Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 5
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 5
Chapitre 2 : L'Architecte de la Bataille à Venir
Scène 1 : Le Tirage au Sort du Destin
Les séances de cours s'enchaînèrent toute la journée. Malgré la pression familiale pesant sur Paul quant à sa réussite scolaire, il aimait apprendre de nouvelles notions et connaissances. Ce qu'il aimait moins, c'était la présence des autres élèves qui le forçait à se rendre le plus discret possible. D'ailleurs, ses professeurs le regrettaient et le mentionnaient souvent dans ses bulletins trimestriels. Le commentaire le plus récurrent était : « Paul est un bon élément, dommage que sa participation ne soit pas à la hauteur de ses résultats ».
Le dernier cours de la journée fut le cours d'histoire-géographie de 14h55. Paul, comme bien souvent, était le premier à entrer dans la salle de classe encore vide. Cela lui permettait de choisir une place assez stratégique pour suivre les cours tout en restant le plus à l'écart, le plus effacé possible.
La salle de cours était une pièce spacieuse, aux murs couleur crème, tapissée de grandes cartes murales jaunies par le temps – l'Europe de l'entre-deux-guerres, la carte du monde au temps des colonies. Un tableau blanc occupait le mur du fond, sous une frise chronologique délavée où se côtoyaient dates importantes et figures historiques. Les tables en bois étaient alignées en rangs réguliers. Leurs surfaces étaient rayées par des années de défilé des élèves, qui y avaient laissé les marques de leur passage en gravant des lettres, des mots ou encore des insultes. Les chaises en plastique gris, lourdes et légèrement bancales, complétaient le mobilier. Par les larges fenêtres donnant sur la cour intérieure du lycée, une lumière douce, presque laiteuse, filtrait à travers les vitres un peu sales, projetant des éclats paresseux sur le sol usé. L'air, lui, était chargé d'une odeur familière et réconfortante de papier ancien, de vieux manuels d'histoire et d'une pointe de poussière, bercé par le léger bourdonnement des néons au plafond qui vibraient parfois.
La salle de cours était une pièce spacieuse, aux murs couleur crème, tapissée de grandes cartes murales jaunies par le temps – l'Europe de l'entre-deux-guerres, la carte du monde au temps des colonies. Un tableau blanc occupait le mur du fond, sous une frise chronologique délavée où se côtoyaient dates importantes et figures historiques. Les tables en bois étaient alignées en rangs réguliers. Leurs surfaces étaient rayées par des années de défilé des élèves, qui y avaient laissé les marques de leur passage en gravant des lettres, des mots ou encore des insultes. Les chaises en plastique gris, lourdes et légèrement bancales, complétaient le mobilier. Par les larges fenêtres donnant sur la cour intérieure du lycée, une lumière douce, presque laiteuse, filtrait à travers les vitres un peu sales, projetant des éclats paresseux sur le sol usé. L'air, lui, était chargé d'une odeur familière et réconfortante de papier ancien, de vieux manuels d'histoire et d'une pointe de poussière, bercé par le léger bourdonnement des néons au plafond qui vibraient parfois.
La salle s'était remplie rapidement des élèves de la classe, puis Madame Bernard, la professeure d'histoire géographie, fit son entrée lorsque l'horloge murale, au-dessus du tableau, indiqua l'heure de 14h55. Elle devait avoir la cinquantaine, les cheveux grisonnants tirés à la perfection pour former un chignon strict. Elle portait des lunettes à monture écaille sur un visage à la fois intellectuel et sévère. Cette impression était renforcée par ses habituels tailleurs classiques mais élégants.
Madame Bernard faisait partie des enseignants qui aimaient enseigner et qui étaient passionnés par leur matière. Elle arrivait à captiver les élèves et à les faire voyager dans son monde à travers les régions du monde traitées, les faits historiques et les âges. C'était un réel plaisir d'apprendre avec elle, et aucun élève ne pouvait remettre en question cette qualité. Malgré tout, elle était exigeante envers ses élèves, mais juste, et encourageait la curiosité intellectuelle.
