Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 85
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 85
Scène 2 : La Bulle de Verre
Le vendredi matin naquit dans le silence habituel de la maison. Les rayons du jour, doux et pâles, se faufilaient à travers les rideaux de la chambre de Paul. Il ouvrit les yeux, un sourire se forma sur ses lèvres avant même qu'il ne réalise pourquoi. C'était la première chose qu'il ressentait, ce sentiment de bonheur pur, comme une chaleur réconfortante qui montait du fond de son ventre. Puis, la vague de souvenirs de la veille s'abattit sur lui : l'escalade, l'étreinte de Yanis, et ces deux baisers, fragiles, mais si plein de promesses. Ce souvenir, si fugace, mais si chargé de sens, le fit rougir. Ses doigts effleurèrent ses lèvres, comme s'il pouvait encore en sentir la texture, la douceur inattendue.
Il se sentait léger, différent. C'était comme si le monde qu'il connaissait, si ordonné et si prévisible, avait soudain basculé, révélant des couleurs qu'il n'avait jamais vues. Il ne parvenait pas à nommer ce sentiment qui le submergeait. C'était plus que du bonheur, plus que de l'attirance. C'était une sorte de révélation, la découverte d'une partie de lui-même qu'il avait ignorée jusque-là, enfouie sous les couches de conformisme et d'attentes familiales. La chaleur qui l'habitait contrastait avec la froideur polie de ses parents, une glace qui avait toujours défini son existence. Aujourd'hui, cette chaleur montait en lui, un feu intérieur qui menaçait de faire fondre tout ce qui était rigide et figé. Il était si bien, si complet. L'envie de revoir Yanis, de le retrouver, devint une urgence absolue. Il attrapa son téléphone, son cœur s'emballa, et pour la première fois de sa vie, il se laissa guider par une impulsion pure, sans aucune réflexion sur les conséquences.
Il écrivit un message simple, direct et sans fioritures. Il voulait seulement le voir, revivre cette connexion qui avait fait trembler les murs de sa réalité.
Il se sentait léger, différent. C'était comme si le monde qu'il connaissait, si ordonné et si prévisible, avait soudain basculé, révélant des couleurs qu'il n'avait jamais vues. Il ne parvenait pas à nommer ce sentiment qui le submergeait. C'était plus que du bonheur, plus que de l'attirance. C'était une sorte de révélation, la découverte d'une partie de lui-même qu'il avait ignorée jusque-là, enfouie sous les couches de conformisme et d'attentes familiales. La chaleur qui l'habitait contrastait avec la froideur polie de ses parents, une glace qui avait toujours défini son existence. Aujourd'hui, cette chaleur montait en lui, un feu intérieur qui menaçait de faire fondre tout ce qui était rigide et figé. Il était si bien, si complet. L'envie de revoir Yanis, de le retrouver, devint une urgence absolue. Il attrapa son téléphone, son cœur s'emballa, et pour la première fois de sa vie, il se laissa guider par une impulsion pure, sans aucune réflexion sur les conséquences.
Il écrivit un message simple, direct et sans fioritures. Il voulait seulement le voir, revivre cette connexion qui avait fait trembler les murs de sa réalité.
Paul (09:15) :
> Salut. J'espère que tu as bien dormi. On se voit aujourd'hui ?
> Salut. J'espère que tu as bien dormi. On se voit aujourd'hui ?
Il hésita un instant avant d'appuyer sur « Envoyer », surpris par sa propre audace. Il n'avait jamais pris une telle initiative, jamais osé faire un premier pas, puis il finit par appuyer.
Chaque minute d'attente après l'envoi semblait durer une éternité. Paul s'assit au bord de son lit, le téléphone à la main, fixant l'écran, le cœur battant à tout rompre. Il imaginait Yanis se réveillant, souriant en lisant son message. Il se voyait déjà le retrouver, peut-être au cinéma, ou dans un parc, peu importe l'endroit. L'essentiel était d'être juste eux deux, seuls au monde, pour continuer à vivre dans la bulle qu'ils avaient créée la veille.
La bulle… ce secret… c'est à nous, à nous deux. Je ne veux pas qu'elle se brise. Il faut la protéger.
Quelques minutes plus tard, son téléphone vibra. La réponse de Yanis était là. Paul se précipita pour l'ouvrir, une vague d'anticipation mêlée d'un léger vertige le submergeant.
