Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 61
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 61
Scène 3 : Dans l'Antre de Paul (à publier avec la scène suivante)
François se leva de son fauteuil, referma son ordinateur portable d'un clic sec et rangea son journal, signalant la fin de l'audience.
— Bien. Si le travail est terminé, je vais regagner mon bureau, annonça-t-il d'une voix neutre. J'ai un dossier important à finaliser.
Paul attendit que son père tourne le dos et s'éloigne vers l'aile opposée de la maison, retenant son souffle. Dès que la porte du salon se referma derrière lui, il laissa échapper un soupir de soulagement audible, presque un gémissement, suivi d'un cri de joie étouffé. Il se tourna vers Yanis, un immense sourire sur le visage, les yeux pétillants.
— Je n'arrive pas à croire que ça a marché ! Il est conquis ! Je vais à la fête !
Yanis rit doucement, un rire sincère et complice.
— Tu as vu ça ? Le charme Dubois a encore frappé ! Il n'a rien vu venir.
— Viens, on va dans ma chambre, on sera tranquille, murmura Paul, l'excitation le poussant.
Ils rangèrent leurs affaires, puis Paul guida Yanis hors du salon. Ils traversèrent le vaste vestibule, puis empruntèrent l'escalier majestueux menant à l'étage. Chaque marche résonnait doucement sous leurs pas, les sons étant absorbée par le tapis épais du large palier. Ce palier, comme le reste de la maison, était immaculé, renforçant le sentiment de quiétude. Paul traversa le couloir impeccable, l'air chargé d'une attente nouvelle, jusqu'à l'extrémité où se trouvait sa chambre, son véritable refuge, son cocon. Il ouvrit la porte et fit signe à Yanis d'entrer.
Paul l'observait franchir le seuil de sa chambre, le cœur battant. Il observait Yanis en silence, le corps tétanisé par une tension à la fois gênante et exaltante, bouleversé par ce qui s'apparentait à une indiscrétion profonde, mais étrangement flatté par l'intérêt si intime qu'il lui portait.
— Tu as été... parfait. Bluffant même. Mais honnêtement, ce n'était pas tout à fait la vérité, n'est-ce pas ? Sur la fête ?
— Bien. Si le travail est terminé, je vais regagner mon bureau, annonça-t-il d'une voix neutre. J'ai un dossier important à finaliser.
Paul attendit que son père tourne le dos et s'éloigne vers l'aile opposée de la maison, retenant son souffle. Dès que la porte du salon se referma derrière lui, il laissa échapper un soupir de soulagement audible, presque un gémissement, suivi d'un cri de joie étouffé. Il se tourna vers Yanis, un immense sourire sur le visage, les yeux pétillants.
— Je n'arrive pas à croire que ça a marché ! Il est conquis ! Je vais à la fête !
Yanis rit doucement, un rire sincère et complice.
— Tu as vu ça ? Le charme Dubois a encore frappé ! Il n'a rien vu venir.
— Viens, on va dans ma chambre, on sera tranquille, murmura Paul, l'excitation le poussant.
Ils rangèrent leurs affaires, puis Paul guida Yanis hors du salon. Ils traversèrent le vaste vestibule, puis empruntèrent l'escalier majestueux menant à l'étage. Chaque marche résonnait doucement sous leurs pas, les sons étant absorbée par le tapis épais du large palier. Ce palier, comme le reste de la maison, était immaculé, renforçant le sentiment de quiétude. Paul traversa le couloir impeccable, l'air chargé d'une attente nouvelle, jusqu'à l'extrémité où se trouvait sa chambre, son véritable refuge, son cocon. Il ouvrit la porte et fit signe à Yanis d'entrer.
Paul l'observait franchir le seuil de sa chambre, le cœur battant. Il observait Yanis en silence, le corps tétanisé par une tension à la fois gênante et exaltante, bouleversé par ce qui s'apparentait à une indiscrétion profonde, mais étrangement flatté par l'intérêt si intime qu'il lui portait.
— Tu as été... parfait. Bluffant même. Mais honnêtement, ce n'était pas tout à fait la vérité, n'est-ce pas ? Sur la fête ?