— Bonjour à tous ! lança-t-elle, sa voix claire portant dans la salle. Aujourd'hui, nous allons lancer notre premier grand travail de groupe de l'année. Un exposé fondamental sur un thème passionnant : Les points de bascule du XXe siècle.
Elle marqua une pause, son regard balayant la classe pour jauger l'intérêt, mais personne ne semblait réellement réagir, comme si tous les élèves étaient suspendus à l'attente d'en savoir plus sur les modalités de réalisation de l'exposé.
— Il s'agit de ces moments clés, ces événements qui ont irrémédiablement changé le cours de l'histoire, la face du monde, reprit-elle. Des moments où tout a basculé.
Elle se tourna vers le tableau blanc et y écrivit « POINTS DE BASCULE DU XXe SIÈCLE » en lettres capitales et d'un geste assuré.
— Les exposés débuteront après les vacances de la Toussaint ajouta-t-elle.
Elle prit une feuille de son bureau et commença à énumérer des exemples, tapant du doigt sur la liste à chaque nom cité.
— Je vous ai préparé quinze thèmes possibles, mais vous aurez le choix. Par exemple : « La Révolution Russe » ou « La Crise de 29 », qui a plongé le monde dans la Grande Dépression. Bien sûr, la « Seconde Guerre Mondiale », « L'Indépendance de l'Inde, un moment pivot pour la décolonisation », « La création de l'ONU, l'espoir d'une paix mondiale », « Mai 68, qui a secoué les fondations de la société », « La Chute du Mur de Berlin, un événement d'une portée symbolique immense », ou encore, « L'Avènement d'Internet, qui a révolutionné nos vies ».
Elle continua à énumérer ces thèmes imposés. Chaque sujet de « points de bascule » résonnait étrangement dans l'esprit de Paul, comme un écho de sa propre vie.
Madame Bernard faisait partie des enseignants qui aimaient enseigner et qui étaient passionnés par leur matière. Elle arrivait à captiver les élèves et à les faire voyager dans son monde à travers les régions du monde traitées, les faits historiques et les âges. C'était un réel plaisir d'apprendre avec elle, et aucun élève ne pouvait remettre en question cette qualité. Malgré tout, elle était exigeante envers ses élèves, mais juste, et encourageait la curiosité intellectuelle.
— Bonjour à tous ! lança-t-elle, sa voix claire portant dans la salle. Aujourd'hui, nous allons lancer notre premier grand travail de groupe de l'année. Un exposé fondamental sur un thème passionnant : Les points de bascule du XXe siècle.
Elle marqua une pause, son regard balayant la classe pour jauger l'intérêt, mais personne ne semblait réellement réagir, comme si tous les élèves étaient suspendus à l'attente d'en savoir plus sur les modalités de réalisation de l'exposé.
— Il s'agit de ces moments clés, ces événements qui ont irrémédiablement changé le cours de l'histoire, la face du monde, reprit-elle. Des moments où tout a basculé.
Elle se tourna vers le tableau blanc et y écrivit « POINTS DE BASCULE DU XXe SIÈCLE » en lettres capitales et d'un geste assuré.
— Les exposés débuteront après les vacances de la Toussaint ajouta-t-elle.
Elle prit une feuille de son bureau et commença à énumérer des exemples, tapant du doigt sur la liste à chaque nom cité.
— Je vous ai préparé quinze thèmes possibles, mais vous aurez le choix. Par exemple : « La Révolution Russe » ou « La Crise de 29 », qui a plongé le monde dans la Grande Dépression. Bien sûr, la « Seconde Guerre Mondiale », « L'Indépendance de l'Inde, un moment pivot pour la décolonisation », « La création de l'ONU, l'espoir d'une paix mondiale », « Mai 68, qui a secoué les fondations de la société », « La Chute du Mur de Berlin, un événement d'une portée symbolique immense », ou encore, « L'Avènement d'Internet, qui a révolutionné nos vies ».