Chaque minute d'attente après l'envoi semblait durer une éternité. Paul s'assit au bord de son lit, le téléphone à la main, fixant l'écran, le cœur battant à tout rompre. Il imaginait Yanis se réveillant, souriant en lisant son message. Il se voyait déjà le retrouver, peut-être au cinéma, ou dans un parc, peu importe l'endroit. L'essentiel était d'être juste eux deux, seuls au monde, pour continuer à vivre dans la bulle qu'ils avaient créée la veille.
La bulle… ce secret… c'est à nous, à nous deux. Je ne veux pas qu'elle se brise. Il faut la protéger.
Quelques minutes plus tard, son téléphone vibra. La réponse de Yanis était là. Paul se précipita pour l'ouvrir, une vague d'anticipation mêlée d'un léger vertige le submergeant.
Yanis (09:20) :
> Oui, ça va merci. Et toi ? Je me suis endormi comme une masse. J'ai promis à mes potes de les voir cet après-midi, ça te dirait de passer nous voir au café ? On pourrait se faire un ciné après, juste tous les deux. Le temps est pourri aujourd'hui pour rester dehors.
> Oui, ça va merci. Et toi ? Je me suis endormi comme une masse. J'ai promis à mes potes de les voir cet après-midi, ça te dirait de passer nous voir au café ? On pourrait se faire un ciné après, juste tous les deux. Le temps est pourri aujourd'hui pour rester dehors.
La confusion remplaça l'excitation. Le sourire de Paul s'estompa, s'effaçant de son visage comme une peinture à l'eau. Le message de Yanis le laissait perplexe, désorienté. Il avait promis de voir ses amis. Des amis qu'il connaissait déjà, bien sûr, pour les avoir croisés à la cantine et à la fête d'anniversaire de Yanis. Mais les connaître n'y changeait rien. Paul n'avait jamais vraiment eu d'amis, pas au sens où Yanis semblait l'entendre, ces gens avec qui on partage son temps libre sans obligation. Ses amis étaient des relations, des contacts, des personnes avec qui il était obligé de passer du temps pour l'image de la famille. Cette idée de « potes », de s'intégrer à un groupe, lui était étrangère et intimidante. Pourtant, au fond de lui, une part de Paul aspirait à ce genre de normalité, à ces liens authentiques qu'il voyait chez les autres. Il voulait se sentir "normal", comme les gens de son âge qui se retrouvaient autour d'un verre, un sourire facile aux lèvres. Et l'idée que les amis de Yanis, déjà présents dans sa vie, puissent devenir les siens, était une possibilité aussi excitante qu'effrayante.
Et l'idée de devoir partager Yanis le contrariait au plus haut point. Il n'avait pas peur d'eux, mais de la situation. D'être là, en tant que « petit ami » de Yanis. C'était la première fois qu'il s'imaginait être un « petit ami », qu'il se voyait endosser le rôle d'un couple, et non pas seulement comme un simple ami de Yanis. C'était également l'inauguration d'un regard neuf sur leur relation naissante en dehors de leur bulle. Paul se sentait déjà vulnérable. Il se demandait comment Yanis allait présenter la situation à ses amis. Serais-je toujours son camarade de classe ? Un ami ? Ou quelque chose de plus ? La simple idée de ces regards sur moi me tétanise. Pourquoi veut-il que je voie ses amis ? Il a promis de les voir… pourquoi moi je ne suis pas sa priorité ? Est-ce que ce que nous avons partagé ne compte pas assez pour qu'il annule ses projets ?
Un sentiment de malaise l'envahit. Leur lien était un secret, une chose à protéger du monde extérieur. C'était son trésor le plus précieux. L'exposer, même à des amis, était un risque qu'il n'était pas prêt à prendre. Il ne pouvait pas imaginer les jugements des autres, la curiosité, les questions. Il voulait Yanis pour lui tout seul, dans l'intimité sacrée de leurs moments partagés. Il savait que c'était égoïste, mais la peur était plus forte que la raison. La peur de ce que ses amis penseraient de lui, de leur relation. La peur que leur lien si fragile ne supporte pas l'exposition à la lumière du jour. Et le café, ce lieu public, lui semblait être une cage de verre où tout le monde pourrait les observer.
Mais la fin du message, la proposition du cinéma en tête à tête, le calma. Cette phrase, ces quelques mots, réchauffèrent son cœur comme une bouée de sauvetage.
