Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 31
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 31
Scène 3 : La Gorge Sèche de l'Émoi
La lumière froide des néons bourdonnait au plafond du gymnase, projetant de longues ombres sur le parquet ciré, traversé de lignes colorées. Paul, vêtu de son short ample et de son t-shirt neutre, se sentait exposé, maladroit. La rougeur persistante sur ses joues trahissait son malaise. Il tenait une gourde en plastique opaque.
Le sifflet de Monsieur Girard retentit, strident, coupant court au brouhaha du gymnase.
— Allez, les jeunes ! Rassemblement ! Rapidement, on ne traîne pas !
Les étudiants, en grappes paresseuses, se dirigèrent vers le centre. Paul se positionna discrètement à l'arrière du groupe, cherchant à se dissimuler. Monsieur Girard, mains sur les hanches, débuta ses instructions d'une voix de commandement.
— Aujourd'hui, échauffement dynamique, puis travail de passes et de déplacements en binômes, avec un ballon de basket. Et pour finir, un petit match !
Paul suivit les mouvements d'échauffement dictés par le professeur d'EPS de manière presque mécanique : quelques tours de terrain, des montées de genoux, des talons-fesses. Chaque pas était lourd, chaque foulée raide. Il sentait son corps se réchauffer, mais cette chaleur n'était pas réconfortante. Elle s'ajoutait à son malaise interne. Il tentait de coordonner ses mouvements avec les autres, mais il se sentait désynchronisé, comme un pantin aux fils emmêlés. Il jeta un regard furtif vers Yanis, qui exécutait les exercices avec une aisance naturelle, ses muscles se contractant et se relâchant avec fluidité. Chaque mouvement de Yanis était précis, le signe d'une maîtrise que Paul n'avait pas.
— Bien, maintenant, par deux ! Exercice de passes et de déplacements rapides ! On prend un ballon ! Yanis, donne un ballon à Paul, et vous deux, vous êtes un binôme ! Vous êtes les derniers !
Le cœur de Paul s'accéléra, cognant contre ses côtes. Il jeta un regard paniqué autour de lui. La plupart des étudiants avaient déjà trouvé leur partenaire. Il se retrouvait isolé, l'estomac noué. La voix de Monsieur Girard résonna comme un coup de tonnerre. Paul sentit ses joues chauffer. Il avança à pas lourds vers Yanis, qui l'attendait déjà, le ballon de basket à la main, un léger sourire en coin.
Yanis tendit le ballon, sa voix basse et légèrement amusée.
Yanis tendit le ballon, sa voix basse et légèrement amusée.
— Salut Paul. Pas le choix, on est ensemble.
Paul prit le ballon, sans le regarder, sa voix à peine un murmure.
— Oui. Super.
Yanis, un sourcil légèrement levé, observant la raideur de Paul, poursuivit.
— Prêt ? On fait les passes rapides, comme le prof a dit.
Paul hocha la tête, les yeux fixés sur le ballon.
— Oui. Prêt.
L'exercice commença. Yanis, décontracté, lui envoya des passes précises, le ballon de basket claquant contre les mains de Paul. Paul tenta de se concentrer sur le ballon, sur le mouvement, sur l'objectif, mais la proximité de Yanis, sa respiration régulière, l'odeur de son effort mêlée à son parfum, étaient des distractions constantes. Paul, trop tendu et voulant éviter tout contact ou tout regard direct, était uniquement focalisé sur le ballon, essayant de le capter sans erreur. Yanis, plus agile et décontracté, tenta une feinte pour le déborder ; un dribble vif et inattendu. Il pivota brusquement. Leurs corps se frôlèrent. Une collision involontaire mais nette : Yanis perdit l'équilibre un instant et s'appuya sur Paul pour se rattraper, sa main se posant brièvement sur son bras. Leurs mains se touchèrent, leurs bras se cognèrent. Ce fut un contact fugace, mais électrique, un court-circuit dans l'esprit de Paul. Yanis se redressa, un éclair de surprise dans ses yeux.
Le parfum de Yanis, un léger musc mélangé à l'odeur salée de l'effort, remplit ses narines, une odeur primitive et enivrante. Paul recula instinctivement, presque violemment, comme s'il avait été brûlé. Son cœur battait la chamade, un rythme fou, non pas de l'effort physique intense, mais d'une émotion qu'il ne pouvait identifier, qu'il ne voulait pas identifier. Son regard se perdit un instant dans celui de Yanis, teinté d'une légère surprise, presque amusée, une lueur de curiosité qui le dérangea. Paul détourna immédiatement les yeux, fixant le sol comme s'il y cherchait une réponse, le visage chauffant, une sensation de brûlure qui se propageait. Il se sentait gauche, maladroit, transparent.
Pourquoi... pourquoi ça me fait ça ? C'est stupide. C'est juste un contact, un accident.
Il tenta de rationaliser, de minimiser.
Juste... un corps. Normal. Comme les autres.
Mais ces mots sonnaient faux, creux. L'image de Yanis torse nu dans le vestiaire rejaillit, la vision de ses muscles sous ses yeux. Il sentit une confusion monter en lui, une première goutte qui menaçait de tout inonder. Il devait fuir, échapper à ce corps, à cette odeur, à cette sensation qui le submergeait.
Yanis, avec un sourire léger, d'une voix basse, tout près , demanda.