Elle continua à énumérer ces thèmes imposés. Chaque sujet de « points de bascule » résonnait étrangement dans l'esprit de Paul, comme un écho de sa propre vie.
Paul, assis à sa place habituelle au fond de la classe, près de la fenêtre, adoptait sa posture de caméléon : légèrement avachi sur sa chaise, le regard fixé sur le tableau blanc. Son corps entier, malgré l'apparente décontraction, était tendu. Ses mains étaient jointes sous la table, ses doigts fins se serraient si fort qu'ils en blanchissaient sous la pression, un signe de sa nervosité grandissante à l'idée de travailler en groupe. Son souffle était court, à peine perceptible. Il n'osait pas regarder Madame Bernard directement. Son attention, malgré le flot de paroles de l'enseignante, était attirée par Yanis, qui était assis quelques rangs devant lui, légèrement décalé vers l'allée centrale. Il n'arrivait pas à chasser de sa tête le bref échange de regard partagé le matin dans les couloirs du lycée, ni ces yeux perçants qui semblaient vouloir lui dire quelque chose.
Yanis était assis calmement, sa posture détendue, les bras croisés sur sa poitrine. Paul ne le voyait que de dos, la courbe nette de sa nuque et le léger mouvement de ses cheveux sombres qui effleuraient son col de chemise. Yanis écoutait Madame Bernard avec une attention non feinte, un léger sourire aux lèvres lorsqu'elle évoqua Internet. Paul sentit une pointe d'agacement mêlée à son anxiété. Il se demandait comment il pouvait être si serein. Au fond de lui, Paul aurait aimé savoir comment faire pour se sentir aussi décontracté que Yanis, et en cela il l'admirait.
Yanis était assis calmement, sa posture détendue, les bras croisés sur sa poitrine. Paul ne le voyait que de dos, la courbe nette de sa nuque et le léger mouvement de ses cheveux sombres qui effleuraient son col de chemise. Yanis écoutait Madame Bernard avec une attention non feinte, un léger sourire aux lèvres lorsqu'elle évoqua Internet. Paul sentit une pointe d'agacement mêlée à son anxiété. Il se demandait comment il pouvait être si serein. Au fond de lui, Paul aurait aimé savoir comment faire pour se sentir aussi décontracté que Yanis, et en cela il l'admirait.
Un brouhaha naissant sortit Paul de sa focalisation sur Yanis. Les élèves commencèrent à échanger entre eux pour choisir les groupes de travail, mais ils furent vite arrêtés par Madame Bernard qui annonça à la classe que les groupes de travail seraient des binômes tirés au sort. Pour mener à bien ce choix du destin, elle leva une urne transparente, un bocal en verre recyclé, rempli de petits papiers pliés en quatre. Sur chaque papier, un nom d'élève. Elle commença à tirer les noms un par un, appelant chaque élève désigné à venir piocher le nom de son binôme. Le silence initial de la classe qui attendait d'entendre le prochain nom se brisait à chaque révélation, remplacé par des exclamations de soulagement ("Ouf, pas avec lui !") ou de déception ("Non ! Encore avec elle !").
Chaque nom tiré était un coup de marteau dans le cœur de Paul. Il sentit son estomac se serrer à chaque nom appelé. Son cœur s'emballait, les battements résonnaient dans ses oreilles, couvrant presque la voix de Madame Bernard. Ses yeux balayaient frénétiquement le thème principal des exposés au tableau et les élèves nommés, comme s'il cherchait une échappatoire. Il retint son souffle, priant silencieusement pour que son nom ne soit pas appelé, ou, si c'était le cas, pour qu'il ne soit pas associé à celui qui l'intimidait, celui dont la simple présence déclenchait chez lui un mélange inexpliqué de peur et de désir.
— Yanis Costa !