Et l'idée de devoir partager Yanis le contrariait au plus haut point. Il n'avait pas peur d'eux, mais de la situation. D'être là, en tant que « petit ami » de Yanis. C'était la première fois qu'il s'imaginait être un « petit ami », qu'il se voyait endosser le rôle d'un couple, et non pas seulement comme un simple ami de Yanis. C'était également l'inauguration d'un regard neuf sur leur relation naissante en dehors de leur bulle. Paul se sentait déjà vulnérable. Il se demandait comment Yanis allait présenter la situation à ses amis. Serais-je toujours son camarade de classe ? Un ami ? Ou quelque chose de plus ? La simple idée de ces regards sur moi me tétanise. Pourquoi veut-il que je voie ses amis ? Il a promis de les voir… pourquoi moi je ne suis pas sa priorité ? Est-ce que ce que nous avons partagé ne compte pas assez pour qu'il annule ses projets ?
Un sentiment de malaise l'envahit. Leur lien était un secret, une chose à protéger du monde extérieur. C'était son trésor le plus précieux. L'exposer, même à des amis, était un risque qu'il n'était pas prêt à prendre. Il ne pouvait pas imaginer les jugements des autres, la curiosité, les questions. Il voulait Yanis pour lui tout seul, dans l'intimité sacrée de leurs moments partagés. Il savait que c'était égoïste, mais la peur était plus forte que la raison. La peur de ce que ses amis penseraient de lui, de leur relation. La peur que leur lien si fragile ne supporte pas l'exposition à la lumière du jour. Et le café, ce lieu public, lui semblait être une cage de verre où tout le monde pourrait les observer.
Mais la fin du message, la proposition du cinéma en tête à tête, le calma. Cette phrase, ces quelques mots, réchauffèrent son cœur comme une bouée de sauvetage.
« On pourrait se faire un ciné après, juste tous les deux. »
La perspective d'un moment rien qu'à eux le rassura. C'était une promesse. La preuve qu'il y avait bien quelque chose entre eux. Quelque chose que Yanis voulait préserver. L'idée de voir Yanis, même s'il devait d'abord partager son temps avec ses amis, commença à le réjouir. Finalement, ce n'était pas si grave. Il pourrait faire l'effort. Pour lui. Pour le cinéma. Pour cette promesse.
Après avoir longuement réfléchi, il tapa sa réponse.
Après avoir longuement réfléchi, il tapa sa réponse.
Paul (09:45) :
> Je suis d'accord pour le café. On se voit là-bas. Envoie-moi l'adresse.
> Je suis d'accord pour le café. On se voit là-bas. Envoie-moi l'adresse.
Il hésita une dernière fois, le doigt suspendu au-dessus du bouton d'envoi. Puis, il ajouta :
Paul (09:46) :
> Je suis ravi qu'on se voie.
> Je suis ravi qu'on se voie.
Un ajout qui lui sembla crucial pour exprimer ce qu'il ressentait réellement.
Il laissa tomber son téléphone sur son lit et se leva. Il se sentait à la fois nerveux et excité. Il allait rencontrer les amis de Yanis. Il inspira profondément, son cœur battant fort dans sa poitrine. Il se dirigea vers sa commode pour se choisir des vêtements. Il se mit à réfléchir à ce qu'il allait porter. Devait-il s'habiller comme d'habitude, avec l'un de ses polos unis et une paire de jeans propres ? Ou bien faire un effort ? Après tout, il allait voir Yanis pour ce qui ressemblait à un premier rencart. Il finit par opter pour un jean bien coupé et une chemise en flanelle à carreaux, un choix à la fois décontracté et soigné. Il se regarda dans le miroir, un peu surpris. Le reflet ne lui paraissait pas déguisé, mais plutôt comme une version plus authentique de lui-même. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il était nerveux, oui, mais il était heureux. Le bonheur l'avait emporté sur la peur. Et il le sentait, c'était le bon choix.
Il laissa tomber son téléphone sur son lit et se leva. Il se sentait à la fois nerveux et excité. Il allait rencontrer les amis de Yanis. Il inspira profondément, son cœur battant fort dans sa poitrine. Il se dirigea vers sa commode pour se choisir des vêtements. Il se mit à réfléchir à ce qu'il allait porter. Devait-il s'habiller comme d'habitude, avec l'un de ses polos unis et une paire de jeans propres ? Ou bien faire un effort ? Après tout, il allait voir Yanis pour ce qui ressemblait à un premier rencart. Il finit par opter pour un jean bien coupé et une chemise en flanelle à carreaux, un choix à la fois décontracté et soigné. Il se regarda dans le miroir, un peu surpris. Le reflet ne lui paraissait pas déguisé, mais plutôt comme une version plus authentique de lui-même. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il était nerveux, oui, mais il était heureux. Le bonheur l'avait emporté sur la peur. Et il le sentait, c'était le bon choix.
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