Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 27
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 27
Scène 3 : Le Choc des Regards
Paul entra dans la salle de classe de Monsieur Garnier, ce havre de paix où les chiffres et la logique lui offraient un refuge contre le chaos de ses pensées et de ses nouvelles émotions. Il s'assit à sa place habituelle, près de la fenêtre, le dos bien droit, une posture qui reflétait son besoin de contrôle et de rigueur. Il sortit ses affaires avec une précision mécanique : son cahier quadrillé, son stylo à encre noire, sa règle. Chaque geste était un rituel pour retrouver le rythme rassurant de la routine et se fondre dans la normalité apparente du cours.
Mais, alors que Monsieur Garnier, d'une voix monocorde mais assurée, commençait à écrire une fonction au tableau :
« Soit f(x)=(x²+1)/e^x . Déterminez la limite de f(x) quand x tend vers l'infini. »
Paul sentit un poids subtil, une présence insistante. Son regard se posa sur Yanis. Il ne l'avait pas cherché cette fois.
Il leva la tête, lentement, comme si son cou était raidi, et ses yeux croisèrent ceux de Yanis. Yanis, assis quelques rangées sur le côté, trois ou quatre tables à droite, la chaise légèrement orientée vers l'avant, disposait d'une vue dégagée sur la salle.
Yanis ne détourna pas le regard. Au contraire, ses yeux sombres, d'un brun profond qui semblait absorber la lumière des néons, étaient fixés sur Paul avec une intensité qui faisait vaciller le monde ordonné du jeune homme. Ce n'était pas un regard de moquerie, ni même de curiosité banale comme celle des autres étudiants. C'était un regard profond, presque un défi silencieux, comme s'il cherchait à percer quelque chose chez Paul, à lire à travers ses défenses.
Paul sentit son cœur s'emballer, un rythme de tambour sauvage dans sa poitrine qui résonna jusqu'à ses oreilles. Un flux de chaleur, plus intense que celui de la scène précédente, monta à son cou et inonda ses joues. Il essaya de paraître indifférent, de se concentrer sur le tableau, sur les chiffres que Monsieur Garnier dessinait avec sa craie, mais les lignes blanches se brouillaient et dansaient devant ses yeux. Monsieur Garnier continuait.
— Comme vous pouvez le constater, l'équation f(x)=(x²+1)/e^x est un excellent exemple de fonction pour l'étude des limites en l'infini. Il faut bien penser aux croissances comparées.
Mais la voix du professeur était lointaine pour Paul et les mots perdaient leur sens face à l'intensité du regard de Yanis.
Il jeta un coup d'œil rapide à Yanis, et ses yeux étaient toujours là, posés sur lui, un défi silencieux. C'était un test, Paul le comprit. Un test pour voir qui céderait le premier.
Qu'est-ce qu'il veut ? Ce n'est pas la curiosité habituelle. C'est autre chose. Il a l'air de vouloir me dire quelque chose sans parler.
Paul serra la mâchoire, les muscles de son visage tendus. Il se força à regarder le tableau, à écouter Monsieur Garnier, mais la voix du professeur semblait lointaine, noyée par le bruit de son propre sang dans ses oreilles, un bourdonnement assourdissant. Son corps était figé, tendu, comme s'il attendait une secousse.
Pourquoi ce silence ? Pourquoi cette intensité ? Je ne peux pas détourner le regard trop longtemps, ce serait une faiblesse. Mais je ne peux pas le regarder non plus.
Le temps s'étira. Chaque seconde passée sous ce regard était une éternité. Paul avait l'impression d'être sous un microscope, chaque imperfection, chaque trace d'émotion qu'il tentait de dissimuler étant scrutée. Il ne respirait presque plus, ses poumons compressés par une anxiété mêlée d'une fascination terrifiante. Il sentait la sueur perler légèrement sur son front, invisible pour les autres, mais brûlante sur sa peau. La craie de Monsieur Garnier continuait de crisser sur le tableau, un bruit lointain et sourd, alors que le silence entre Paul et Yanis, lui, était assourdissant. Son esprit s'embrouillait.
C'était un combat invisible, une bataille de volontés qui se jouait à travers un simple échange de regards. Il était à deux doigts de céder, de baisser les yeux, de s'enfouir dans son cahier pour échapper à cette intensité.
Puis, aussi soudainement qu'il était apparu, le lien se brisa. Sans un mot, sans un signe perceptible aux autres, Yanis détourna le regard, le faisant glisser avec une décontraction feinte vers son propre cahier. Paul sentit une bouffée d'air frais inonder ses poumons, un soulagement intense qui le fit frissonner. Il lâcha. Mais ce soulagement était étrangement teinté d'une pointe de déception, comme si quelque chose d'important venait de lui être retiré. La chaleur sur son cou persistait, une empreinte fantôme du regard qui l'avait transpercé. Il osa un dernier coup d'œil rapide : Yanis était penché sur sa feuille, l'air studieux, comme si rien ne s'était passé. La banalité de l'instant contrastait violemment avec le chaos intérieur de Paul.