*
Yanis entra lentement dans la pièce, ses yeux sombres et vifs scrutant chaque recoin, chaque détail avec une curiosité profonde. La chambre de Paul est un reflet parfait de lui : rangée, propre, sans une once de désordre. Il a besoin de ce contrôle, pensa-t-il. Il s'attarda sur le lit impeccablement fait, son doigt effleurant délicatement les draps sans les froisser, tandis qu'un sourire discret flottait sur ses lèvres. Pour Paul, le temps semblait se suspendre ; ce simple effleurement était une caresse insoutenable comme s'il pouvait ressentir sur sa propre peau les doigts de Yanis caresser ses draps, provoquant un frisson brûlant le long de son échine.
Yanis laissa son regard courir le long des étagères où les livres étaient alignés avec une précision maniaque, son index glissant lentement sur la tranche d'un volume, puis d'un autre, visiblement absorbé. Paul ne disait rien, le souffle coupé, la gêne mêlée à une fascination presque douloureuse peinte sur son visage. Cette exploration silencieuse de Yanis, touchant ses affaires les plus intimes, était comme un effleurement direct de l'âme de Paul, une intrusion physique, sensuelle, dans son sanctuaire inviolé, un moment d'une intensité inattendue pour ce dernier. Yanis remarqua l'absence de posters vibrants, d'objets personnels accumulés, de bibelots, une sobriété qui le surprenait à moitié. Elle confirmait une personnalité réservée, et le surprenait par son ampleur. C'était à la fois triste et intrigant. Son sourire s'accentua, trahissant sa satisfaction et sa séduction croissante envers Paul et ce mystère humain.
Yanis s'installa ensuite sur le lit de Paul, s'enfonçant un peu dans la couette moelleuse. Son regard se posa sur lui avec une intensité nouvelle. Il croisa les bras derrière sa tête, détendu.
— Bien sûr que non, Paul. J'ai un peu menti. Enfin, j'ai embelli la réalité. Tu as vu comment ton père est. Il ne te laisserait jamais venir à une vraie fête. Une fête où on se lâche un peu, où il y a du bruit, de la musique forte, peut-être quelques bières pour ceux qui ont le droit. Le hangar de Léo, c'est pas un club de lecture. On va se défouler, Paul. Il y aura de la musique qui fait vibrer les murs, des gens qui dansent, qui rient fort, qui parlent fort. Il y aura peut-être même quelques verres qui traînent, des petites folies. Mais personne ne te forcera à faire quoi que ce soit qui ne te ressemble pas. C'est ça, la vraie fête. Et je serai là pour que tout se passe bien pour toi.
Il observa la déstabilisation de Paul, son corps se raidissant, l'appréhension dans ses yeux, mais aussi l'étincelle de désir pour cette liberté inconnue. La fête sera ce qu'elle devra être pour qu'il s'y sente bien, mais il faut qu'il sache à quoi s'attendre, qu'il soit prêt à lâcher prise, pensa Yanis.
— Mais... mais mes parents... Qu'est-ce que je vais leur dire s'ils me posent des questions après ? murmura Paul.
Yanis se redressa légèrement, un sourire chaleureux adoucissant ses traits. Il tendit une main et effleura le bras de Paul, un geste qui, il le savait, enverrait un frisson le long de l'épine dorsale de ce dernier.
— Tu n'as rien à dire. Tu vas venir, tu vas te défouler. Et tu vas voir que c'est bien de laisser tomber le masque parfois. C'est la fête, Paul. C'est l'occasion de briser ces barrières que ta famille t'impose, de sentir le vent de la liberté. Et je serai là pour que tu te sentes en sécurité, je te le promets.
Ses yeux sombres rencontrèrent ceux de Paul, et dans ce regard, Paul vit une promesse, un soutien inconditionnel. La présence de Yanis dans sa chambre, touchant ses affaires, s'installant dans son lit, et maintenant ce contact subtil, créait une intimité inédite, presque physique, qui le troublait et le fascinait à la fois.
