Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 102
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 102
Scène 14 : Le Vol des Trois Points
Le rangement s'effectua rapidement. Les sacs étaient prêts, les dernières embrassades échangées avec la tante Isabelle et sa famille. Le son du coffre de la voiture qui se refermait sonna comme un signal, la fin, le retour à la réalité. Yanis se glissa sur le siège arrière, son sac à côté de lui, la main déjà dans sa poche, trouvant une dernière fois son téléphone. Il se laissa tomber contre le siège, regardant le paysage défiler.
La route du retour était un serpent d'asphalte qui descendait vers la plaine. Le crépuscule baignait les champs d'un orange mélancolique. Assis à l'arrière de la voiture, Yanis observait le soleil qui s'affaissait à l'horizon, chaque rayon mourant emportant un peu de l'éclat de ce week-end parfait. La joie des quarante-huit dernières heures était une braise sur le point de s'éteindre. Il avait passé la journée à faire des hypothèses, à se rassurer, à inventer des scénarios. Peut-être que Paul était occupé. Peut-être qu'il avait oublié son téléphone. Peut-être que... non, il n'avait aucune excuse. Le silence de Paul était inhabituel, une ombre qui venait assombrir son cœur.
La route du retour était un serpent d'asphalte qui descendait vers la plaine. Le crépuscule baignait les champs d'un orange mélancolique. Assis à l'arrière de la voiture, Yanis observait le soleil qui s'affaissait à l'horizon, chaque rayon mourant emportant un peu de l'éclat de ce week-end parfait. La joie des quarante-huit dernières heures était une braise sur le point de s'éteindre. Il avait passé la journée à faire des hypothèses, à se rassurer, à inventer des scénarios. Peut-être que Paul était occupé. Peut-être qu'il avait oublié son téléphone. Peut-être que... non, il n'avait aucune excuse. Le silence de Paul était inhabituel, une ombre qui venait assombrir son cœur.
Il prit une profonde inspiration et déverrouilla son téléphone, ses doigts tapotant un message qu'il avait déjà formulé cent fois dans sa tête.
Yanis (21:30) :
> Hey, j'espère que tout va bien. Fais-moi signe. Je commence à m'inquiéter.
> Hey, j'espère que tout va bien. Fais-moi signe. Je commence à m'inquiéter.
Le message envoyé, il sentit son cœur se serrer. Il se mordit l'intérieur de la joue, un geste nerveux qu'il avait depuis l'enfance. Il ne voulait pas que Léo, son demi-frère assis à côté de lui, le voie dans cet état. Yanis avait toujours été la figure forte, le grand frère qui n'avait besoin de personne, même si Léo était son aîné. Il relâcha son souffle doucement, essayant de calmer son cœur qui battait à tout rompre. Quelques secondes s'écoulèrent, une éternité. Puis, le miracle se produisit. Les trois petits points... Il était en train d'écrire ! Un sourire timide se dessina sur le visage de Yanis. Tout va bien. Il n'avait même pas encore reçu le message de Paul, mais le simple fait qu'il réponde suffisait à faire naître un petit espoir en lui. C'était un signe de vie, un signe qu'il n'était pas seul. Puis, un nouveau message apparut sur l'écran.
Paul (21:35) :
> Je ne peux plus te voir demain.
> Je ne peux plus te voir demain.
Le monde de Yanis s'effondra. Le silence de la voiture n'était plus un simple fait, mais un écho du vide qui grandissait en lui. Le message de Paul était comme un coup de poignard, froid, brutal, sans explication, sans émotion. Il ne comprenait pas, ne voulait pas comprendre. Il avait passé des heures à attendre un message, à s'inquiéter, à imaginer le pire, pour cela. La douleur l'envahit, le laissant dans un état de stupeur ; il avait mal, très mal. Il avait l'impression d'avoir été frappé par une voiture, mais la douleur était plus vive, plus profonde. Il n'avait pas de blessures physiques, mais il sentait la peine qui se logeait dans sa poitrine. C'était une immense douleur, qui lui coupait le souffle. Il sentit ses larmes monter. Il ne voulait pas pleurer, il ne pouvait pas pleurer. Pas devant Léo et ses parents. Il serra les poings si fort que ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes.
Il écrivit « Quoi ? Pourquoi ? », puis l'effaça. Il le recommença, puis l'effaça à nouveau. Il était perdu, confus, désespéré. La tête lui tournait, et il ne savait plus quoi faire. Il devait lui poser la question, mais comment ?