La voix de Madame Bernard résonna, nette et claire. Paul sentit une décharge électrique le parcourir, une sensation de picotement qui monta le long de sa colonne vertébrale. Yanis se leva calmement, sa démarche était fluide, presque nonchalante, sans la moindre hésitation. Il se dirigea vers l'urne avec une assurance déconcertante qui agaçait et fascinait Paul. Paul le suivit du regard, captivé et terrifié à la fois. Yanis plongea sa main dans le bocal, ses doigts effleurèrent les papiers. Yanis en ressortit un papier. Il déplia le papier, le lut à voix basse, une moue imperceptible sur les lèvres. Puis, il leva les yeux vers Madame Bernard en tendant le morceau de papier.
La voix de Madame Bernard résonna, nette et claire. Paul sentit une décharge électrique le parcourir, une sensation de picotement qui monta le long de sa colonne vertébrale. Yanis se leva calmement, sa démarche était fluide, presque nonchalante, sans la moindre hésitation. Il se dirigea vers l'urne avec une assurance déconcertante qui agaçait et fascinait Paul. Paul le suivit du regard, captivé et terrifié à la fois. Yanis plongea sa main dans le bocal, ses doigts effleurèrent les papiers. Yanis en ressortit un papier. Il déplia le papier, le lut à voix basse, une moue imperceptible sur les lèvres. Puis, il leva les yeux vers Madame Bernard en tendant le morceau de papier.
Madame Bernard, son sourire présent, tapa du doigt sur sa feuille.
— Bien. Yanis Costa avec… Paul Dubois.
La voix de l'enseignante était enthousiaste, un ton joyeux et définitif qui, pour Paul, sonnait comme un glas funèbre. Ces mots percutèrent Paul de plein fouet, lui coupant le souffle comme un coup violent en pleine poitrine. Le son de son propre nom, accolé à celui de Yanis, le frappa comme un coup de tonnerre. Il sentit le sang se retirer de son visage, ses joues devenant froides et livides. Il avait l'impression que le monde entier venait de se figer autour de lui, que tous les regards convergeaient vers leur nouveau binôme, même si en réalité, personne d'autre ne semblait y prêter attention. Madame Bernard nota le binôme sur sa feuille, avant de passer au suivant, sans la moindre idée du cataclysme intérieur qu'elle venait de déclencher. Les pensées de Paul se bousculèrent :
Il a l'air si calme. Est-ce qu'il réalise ce qui vient de se passer ? Ce qu'il vient de piocher ? Est-ce qu'il sait ce que ça signifie pour moi ? Non, il ne peut pas savoir. Personne ne peut savoir.
— Bien. Yanis Costa avec… Paul Dubois.
La voix de l'enseignante était enthousiaste, un ton joyeux et définitif qui, pour Paul, sonnait comme un glas funèbre. Ces mots percutèrent Paul de plein fouet, lui coupant le souffle comme un coup violent en pleine poitrine. Le son de son propre nom, accolé à celui de Yanis, le frappa comme un coup de tonnerre. Il sentit le sang se retirer de son visage, ses joues devenant froides et livides. Il avait l'impression que le monde entier venait de se figer autour de lui, que tous les regards convergeaient vers leur nouveau binôme, même si en réalité, personne d'autre ne semblait y prêter attention. Madame Bernard nota le binôme sur sa feuille, avant de passer au suivant, sans la moindre idée du cataclysme intérieur qu'elle venait de déclencher. Les pensées de Paul se bousculèrent :
Il a l'air si calme. Est-ce qu'il réalise ce qui vient de se passer ? Ce qu'il vient de piocher ? Est-ce qu'il sait ce que ça signifie pour moi ? Non, il ne peut pas savoir. Personne ne peut savoir.
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Commentaires ()
Merci beaucoup pour ton retour !
Je suis super content que l'atmosphère t'ait embarqué, c'était vraiment important pour moi. J'avoue que je craignais que les descriptions soient un peu denses, donc je suis soulagé de lire que ce n'était pas gênant !
J'avoue pour le binôme, ce n'était pas le plus grand des suspenses ! L'essentiel, c'est que l'action démarre et que ça te plaise. Merci d'avoir lu !
Merci ! Mission accomplie alors 😉
J'espère que le prochain chapitre répondra à tes attentes !