Yanis laissa son regard courir le long des étagères où les livres étaient alignés avec une précision maniaque, son index glissant lentement sur la tranche d'un volume, puis d'un autre, visiblement absorbé. Paul ne disait rien, le souffle coupé, la gêne mêlée à une fascination presque douloureuse peinte sur son visage. Cette exploration silencieuse de Yanis, touchant ses affaires les plus intimes, était comme un effleurement direct de l'âme de Paul, une intrusion physique, sensuelle, dans son sanctuaire inviolé, un moment d'une intensité inattendue pour ce dernier. Yanis remarqua l'absence de posters vibrants, d'objets personnels accumulés, de bibelots, une sobriété qui le surprenait à moitié. Elle confirmait une personnalité réservée, et le surprenait par son ampleur. C'était à la fois triste et intrigant. Son sourire s'accentua, trahissant sa satisfaction et sa séduction croissante envers Paul et ce mystère humain.
Yanis s'installa ensuite sur le lit de Paul, s'enfonçant un peu dans la couette moelleuse. Son regard se posa sur lui avec une intensité nouvelle. Il croisa les bras derrière sa tête, détendu.
— Bien sûr que non, Paul. J'ai un peu menti. Enfin, j'ai embelli la réalité. Tu as vu comment ton père est. Il ne te laisserait jamais venir à une vraie fête. Une fête où on se lâche un peu, où il y a du bruit, de la musique forte, peut-être quelques bières pour ceux qui ont le droit. Le hangar de Léo, c'est pas un club de lecture. On va se défouler, Paul. Il y aura de la musique qui fait vibrer les murs, des gens qui dansent, qui rient fort, qui parlent fort. Il y aura peut-être même quelques verres qui traînent, des petites folies. Mais personne ne te forcera à faire quoi que ce soit qui ne te ressemble pas. C'est ça, la vraie fête. Et je serai là pour que tout se passe bien pour toi.
Il observa la déstabilisation de Paul, son corps se raidissant, l'appréhension dans ses yeux, mais aussi l'étincelle de désir pour cette liberté inconnue. La fête sera ce qu'elle devra être pour qu'il s'y sente bien, mais il faut qu'il sache à quoi s'attendre, qu'il soit prêt à lâcher prise, pensa Yanis.
— Mais... mais mes parents... Qu'est-ce que je vais leur dire s'ils me posent des questions après ? murmura Paul.
Yanis se redressa légèrement, un sourire chaleureux adoucissant ses traits. Il tendit une main et effleura le bras de Paul, un geste qui, il le savait, enverrait un frisson le long de l'épine dorsale de ce dernier.
— Tu n'as rien à dire. Tu vas venir, tu vas te défouler. Et tu vas voir que c'est bien de laisser tomber le masque parfois. C'est la fête, Paul. C'est l'occasion de briser ces barrières que ta famille t'impose, de sentir le vent de la liberté. Et je serai là pour que tu te sentes en sécurité, je te le promets.
Ses yeux sombres rencontrèrent ceux de Paul, et dans ce regard, Paul vit une promesse, un soutien inconditionnel. La présence de Yanis dans sa chambre, touchant ses affaires, s'installant dans son lit, et maintenant ce contact subtil, créait une intimité inédite, presque physique, qui le troublait et le fascinait à la fois.
*
Paul hocha la tête, une bouffée de chaleur l'envahit. Il sentit l'appréhension se mêler à une excitation nouvelle. La perspective de la fête, de cette liberté, de cette connexion avec Yanis, était un mélange enivrant.
— J'ai hâte, murmura-t-il, un sourire timide mais sincère éclairant son visage, et ses yeux ne quittant plus ceux de Yanis.
