Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 37
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 37
Scène 5 : Le Puzzle
Saint-Exupéry commençait à s'apaiser en ce mercredi après-midi. Les bruits assourdissants du déjeuner s'estompaient, laissant place à une atmosphère plus calme et contemplative dans la cour. Sur un banc, Yanis était assis, les bras posés sur le dossier, les jambes longues étirées devant lui. Son sac de cours était négligemment posé à côté de lui, son contenu – quelques cahiers, un manuel froissé – n'étant pas sa préoccupation immédiate. Il ne révisait pas ; ce n'était pas son style. Au lieu de cela, il observait.
Son regard, d'un brun profond, scrutait le ballet des étudiants qui rentraient et sortaient de la cantine, ainsi que les ombres des quelques arbres clairsemés qui dansaient sur le béton gris de la cour. Il remarqua les graffitis à peine visibles sur les murs, les rires qui fusaient, l'écho lointain d'un ballon de football. Son visage était détendu, mais son regard était introspectif, perdu dans ses pensées. De temps en temps, il revenait vers l'entrée principale, puis vers l'aile du bâtiment abritant le CDI. Il savait que Paul serait là, ponctuel, probablement déjà arrivé et en train de réviser frénétiquement. Il souriait doucement, une légère courbure des lèvres, à l'idée de cette prévisibilité et de cette intensité.
Ses pensées le ramenaient à la séance de sport de la veille, à son départ précipité du vestiaire. Il se remémorait le regard de Paul qui s'était posé sur lui, ainsi que l'étrange nervosité qu'il avait perçue chez Paul à plusieurs reprises.
Hier, dans le vestiaire, il y avait quelque chose. Une réticence, une gêne. C'était flagrant. Mais aussi… une observation. J'ai senti son regard sur moi. Il ne me dérange pas. Au contraire. Il m'intrigue.
Yanis était à l'aise avec cette observation. Elle l'attirait plus qu'elle ne le repoussait.
Il avait l'habitude de percevoir les non-dits, les émotions cachées derrière les masques que les gens portaient. Il se souvenait de l'intensité du regard de Paul ce matin dans les couloirs, une intensité qui avait duré une fraction de seconde, mais qui ne lui avait absolument pas échappé. Il avait vu la panique, le rougissement, la fuite. Mais aussi, juste avant, cette étincelle étrange, cette fixation. Il lui semblait que Paul, autant qu'il cherchait à se cacher, essayait aussi de le déchiffrer.
Il essaie tellement de se cacher, de se fondre dans le décor. De se camoufler derrière ses livres. Mais il n'y arrive pas vraiment. Il a quelque chose, une intensité latente derrière ses grands yeux anxieux. C'est comme un livre fermé qu'on a envie de déchiffrer. Un puzzle. Le mot « étrange » ne me vient pas à l'esprit. Plutôt « profond », « complexe ».
Lorsque l'heure approchait, Yanis se leva avec une aisance naturelle, son corps athlétique se déroulant sans effort. Il ajusta son sac sur son épaule et se dirigea calmement vers la bibliothèque.
Il poussa les portes d'entrée du CDI. Ses yeux balayaient la pièce, à la recherche de Paul. Il le repéra presque immédiatement, comme il l'avait supposé : Paul était assis à une table éloignée, le dos légèrement voûté sur ses notes, ses épaules un peu tendues — si concentré qu'il n'avait pas remarqué son arrivée. Yanis s'approcha discrètement, observant un instant la pâleur de son visage et la façon dont il serrait son stylo, comme s'il tentait de contenir quelque chose d'intense.
J'ai hâte de voir ce qu'il va faire avec cet exposé d'histoire. Il a l'air passionné par ça. Il a l'air intelligent. Je vais apprendre des choses avec lui. Mais ce n'est pas juste du travail. C'est une porte. Une porte vers lui. Une porte vers ce qu'il est vraiment derrière tout ça.
Son regard, d'un brun profond, scrutait le ballet des étudiants qui rentraient et sortaient de la cantine, ainsi que les ombres des quelques arbres clairsemés qui dansaient sur le béton gris de la cour. Il remarqua les graffitis à peine visibles sur les murs, les rires qui fusaient, l'écho lointain d'un ballon de football. Son visage était détendu, mais son regard était introspectif, perdu dans ses pensées. De temps en temps, il revenait vers l'entrée principale, puis vers l'aile du bâtiment abritant le CDI. Il savait que Paul serait là, ponctuel, probablement déjà arrivé et en train de réviser frénétiquement. Il souriait doucement, une légère courbure des lèvres, à l'idée de cette prévisibilité et de cette intensité.
Ses pensées le ramenaient à la séance de sport de la veille, à son départ précipité du vestiaire. Il se remémorait le regard de Paul qui s'était posé sur lui, ainsi que l'étrange nervosité qu'il avait perçue chez Paul à plusieurs reprises.
Hier, dans le vestiaire, il y avait quelque chose. Une réticence, une gêne. C'était flagrant. Mais aussi… une observation. J'ai senti son regard sur moi. Il ne me dérange pas. Au contraire. Il m'intrigue.
Yanis était à l'aise avec cette observation. Elle l'attirait plus qu'elle ne le repoussait.
Il avait l'habitude de percevoir les non-dits, les émotions cachées derrière les masques que les gens portaient. Il se souvenait de l'intensité du regard de Paul ce matin dans les couloirs, une intensité qui avait duré une fraction de seconde, mais qui ne lui avait absolument pas échappé. Il avait vu la panique, le rougissement, la fuite. Mais aussi, juste avant, cette étincelle étrange, cette fixation. Il lui semblait que Paul, autant qu'il cherchait à se cacher, essayait aussi de le déchiffrer.
Il essaie tellement de se cacher, de se fondre dans le décor. De se camoufler derrière ses livres. Mais il n'y arrive pas vraiment. Il a quelque chose, une intensité latente derrière ses grands yeux anxieux. C'est comme un livre fermé qu'on a envie de déchiffrer. Un puzzle. Le mot « étrange » ne me vient pas à l'esprit. Plutôt « profond », « complexe ».
Lorsque l'heure approchait, Yanis se leva avec une aisance naturelle, son corps athlétique se déroulant sans effort. Il ajusta son sac sur son épaule et se dirigea calmement vers la bibliothèque.
Il poussa les portes d'entrée du CDI. Ses yeux balayaient la pièce, à la recherche de Paul. Il le repéra presque immédiatement, comme il l'avait supposé : Paul était assis à une table éloignée, le dos légèrement voûté sur ses notes, ses épaules un peu tendues — si concentré qu'il n'avait pas remarqué son arrivée. Yanis s'approcha discrètement, observant un instant la pâleur de son visage et la façon dont il serrait son stylo, comme s'il tentait de contenir quelque chose d'intense.
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