Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 4
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 4
Scène 4 : Le vortex du couloir
Les couloirs du lycée Saint-Exupéry étaient bondés ce mardi matin. Les néons au plafond crachaient une lumière blafarde sur les murs beiges délavés, recouverts çà et là d'affiches jaunies annonçant des événements scolaires passés ou des règles de vie rarement respectées. L'air était lourd d'un mélange indéfinissable de produits d'entretien, de transpiration adolescente et de papier. Le brouhaha était incessant : rires éclatants, discussions animées, le grincement régulier des casiers métalliques et le frottement des sacs à dos contre les doudounes. C'était un chaos organisé, une ruche vibrante, mais pour Paul, c'était une masse informe qu'il devait traverser sans faire de vagues. Les casiers, rangés le long des murs, semblaient être des bouches béantes prêtes à l'engloutir.
Paul s'enfonça dans le flot d'élèves. Sa tête était baissée, son regard fixé sur ses baskets usées qui traçaient un chemin invisible sur le lino froid et marqué. Le sac à dos, lourd de manuels et de l'angoisse silencieuse de Paul, pesait sur son épaule droite, le déséquilibrant légèrement, comme un fardeau qu'il portait péniblement. Il se faufila, agile malgré sa raideur matinale, entre les groupes d'élèves rieurs, les duos intimes et les quatuors bruyants qui occupaient l'espace. Il se sentit invisible, une ombre parmi des milliers d'autres, et c'était précisément ce qu'il recherchait. Chaque pas était un mantra silencieux : « Ne pas attirer l'attention. Ne pas être remarqué. Exister le moins possible. » Il retint sa respiration, comme si un souffle trop profond pouvait le trahir.
Il atteignit enfin la section de casiers de sa promotion. Le sien était le troisième à partir du mur de béton, le numéro 456 gravé dessus, à peine lisible. Il l'ouvrit machinalement et sortit ses livres d'un geste précis, presque robotique, pour ne pas perdre une seconde. L'odeur de papier et de vieux cahiers, âcre et rassurante à la fois, l'enveloppa un instant.
Paul s'enfonça dans le flot d'élèves. Sa tête était baissée, son regard fixé sur ses baskets usées qui traçaient un chemin invisible sur le lino froid et marqué. Le sac à dos, lourd de manuels et de l'angoisse silencieuse de Paul, pesait sur son épaule droite, le déséquilibrant légèrement, comme un fardeau qu'il portait péniblement. Il se faufila, agile malgré sa raideur matinale, entre les groupes d'élèves rieurs, les duos intimes et les quatuors bruyants qui occupaient l'espace. Il se sentit invisible, une ombre parmi des milliers d'autres, et c'était précisément ce qu'il recherchait. Chaque pas était un mantra silencieux : « Ne pas attirer l'attention. Ne pas être remarqué. Exister le moins possible. » Il retint sa respiration, comme si un souffle trop profond pouvait le trahir.
Il atteignit enfin la section de casiers de sa promotion. Le sien était le troisième à partir du mur de béton, le numéro 456 gravé dessus, à peine lisible. Il l'ouvrit machinalement et sortit ses livres d'un geste précis, presque robotique, pour ne pas perdre une seconde. L'odeur de papier et de vieux cahiers, âcre et rassurante à la fois, l'enveloppa un instant.
Soudain, le flux s'altéra. Un remous, une agitation inattendue parcourut la foule quelques mètres devant lui. Les lycéens s'écartèrent, créant une sorte de vortex au centre du couloir. Ce n'était pas un mouvement de panique, mais une scission délibérée, presque respectueuse. Un silence relatif s'abattit sur cette petite parcelle d'espace.
Paul leva les yeux, presque malgré lui. Il ne voulait pas voir, ne voulait pas être vu, mais quelque chose dans ce mouvement de foule le poussa à regarder. Et là, il le vit : Yanis.
Paul leva les yeux, presque malgré lui. Il ne voulait pas voir, ne voulait pas être vu, mais quelque chose dans ce mouvement de foule le poussa à regarder. Et là, il le vit : Yanis.