Il a touché ma couverture. Il s'est assis sur mon lit. Il m'a effleuré le bras. Personne d'autre que moi n'entre ici, à part maman pour faire le ménage. C'est une transgression, mais une transgression qui me plaît, qui me remue au plus profond de moi. Ses mots sur la « vraie fête… ». C'est terrifiant, oui, l'idée de ce chaos, mais aussi incroyablement attirant. L'idée de briser ces barrières, de se défouler, c'est ce dont j'ai toujours rêvé sans oser le formuler. Et Yanis. Il me regarde comme si je pouvais le faire, comme s'il croyait en ma capacité à être libre. Ce sentiment que je ressens pour lui, cette connexion... c'est si nouveau, si puissant. Je ne le contrôle pas, et ça m'effraie. Mais ça me plaît. Cette intimité dans ma chambre, ses mains près de mes affaires, son regard si intense. C'est la première fois que je me sens aussi proche de quelqu'un. C'est à ça que ressemble une amitié sincère ? J'ai une étrange sensation. C'est nouveau. Mon cœur s'emballe un peu, et cette fois, ce n'est pas la peur, c'est l'excitation pure. C'est une porte qui s'ouvre, une nouvelle vie qui commence à peine, pensa Paul.
— J'ai hâte, murmura-t-il, un sourire timide mais sincère éclairant son visage, et ses yeux ne quittant plus ceux de Yanis.
Il a touché ma couverture. Il s'est assis sur mon lit. Il m'a effleuré le bras. Personne d'autre que moi n'entre ici, à part maman pour faire le ménage. C'est une transgression, mais une transgression qui me plaît, qui me remue au plus profond de moi. Ses mots sur la « vraie fête… ». C'est terrifiant, oui, l'idée de ce chaos, mais aussi incroyablement attirant. L'idée de briser ces barrières, de se défouler, c'est ce dont j'ai toujours rêvé sans oser le formuler. Et Yanis. Il me regarde comme si je pouvais le faire, comme s'il croyait en ma capacité à être libre. Ce sentiment que je ressens pour lui, cette connexion... c'est si nouveau, si puissant. Je ne le contrôle pas, et ça m'effraie. Mais ça me plaît. Cette intimité dans ma chambre, ses mains près de mes affaires, son regard si intense. C'est la première fois que je me sens aussi proche de quelqu'un. C'est à ça que ressemble une amitié sincère ? J'ai une étrange sensation. C'est nouveau. Mon cœur s'emballe un peu, et cette fois, ce n'est pas la peur, c'est l'excitation pure. C'est une porte qui s'ouvre, une nouvelle vie qui commence à peine, pensa Paul.
Scène 4 : L'écho de sa présence
Malgré l'euphorie et les pensées tourbillonnantes, le moment du départ de Yanis arriva. Paul le raccompagna jusqu'à la porte. Alors qu'ils se trouvaient dans le vaste hall de marbre,
— Au fait, tu as fait une liste de cadeaux pour ton anniversaire ? demanda Paul, pris d'une impulsion.
Yanis se tourna vers lui, un sourire charmeur éclairant son visage.
— Ta seule présence sera mon plus beau cadeau, Paul.
Ils échangèrent un dernier regard, un sourire complice. Yanis lui adressa un signe de tête encourageant avant de s'engouffrer dans la soirée fraîche de l'automne, ses pas s'éloignant rapidement sur l'allée en gravier, avant de disparaître au bout de celle-ci.
Paul referma la lourde porte doucement, le son sec et définitif du déclic du verrou résonnant dans le silence soudainement oppressant de la maison. Il resta un instant dans le hall, immobile, comme suspendu entre deux mondes, absorbé par le vide abrupt laissé par le départ de Yanis. Le silence était revenu, mais ce n'était plus le même. Il était empli de son absence, de son parfum, de ses rires discrets, un écho de sa présence qui résonnait plus fort que n'importe quel bruit.
Lentement, comme attiré par une force invisible, il retourna dans sa chambre. Dès qu'il en franchit le seuil, ses yeux se posèrent sur l'endroit exact où Yanis s'était assis. Il y avait comme une empreinte, une légère déformation dans la couette : un signe que le tissu avait gardé la chaleur d'un corps. Paul s'approcha, ses doigts tremblants. Il toucha ces endroits, effleura les draps, lissa les coins des livres touchés, comme pour se convaincre que Yanis avait bien été là, que ce moment n'avait pas été un rêve.
