Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 8
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 8
Chapitre 3 : L'Appel Silencieux de l'Inconnu
Scène 1 : Le Nom Révélé
A la fin du cours d'histoire, Yanis sortit de la salle, traînant légèrement les pieds sur le lino, les mains glissées dans les poches de son pantalon. Il portait son sac en bandoulière, pendu nonchalamment le long de la hanche. Ses amis bruyant et joyeux étaient déjà loin devant ; leurs éclats de rire s'estompant dans les couloirs. Yanis ne se souciait pas de les rattraper. Il appréciait ces moments de transition, ces instants d'observation. Il avait une certaine aisance à fixer un lieu ou une personne et d'en tirer rapidement une analyse. Il aimait particulièrement le faire lorsqu'il était en présence d'autres personnes : examiner leurs attitudes, leurs vêtements, leurs postures. Cela lui donnait l'impression de connaître et de comprendre les gens sans même avoir à leur parler. Yanis scrutait tout le monde, y compris Paul, à qui il n'avait jamais parlé avant aujourd'hui.
Son regard, naturellement vif, balaya d'abord le couloir, puis se posa sur la cour, à travers la grande porte vitrée du hall. C'était un espace bétonné et nu, parsemé de quelques bancs recouverts de graffitis et de trois arbres chétifs. La cour se vidait à vue d'œil, transformant le fourmillement de fin de journée en un paysage désert. C'est là qu'il aperçut Paul. À quelques mètres devant lui, le dos voûté, comme pour se faire plus petit. Paul se dirigea d'un pas rapide, presque comme dans une fuite précipitée, vers le garage à vélos. Yanis observa Paul récupérer son vélo avec une fébrilité maladroite ; ses mouvements étaient un peu secs, comme si chaque geste était dicté par une urgence intérieure. Il le vit s'éloigner, disparaître à travers le portail, la silhouette tendue et pressée. Cette façon de s'éclipser, presque de s'évaporer, ne lui échappa pas. Yanis n'avait jamais vu Paul Dubois manifester une telle perturbation, une telle volonté de s'effacer.
Une fine ride se forma entre les sourcils de Yanis, juste au-dessus de ses yeux sombres et profonds. « Paul Dubois » : le nom résonnait dans son esprit d'une manière nouvelle, détachée de l'anonymat habituel de la fac. Il ne put s'empêcher de revoir la scène dans la classe quelques minutes plus tôt : ce rougissement intense qui paraissait embraser les joues de Paul, suivi d'une pâleur soudaine qui avait laissé son visage exsangue, et ce désir manifeste de disparaître, de se fondre dans la table. Tout cela pour un simple exposé. Yanis, lui, avait pris les choses avec un détachement presque philosophique. Les devoirs, la fac, c'était la routine, une nécessité, rarement une source de drame existentiel. La réaction de Paul lui semblait… excessive. Et c'était précisément cette disproportion, cette vulnérabilité brute et inattendue, qui captura son attention avec une intensité inédite.
Yanis avait toujours perçu Paul comme une sorte de fantôme de la fac : toujours présent dans l'environnement, mais jamais vraiment là, jamais vraiment visible. Il était discret, studieux, effacé au point de se fondre dans le décor. Mais, à l'annonce des binômes, une panique silencieuse avait submergé Paul. Il se demandait ce qui se passait dans sa tête.
Est-il est toujours ainsi ? Si tendu, si absorbé par ses pensées qu'il en apparaît physiquement affecté ?
Yanis, qui était habitué à être le pôle d'attraction, celui vers qui les regards convergeaient, fut soudainement attiré par l'énigme de Paul. Une énigme silencieuse qui ne demandait qu'à être sondée.
Est-il est toujours ainsi ? Si tendu, si absorbé par ses pensées qu'il en apparaît physiquement affecté ?
Yanis, qui était habitué à être le pôle d'attraction, celui vers qui les regards convergeaient, fut soudainement attiré par l'énigme de Paul. Une énigme silencieuse qui ne demandait qu'à être sondée.
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Commentaires ()
Mais est-ce que la bienveillance ressemble toujours à ce qu’on espère quand on est vulnérable ? Yanis observe avant d’agir, il analyse avant de ressentir pleinement, et ça peut troubler autant que rassurer.