement le Paul du tableau, rayonnant d'une intelligence percutante, et le Paul de la cantine, recroquevillé sur lui-même. C'était un contraste saisissant.
C'est dingue. En cours, il a une étincelle, une vraie intelligence. Et ici, il redevient une ombre. C'est comme s'il avait deux personnalités distinctes. L'une, brillante et affirmée dans un contexte intellectuel, l'autre, effacée et presque invisible dans le social. Ce n'est pas juste de la timidité, c'est plus profond. C'est un caméléon, mais qui ne maîtrise pas ses couleurs en dehors des cours.
Il ressentit une légère pointe d'empathie pour cette solitude. Était-elle choisie ? Subie ? Yanis ne le savait pas, mais il percevait la difficulté que cela représentait, même pour un esprit aussi brillant. Cette empathie se mêlait à sa curiosité croissante.
— On devrait se faire une partie de basket ce soir, vous êtes chauds ? J'ai repéré un nouveau terrain près du parc, et il paraît qu'il est pas mal éclairé, lança Malik, son assiette déjà à moitié vide, un enthousiasme débordant.
— Ouais, pourquoi pas. Faut voir si j'ai pas trop de trucs à faire… répondit Yanis, un peu distrait, ses yeux balayant une dernière fois la table de Paul avant de revenir à ses amis.
— Ouais, pourquoi pas. Faut voir si j'ai pas trop de trucs à faire… répondit Yanis, un peu distrait, ses yeux balayant une dernière fois la table de Paul avant de revenir à ses amis.
Léa, son regard se posant sur Yanis, un sourcil levé, une pointe de moquerie affectueuse, le taquina.
— Yanis, t'es sûr que tu nous écoutes ? T'as l'air ailleurs, encore. On dirait que tu es déjà en vacances.
Yanis esquissa un léger sourire, conscient de sa distraction, mais sans vouloir en révéler la cause.
— Juste… je réfléchis. À l'exposé d'histoire.
Un mensonge à peine voilé, dont il savait que ses amis accepteraient sans poser plus de questions, habitués à son côté rêveur.
Qu'est-ce qu'il cache, ce garçon ? Cette vulnérabilité, cette intelligence, cette discrétion… tout ça ne colle pas.
Il y avait un puzzle inachevé en lui, des pièces qui semblaient incompatibles. La logique de son intelligence était en contradiction avec la gêne qu'il avait vue dans le couloir et avec son isolement ici. Yanis ressentait une tension, une sorte de dissonance qui l'attirait inexorablement. C'était comme une énigme qu'il se devait de résoudre.
J'ai envie de savoir. J'ai envie de percer le mystère.
Cette envie était devenue plus forte. C'était une force motrice maintenant. Il ne s'agissait plus de simple curiosité, c'était un désir de comprendre, de débusquer ce qui se cachait derrière cette façade. C'était un appel, une invitation à aller plus loin.
Il n'est pas comme les autres. C'est ça qui m'attire, je crois.
Il aimait bien ses amis, mais ils étaient... prévisibles. Paul, lui, était l'imprévu. Il était l'exception. C'était cette singularité, cette différence radicale, qui le fascinait. Il n'était pas dans les cases, et c'était exactement ce qui lui plaisait. Yanis ne voulait rien de commun.
Qu'est-ce qu'il cache, ce garçon ? Cette vulnérabilité, cette intelligence, cette discrétion… tout ça ne colle pas.
Il y avait un puzzle inachevé en lui, des pièces qui semblaient incompatibles. La logique de son intelligence était en contradiction avec la gêne qu'il avait vue dans le couloir et avec son isolement ici. Yanis ressentait une tension, une sorte de dissonance qui l'attirait inexorablement. C'était comme une énigme qu'il se devait de résoudre.
J'ai envie de savoir. J'ai envie de percer le mystère.
Cette envie était devenue plus forte. C'était une force motrice maintenant. Il ne s'agissait plus de simple curiosité, c'était un désir de comprendre, de débusquer ce qui se cachait derrière cette façade. C'était un appel, une invitation à aller plus loin.
Il n'est pas comme les autres. C'est ça qui m'attire, je crois.
Il aimait bien ses amis, mais ils étaient... prévisibles. Paul, lui, était l'imprévu. Il était l'exception. C'était cette singularité, cette différence radicale, qui le fascinait. Il n'était pas dans les cases, et c'était exactement ce qui lui plaisait. Yanis ne voulait rien de commun.
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