Le parfum subtil de Yanis, un mélange boisé et légèrement épicé, semblait encore flotter dans l'air, une fragrance étrangère et enivrante dans l'ordre immaculé de sa chambre. Une intrusion délicieuse dans son sanctuaire personnel. Il s'assit sur son lit, précisément à l'endroit où Yanis avait été assis quelques instants plus tôt, sentant encore une chaleur résiduelle. Une vague de chaleur intense et de mélancolie le submergea, mêlée à une euphorie grandissante.
Il est parti. Le silence est revenu, mais ce n'est plus le même, pensa Paul. C'est un silence empli de son absence. J'ai tellement apprécié ce moment. Cette intimité dans ma chambre… un espace que je ne partage jamais. Sentir sa présence si proche, ses mots, ses regards... Sa réponse sur le cadeau... "Ta seule présence". Ça me flatte autant que ça me perturbe. C'était tellement... Yanis. Il me voit, il me veut avec lui. Pas une chose, pas une obligation, juste moi. J'ai été si bête de penser qu'il était inaccessible. On est devenus amis. Plus que ça, je le sens. Cette connexion est si forte, si différente de tout ce que j'ai pu ressentir avant. C'est un sentiment que je ne contrôle pas, et ça me plaît, ça me terrifie et me fascine à la fois. Une belle amitié est en train de se créer, une amitié qui me donne envie de me jeter à l'eau, de briser mes propres remparts. J'ai hâte. J'ai hâte de le revoir, de vivre cette fête, de continuer à explorer ce que nous sommes en train de devenir.
Mais quel cadeau je pourrais lui faire ? Ce ne peut pas être un cadeau ordinaire. Il faut que ce soit quelque chose de personnel, quelque chose qui lui parle vraiment, quelque chose qui symbolise cette liberté, ces chaînes du contrôle parental que j'essaie moi-même de briser. Quelque chose qui soit à l'image de ce qu'il est pour moi : le vent de la liberté. Peut-être un livre de SF. Non, c'est trop banal. Ou alors, une vieille montre de poche, un objet qui a une histoire, un peu comme lui, énigmatique et intemporel. Non, un peu trop décalé. Une pièce de vinyle rare, une première édition d'un groupe qu'il adore, quelque chose qui évoque sa passion pour la musique et son esprit rebelle. Oui. Ou même, pourquoi pas, un simple pendentif avec un symbole plus audacieux, presque provocateur : une flamme indomptable, un poing levé… quelque chose qu'il pourrait porter près de lui, et qui me rappellerait cette nouvelle liberté que je commence à entrevoir grâce à lui.
Le désir de le revoir est si fort qu'il est presque une douleur physique, une nouvelle sensation, intense et délicieuse, qu'il ne connaissait pas et qui l'attirait irrésistiblement. Le parfum de Yanis, imprégné dans l'air, est la promesse d'un monde inconnu si vaste et désirable. C'est ça, la liberté, la vraie, celle qui fait un peu mal, mais qui fait aussi vibrer tout mon être. Ce n'est plus seulement une amitié, c'est... c'est une force qui m'attire inexorablement vers lui. Comme si une partie de moi s'était enfin réveillée pour s'épanouir dans ce début d'amitié qui deviendra, j'en suis sûr, inébranlable et j'espère éternelle.
— Au fait, tu as fait une liste de cadeaux pour ton anniversaire ? demanda Paul, pris d'une impulsion.
Yanis se tourna vers lui, un sourire charmeur éclairant son visage.
— Ta seule présence sera mon plus beau cadeau, Paul.
Ils échangèrent un dernier regard, un sourire complice. Yanis lui adressa un signe de tête encourageant avant de s'engouffrer dans la soirée fraîche de l'automne, ses pas s'éloignant rapidement sur l'allée en gravier, avant de disparaître au bout de celle-ci.
Paul referma la lourde porte doucement, le son sec et définitif du déclic du verrou résonnant dans le silence soudainement oppressant de la maison. Il resta un instant dans le hall, immobile, comme suspendu entre deux mondes, absorbé par le vide abrupt laissé par le départ de Yanis. Le silence était revenu, mais ce n'était plus le même. Il était empli de son absence, de son parfum, de ses rires discrets, un écho de sa présence qui résonnait plus fort que n'importe quel bruit.