Il essaya à nouveau, mais son doigt tremblait tellement qu'il ne pouvait pas écrire. Finalement, il se contenta d'un message simple, qui masquait à peine sa détresse.
Il écrivit « Quoi ? Pourquoi ? », puis l'effaça. Il le recommença, puis l'effaça à nouveau. Il était perdu, confus, désespéré. La tête lui tournait, et il ne savait plus quoi faire. Il devait lui poser la question, mais comment ?
Il essaya à nouveau, mais son doigt tremblait tellement qu'il ne pouvait pas écrire. Finalement, il se contenta d'un message simple, qui masquait à peine sa détresse.
Yanis (21:43) :
> Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? On se voit mardi ?
> Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? On se voit mardi ?
La réponse fut un silence assourdissant, suivi d'un nouveau message qui l'acheva.
Paul (21:55) :
> Non, ce n'est pas possible. Ni mardi, ni un autre jour. Sauf si c'est pour travailler sur l'exposé.
> Non, ce n'est pas possible. Ni mardi, ni un autre jour. Sauf si c'est pour travailler sur l'exposé.
C'était tout. Un message d'adieu, tranchant, sans explication, sans émotion. Il sentit les larmes couler le long de ses joues. Il ne pouvait pas les arrêter, il ne le voulait plus. Il se sentait trahi, humilié, anéanti. Il n'avait qu'une seule envie : remonter le temps. Revenir au moment où il avait rencontré Paul. Il n'avait jamais ressenti une douleur aussi aigüe, aussi dévastatrice. Il voulait que cela s'arrête. Il voulait que le monde s'arrête. Il voulait se réveiller et se rendre compte que tout n'était qu'un mauvais rêve.
Il essaya de cacher sa tristesse et sa déception, mais c'était impossible. Il ne pouvait pas arrêter de pleurer. Il aperçut Léo qui regardait l'écran de son propre téléphone. Il s'enfonça un peu plus dans son siège. Le regard de Léo était sur lui. Il ne dit rien, mais son silence en disait long. Il savait que quelque chose n'allait pas. La voiture s'arrêta enfin devant l'appartement. Yanis sauta de la voiture, un sac de ses affaires du week-end à la main. Il ne dit rien et se dirigea directement vers sa chambre qu'il partageait avec son demi-frère. Il entendit ses parents et Léo qui le suivaient, mais il n'y prêta pas attention. Une fois dans sa chambre, il se laissa tomber sur son lit, un flot de larmes coulant sur son visage.
Il essaya de cacher sa tristesse et sa déception, mais c'était impossible. Il ne pouvait pas arrêter de pleurer. Il aperçut Léo qui regardait l'écran de son propre téléphone. Il s'enfonça un peu plus dans son siège. Le regard de Léo était sur lui. Il ne dit rien, mais son silence en disait long. Il savait que quelque chose n'allait pas. La voiture s'arrêta enfin devant l'appartement. Yanis sauta de la voiture, un sac de ses affaires du week-end à la main. Il ne dit rien et se dirigea directement vers sa chambre qu'il partageait avec son demi-frère. Il entendit ses parents et Léo qui le suivaient, mais il n'y prêta pas attention. Une fois dans sa chambre, il se laissa tomber sur son lit, un flot de larmes coulant sur son visage.
Le monde venait de s'écrouler. Il se sentait écrasé sous le poids de la déception, de la confusion et de la tristesse. Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Est-ce que j'ai dit quelque chose de mal ? Est-ce que j'ai fait une erreur ? Son esprit était un tourbillon de pensées contradictoires. Il revoyait chaque instant qu'il avait passé avec Paul, essayant de trouver une explication, une raison. Il se souvenait des rires échangés, des baisers passionnés, des regards complices. Il relut les messages échangés les jours précédents. Les mots de Paul lui semblaient tellement pleins d'amour, de désir, de tendresse. Il se sentait perdu. La dissonance entre les mots de la semaine et ceux d'aujourd'hui était un gouffre. Il reparcourut le message de Paul, encore et encore, espérant y trouver une explication cachée, un sens qu'il n'avait pas encore compris. Mais il n'y avait rien, rien d'autre que des mots vides et blessants. Il ne m'aime plus. Il ne veut plus de moi. Il m'a jeté comme un vieux débris. Les larmes coulaient sur son visage, mouillant l'oreiller. Il n'avait jamais ressenti une telle peine. Une peine qui le rongeait de l'intérieur, qui le laissait vide, sans rien, un fantôme de lui-même.