C'était… quoi ? Qu'est-ce qu'il vient de se passer au juste ?
Mais, alors que Monsieur Garnier, d'une voix monocorde mais assurée, commençait à écrire une fonction au tableau :
« Soit f(x)=(x²+1)/e^x . Déterminez la limite de f(x) quand x tend vers l'infini. »
Paul sentit un poids subtil, une présence insistante. Son regard se posa sur Yanis. Il ne l'avait pas cherché cette fois.
Il leva la tête, lentement, comme si son cou était raidi, et ses yeux croisèrent ceux de Yanis. Yanis, assis quelques rangées sur le côté, trois ou quatre tables à droite, la chaise légèrement orientée vers l'avant, disposait d'une vue dégagée sur la salle.
Yanis ne détourna pas le regard. Au contraire, ses yeux sombres, d'un brun profond qui semblait absorber la lumière des néons, étaient fixés sur Paul avec une intensité qui faisait vaciller le monde ordonné du jeune homme. Ce n'était pas un regard de moquerie, ni même de curiosité banale comme celle des autres étudiants. C'était un regard profond, presque un défi silencieux, comme s'il cherchait à percer quelque chose chez Paul, à lire à travers ses défenses.
Paul sentit son cœur s'emballer, un rythme de tambour sauvage dans sa poitrine qui résonna jusqu'à ses oreilles. Un flux de chaleur, plus intense que celui de la scène précédente, monta à son cou et inonda ses joues. Il essaya de paraître indifférent, de se concentrer sur le tableau, sur les chiffres que Monsieur Garnier dessinait avec sa craie, mais les lignes blanches se brouillaient et dansaient devant ses yeux. Monsieur Garnier continuait.
— Comme vous pouvez le constater, l'équation f(x)=(x²+1)/e^x est un excellent exemple de fonction pour l'étude des limites en l'infini. Il faut bien penser aux croissances comparées.
Mais la voix du professeur était lointaine pour Paul et les mots perdaient leur sens face à l'intensité du regard de Yanis.
Il jeta un coup d'œil rapide à Yanis, et ses yeux étaient toujours là, posés sur lui, un défi silencieux. C'était un test, Paul le comprit. Un test pour voir qui céderait le premier.
Qu'est-ce qu'il veut ? Ce n'est pas la curiosité habituelle. C'est autre chose. Il a l'air de vouloir me dire quelque chose sans parler.
Paul serra la mâchoire, les muscles de son visage tendus. Il se força à regarder le tableau, à écouter Monsieur Garnier, mais la voix du professeur semblait lointaine, noyée par le bruit de son propre sang dans ses oreilles, un bourdonnement assourdissant. Son corps était figé, tendu, comme s'il attendait une secousse.
Pourquoi ce silence ? Pourquoi cette intensité ? Je ne peux pas détourner le regard trop longtemps, ce serait une faiblesse. Mais je ne peux pas le regarder non plus.
Le temps s'étira. Chaque seconde passée sous ce regard était une éternité. Paul avait l'impression d'être sous un microscope, chaque imperfection, chaque trace d'émotion qu'il tentait de dissimuler étant scrutée. Il ne respirait presque plus, ses poumons compressés par une anxiété mêlée d'une fascination terrifiante. Il sentait la sueur perler légèrement sur son front, invisible pour les autres, mais brûlante sur sa peau. La craie de Monsieur Garnier continuait de crisser sur le tableau, un bruit lointain et sourd, alors que le silence entre Paul et Yanis, lui, était assourdissant. Son esprit s'embrouillait.
C'était un combat invisible, une bataille de volontés qui se jouait à travers un simple échange de regards. Il était à deux doigts de céder, de baisser les yeux, de s'enfouir dans son cahier pour échapper à cette intensité.
Puis, aussi soudainement qu'il était apparu, le lien se brisa. Sans un mot, sans un signe perceptible aux autres, Yanis détourna le regard, le faisant glisser avec une décontraction feinte vers son propre cahier. Paul sentit une bouffée d'air frais inonder ses poumons, un soulagement intense qui le fit frissonner. Il lâcha. Mais ce soulagement était étrangement teinté d'une pointe de déception, comme si quelque chose d'important venait de lui être retiré. La chaleur sur son cou persistait, une empreinte fantôme du regard qui l'avait transpercé. Il osa un dernier coup d'œil rapide : Yanis était penché sur sa feuille, l'air studieux, comme si rien ne s'était passé. La banalité de l'instant contrastait violemment avec le chaos intérieur de Paul.
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