Yanis était un élève de sa classe avec qui il n'avait jamais échangé un mot. Sa silhouette était grande et élancée, mais avec une musculature fine et visible sous son simple T-shirt anthracite. C'était celle d'un athlète dont la force résidait dans la souplesse et la précision plutôt que dans la masse. Il portait un jean sombre, parfaitement coupé, complétant l'ensemble de sa tenue sans ostentation, juste une élégance discrète. Ses yeux étaient sombres, d'un brun si intense qu'ils semblaient presque noirs, d'une profondeur saisissante. Paul avait l'impression d'y lire une intelligence calme, une observation sereine, comme si Yanis percevait le monde avec une clarté que Paul n'avait jamais connue. Ses cheveux étaient bruns foncés, presque corbeaux, légèrement bouclés, ce qui leur conférait un volume naturel et un aspect légèrement indomptable. Le fait qu'ils fussent plus courts sur les côtés ajoutait une touche esthétique moderne et rebelle, mais maîtrisée. La mèche qui tombait souvent sur son front lui donnait un air décontracté, presque désinvolte.
Yanis ne marchait pas, il glissait à travers la foule. Ses mouvements étaient précis et économes, chaque pas fluide, sans effort, comme s'il était en harmonie avec le chaos ambiant. Une aura de calme et d'observation l'entourait, contrastant étrangement avec la frénésie du couloir. Paul ne voyait pas Yanis comme les autres élèves du lycée ; il le trouvait différent.
Yanis ne marchait pas, il glissait à travers la foule. Ses mouvements étaient précis et économes, chaque pas fluide, sans effort, comme s'il était en harmonie avec le chaos ambiant. Une aura de calme et d'observation l'entourait, contrastant étrangement avec la frénésie du couloir. Paul ne voyait pas Yanis comme les autres élèves du lycée ; il le trouvait différent.
Leurs regards se croisèrent. Un instant suspendu, une bulle de silence et d'immobilité au milieu du tumulte. Le temps semblait se dilater. Paul sentit une sorte d'admiration brute et inexpliquée l'envahir. Ce n'était pas de l'envie ni de la simple curiosité. C'était plus profond, une reconnaissance instinctive d'une qualité qu'il ne pouvait nommer. Ses yeux s'attardèrent malgré lui sur Yanis, absorbant chaque détail. Son cœur battait à un rythme accéléré, une sensation étrange, à la fois troublante et électrisante, se propageant dans sa poitrine. Une chaleur subtile monta à ses joues.
Yanis ne souriait pas. Son expression était neutre, observatrice, mais sans jugement. Yanis était la première personne à le regarder ainsi, comme s'il avait remarqué Paul et le voyait vraiment. Yanis ne s'attarda pas. Son regard parcourut Paul un bref instant, avant de continuer sa trajectoire, comme une étoile filante qui traversait le champ de vision de Paul.
Puis, la foule referma le passage, la bulle éclata, et Yanis disparut, emporté par le flot incessant des lycéens. Le brouhaha reprit ses droits, plus assourdissant encore. Paul était là, immobile, le casier ouvert, les livres encore à moitié sortis, avec le souvenir persistant de ce regard qui l'avait transpercé.
Yanis ne souriait pas. Son expression était neutre, observatrice, mais sans jugement. Yanis était la première personne à le regarder ainsi, comme s'il avait remarqué Paul et le voyait vraiment. Yanis ne s'attarda pas. Son regard parcourut Paul un bref instant, avant de continuer sa trajectoire, comme une étoile filante qui traversait le champ de vision de Paul.
Puis, la foule referma le passage, la bulle éclata, et Yanis disparut, emporté par le flot incessant des lycéens. Le brouhaha reprit ses droits, plus assourdissant encore. Paul était là, immobile, le casier ouvert, les livres encore à moitié sortis, avec le souvenir persistant de ce regard qui l'avait transpercé.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()