Le parfum de Yanis, un léger musc mélangé à l'odeur salée de l'effort, remplit ses narines, une odeur primitive et enivrante. Paul recula instinctivement, presque violemment, comme s'il avait été brûlé. Son cœur battait la chamade, un rythme fou, non pas de l'effort physique intense, mais d'une émotion qu'il ne pouvait identifier, qu'il ne voulait pas identifier. Son regard se perdit un instant dans celui de Yanis, teinté d'une légère surprise, presque amusée, une lueur de curiosité qui le dérangea. Paul détourna immédiatement les yeux, fixant le sol comme s'il y cherchait une réponse, le visage chauffant, une sensation de brûlure qui se propageait. Il se sentait gauche, maladroit, transparent.
Pourquoi... pourquoi ça me fait ça ? C'est stupide. C'est juste un contact, un accident.
Il tenta de rationaliser, de minimiser.
Juste... un corps. Normal. Comme les autres.
Mais ces mots sonnaient faux, creux. L'image de Yanis torse nu dans le vestiaire rejaillit, la vision de ses muscles sous ses yeux. Il sentit une confusion monter en lui, une première goutte qui menaçait de tout inonder. Il devait fuir, échapper à ce corps, à cette odeur, à cette sensation qui le submergeait.
Yanis, avec un sourire léger, d'une voix basse, tout près , demanda.
— Désolé. Tu vas bien ?
Paul murmura, sans le regarder, les yeux rivés sur le sol, reculant instinctivement.
— Oui. Ça va.
Il s'éloigna rapidement, cherchant à se fondre dans le groupe, son cœur toujours tambourinant.
Après l'exercice de passes, Monsieur Girard lança le match de basket-ball. Les équipes furent formées rapidement, et, par un coup du sort qui pesait lourdement sur Paul, il se retrouva dans l'équipe opposée à celle de Yanis.
Après l'exercice de passes, Monsieur Girard lança le match de basket-ball. Les équipes furent formées rapidement, et, par un coup du sort qui pesait lourdement sur Paul, il se retrouva dans l'équipe opposée à celle de Yanis.
— Allez ! On se donne ! Sans pitié !
Paul était sur le terrain, ballotté par le flux et le reflux des joueurs, le son des baskets qui crissaient et du ballon qui rebondissait lourdement sur le parquet. Il essayait de participer, de courir, de marquer, de défendre, mais sa conscience était divisée. Chaque course était un effort doublé, chaque saut une tentative désespérée d'échapper à la conscience de son corps et de celui de Yanis, désormais son adversaire direct. La transpiration perlait sur son front, coulait le long de son dos. Il sentait la chaleur monter en lui, une chaleur qui n'était pas seulement due à l'effort physique. À plusieurs reprises, il croisa le regard de Yanis sur le terrain, lui aussi en sueur, ses cheveux collés à son front. Yanis, grâce à son entraînement à l'UNSS, semblait glisser sur le terrain, faisant des passes précises et des feintes rapides ; malgré l'intensité du jeu, il gardait toujours une certaine aisance, une agilité remarquable. Paul le vit faire une passe rapide, puis s'essuyer le front avant de boire à sa gourde, l'eau fraîche glissant le long de sa gorge. Paul, la gorge sèche, tendit la main vers sa propre gourde posée sur le banc et en but une longue gorgée, cherchant à apaiser la soif physique et sa bouche sèche due à la tension. La gorgée d'eau fraîche n'avait rien apaisé de cette soif-là.
Le sifflet de Monsieur Girard annonça la fin du match après deux fois quinze minutes d'effort.
Le sifflet de Monsieur Girard annonça la fin du match après deux fois quinze minutes d'effort.
— Stop ! Fin de partie ! Bravo à tous et à l'équipe des rouges ! On se met par terre pour les étirements. On s'étire bien les muscles !
Les étudiants s'allongèrent ou s'assirent sur le parquet ciré, soufflant, leur respiration lourde remplissait l'air. Paul, épuisé physiquement et nerveusement après la défaite de son équipe, essaya de s'isoler à nouveau, s'étirant au fond du groupe. Mais pour une raison mystérieuse, Yanis vint s'installer juste à côté de lui, sans dire un mot. Alors qu'il étirait une jambe, il sentit la proximité de Yanis à côté de lui, leurs genoux se touchant presque par inadvertance. L'odeur de Yanis — maintenant imprégnée de la sueur de l'effort, un mélange de musc naturel et de fraîcheur mentholée due peut-être à son gel douche ou un déodorant sportif — était plus présente que jamais. C'était une odeur primitive, qui s'infiltrait en lui, le troublant profondément. Paul ferma les yeux un instant, essayant de se concentrer sur l'étirement, mais il était hyperconscient de la présence de Yanis à ses côtés, de sa chaleur corporelle, de ses mouvements, de sa respiration encore soutenue après l'intensité du match. Il se détacha tellement du cours qu'il n'avait même plus conscience d'être entouré de Monsieur Girard et des autres étudiants, à l'exception de Yanis. Il souhaitait que ce moment dure, mais le professeur d'EPS vint faire éclater la bulle qu'il partageait avec son voisin.
— Très bien, les jeunes ! C'est tout pour aujourd'hui ! Vous pouvez aller vous changer !
La voix de Monsieur Girard fut une délivrance. Paul se leva d'un bond, son cœur battant encore la chamade. Il jeta un regard rapide vers Yanis, qui se relevait aussi et récupérait sa gourde posée sur le banc, avant de se diriger d'un pas précipité vers la porte des vestiaires, sans un mot, sans un regard en arrière. Il voulait échapper à cette tension, à cette proximité qui l'anéantissait.
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