Lentement, comme attiré par une force invisible, il retourna dans sa chambre. Dès qu'il en franchit le seuil, ses yeux se posèrent sur l'endroit exact où Yanis s'était assis. Il y avait comme une empreinte, une légère déformation dans la couette : un signe que le tissu avait gardé la chaleur d'un corps. Paul s'approcha, ses doigts tremblants. Il toucha ces endroits, effleura les draps, lissa les coins des livres touchés, comme pour se convaincre que Yanis avait bien été là, que ce moment n'avait pas été un rêve.
Le parfum subtil de Yanis, un mélange boisé et légèrement épicé, semblait encore flotter dans l'air, une fragrance étrangère et enivrante dans l'ordre immaculé de sa chambre. Une intrusion délicieuse dans son sanctuaire personnel. Il s'assit sur son lit, précisément à l'endroit où Yanis avait été assis quelques instants plus tôt, sentant encore une chaleur résiduelle. Une vague de chaleur intense et de mélancolie le submergea, mêlée à une euphorie grandissante.
Il est parti. Le silence est revenu, mais ce n'est plus le même, pensa Paul. C'est un silence empli de son absence. J'ai tellement apprécié ce moment. Cette intimité dans ma chambre… un espace que je ne partage jamais. Sentir sa présence si proche, ses mots, ses regards... Sa réponse sur le cadeau... "Ta seule présence". Ça me flatte autant que ça me perturbe. C'était tellement... Yanis. Il me voit, il me veut avec lui. Pas une chose, pas une obligation, juste moi. J'ai été si bête de penser qu'il était inaccessible. On est devenus amis. Plus que ça, je le sens. Cette connexion est si forte, si différente de tout ce que j'ai pu ressentir avant. C'est un sentiment que je ne contrôle pas, et ça me plaît, ça me terrifie et me fascine à la fois. Une belle amitié est en train de se créer, une amitié qui me donne envie de me jeter à l'eau, de briser mes propres remparts. J'ai hâte. J'ai hâte de le revoir, de vivre cette fête, de continuer à explorer ce que nous sommes en train de devenir.
Mais quel cadeau je pourrais lui faire ? Ce ne peut pas être un cadeau ordinaire. Il faut que ce soit quelque chose de personnel, quelque chose qui lui parle vraiment, quelque chose qui symbolise cette liberté, ces chaînes du contrôle parental que j'essaie moi-même de briser. Quelque chose qui soit à l'image de ce qu'il est pour moi : le vent de la liberté. Peut-être un livre de SF. Non, c'est trop banal. Ou alors, une vieille montre de poche, un objet qui a une histoire, un peu comme lui, énigmatique et intemporel. Non, un peu trop décalé. Une pièce de vinyle rare, une première édition d'un groupe qu'il adore, quelque chose qui évoque sa passion pour la musique et son esprit rebelle. Oui. Ou même, pourquoi pas, un simple pendentif avec un symbole plus audacieux, presque provocateur : une flamme indomptable, un poing levé… quelque chose qu'il pourrait porter près de lui, et qui me rappellerait cette nouvelle liberté que je commence à entrevoir grâce à lui.
Le désir de le revoir est si fort qu'il est presque une douleur physique, une nouvelle sensation, intense et délicieuse, qu'il ne connaissait pas et qui l'attirait irrésistiblement. Le parfum de Yanis, imprégné dans l'air, est la promesse d'un monde inconnu si vaste et désirable. C'est ça, la liberté, la vraie, celle qui fait un peu mal, mais qui fait aussi vibrer tout mon être. Ce n'est plus seulement une amitié, c'est... c'est une force qui m'attire inexorablement vers lui. Comme si une partie de moi s'était enfin réveillée pour s'épanouir dans ce début d'amitié qui deviendra, j'en suis sûr, inébranlable et j'espère éternelle.
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Commentaires ()
certain passage de ce chapitre m’évoque le film "le cercle des poètes disparue" c'est toujours aussi bien décrit, chaque sentiments, caques émotions.
c'est vibrant !!
merci et hâte de lire la suite !
Merci encore pour ta fidélité. =D