Un bruit le sortit de ses pensées. C'était Léo, qui entrait dans la chambre. Il ne dit rien, ferma doucement la porte, s'approcha du lit et s'assit à côté de Yanis. Yanis, qui n'avait même pas fait attention à lui, sentit une main douce et chaude qui le prenait par l'épaule et le retournait vers lui. Yanis se laissa faire. Il n'avait plus la force de se battre. Il n'avait plus la force de rien. Léo le regarda. Le visage de Yanis était un miroir de la dévastation qu'il ressentait. Ses yeux sombres, habituellement vifs et pleins de malice, étaient rouges et gonflés, entourés de cernes profonds qui trahissaient son angoisse. Les traces de larmes séchées brillaient encore sur ses joues rougies, et sa lèvre inférieure tremblait imperceptiblement, révélant un sanglot qu'il tentait de retenir. Sa peau, d'habitude si lisse et lumineuse, semblait pâle et tirée, comme si toute la joie et la vitalité avaient été aspirées de lui en un instant. Il ressemblait à un enfant perdu.
Léo s'allongea à ses côtés et le prit dans ses bras, le serrant doucement, lui offrant un silence réconfortant. Yanis se laissa aller et pleura à chaudes larmes, abandonnant son corps à la douleur qui l'étreignait. Il s'agrippa au t-shirt de Léo, comme à une bouée de sauvetage dans un océan en furie. Léo, sans un mot, le serra plus fort, comme pour absorber toute sa douleur.
Léo s'allongea à ses côtés et le prit dans ses bras, le serrant doucement, lui offrant un silence réconfortant. Yanis se laissa aller et pleura à chaudes larmes, abandonnant son corps à la douleur qui l'étreignait. Il s'agrippa au t-shirt de Léo, comme à une bouée de sauvetage dans un océan en furie. Léo, sans un mot, le serra plus fort, comme pour absorber toute sa douleur.
Après quelques minutes, Léo lui murmura à l'oreille :
— Yanis, c'est à cause de Paul, n'est-ce pas ?
Yanis hocha la tête, ses sanglots redoublant d'intensité. Entre deux sanglots, il raconta le coup de poignard : le silence de la journée, les trois petits points et le message brutal. La nouvelle frappa Léo comme un coup de poing. Il serra Yanis contre lui, le cœur brisé pour son frère qu'il n'avait jamais vu aussi malheureux, aussi vulnérable. Il lui caressa délicatement les cheveux. Quand Yanis eut fini, Léo lui murmura quelques mots apaisants.
— Yanis, je suis désolé que ça se passe comme ça. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je suis là. Je suis là pour toi.
Il le serra plus fort, lui offrant un soutien dont Yanis avait désespérément besoin.
— Yanis, c'est à cause de Paul, n'est-ce pas ?
Yanis hocha la tête, ses sanglots redoublant d'intensité. Entre deux sanglots, il raconta le coup de poignard : le silence de la journée, les trois petits points et le message brutal. La nouvelle frappa Léo comme un coup de poing. Il serra Yanis contre lui, le cœur brisé pour son frère qu'il n'avait jamais vu aussi malheureux, aussi vulnérable. Il lui caressa délicatement les cheveux. Quand Yanis eut fini, Léo lui murmura quelques mots apaisants.
— Yanis, je suis désolé que ça se passe comme ça. Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je suis là. Je suis là pour toi.
Il le serra plus fort, lui offrant un soutien dont Yanis avait désespérément besoin.
Ils restèrent là, ensemble, sur le lit de Yanis, blottis l'un contre l'autre, Yanis ne voulant pas lâcher le réconfort de son demi-frère, le peu de lumière qu'il apportait dans le tunnel sombre qu'il traversait. Ils changèrent de position, se couchant sur le dos, puis sur le côté, Yanis posant sa tête sur l'épaule de Léo, puis sur sa poitrine, mais toujours enlacés. Yanis sentit les battements de cœur de son frère, un rythme rassurant qui lui donnait un peu de courage. Il ferma les yeux et, pour la première fois de la journée, il sentit la douleur s'apaiser. Il s'endormit ainsi, au bout de plusieurs heures, dans les bras de son demi-frère, un sommeil lourd, né de l'épuisement, le sommeil d'un cœur brisé qui commençait sa longue guérison.
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