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✦ Titanic50 Chrysalide : L'Effondrement des Murs XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 40

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Titanic50
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Chrysalide : L'Effondrement des Murs

Chapitre 40

Scène 8 : Le Jugement du Patriarche
Le silence de la bibliothèque semblait à présent assourdissant. Paul était seul à la table, la sensation du contact de la main de Yanis brûlant encore sa paume.
C'est ridicule. Juste une poignée de main. Mais ça me consume. Il est déjà loin, sûrement déjà sur le chemin de la piscine, prêt à se vider la tête comme il dit. Et moi, je suis là, ligoté par ça. Par cette simple, putain, poignée de main.
Il resta assis un instant, le regard perdu dans le vide, tentant de reprendre le contrôle de sa respiration et de ses pensées.
Finalement, il rangea ses affaires avec une rigueur encore plus appliquée que d'habitude, comme si chaque geste précis pouvait restaurer l'ordre dans son esprit. Il quitta la bibliothèque, puis Saint-Exupéry, et prit le chemin de sa maison, chaque coup de pédale le ramenant vers la normalité apparente de sa vie familiale. Le trajet fut flou. Son esprit était encore encombré par le sourire de Yanis, la fermeté de sa main et la résonance de ce « simple regard ». Il repassait la scène en boucle, cherchant un indice, un signe que Yanis aurait pu laisser, mais son esprit rationnel balaya aussitôt l'idée. C'était lui, Paul : le malade, celui qui réagissait de façon démesurée.
Paul arriva à la maison juste avant le dîner. Il trouva sa famille déjà presque prête à passer à table. Théo, son frère aîné, grand et athlétique, ajustait la nappe avec une précision presque militaire, tandis que Chloé, plus petite avec ses longs cheveux ondulés et ses grands yeux curieux, posait les verres avec un soupir à peine audible. Anne Dubois, sa mère, avec son chignon strict, supervisait le tout avec une diligence discrète, son visage doux empreint d'une légère fatigue habituelle. Paul salua d'un bref « Bonsoir », sa voix déjà plus basse qu'à l'habitude. Il s'assit à sa place habituelle, entre sa mère et son frère, face à son père. La conversation fut d'abord légère, des banalités sur la journée scolaire de Chloé et de Théo, qui parlait de ses cours en école de commerce. Anne demanda à Paul s'il avait bien mangé ce midi. Il répondit par un bref « Oui », se forçant à paraître normal, ses propres pensées le dévorant.
Le dîner débuta. Le rôti, parfaitement cuit, fut servi. Les couverts cliquetèrent discrètement sur la porcelaine fine, un rythme mesuré qui soulignait le silence général. François, avec son regard sévère derrière ses lunettes fines, trônait au bout de la table. Il observait ses enfants en silence, évaluant s'ils arboraient l'image élitiste qu'il attendait d'eux. Son regard s'arrêta un instant sur Paul, scrutateur.
Après le plat principal, lorsque le silence devint un peu plus lourd, et que Théo eut fini de relater un fait marquant de sa journée en école de commerce, François posa sa fourchette avec une précision militaire, le geste annonçant la prise de parole.
— Alors, Paul, comment se sont passés les cours aujourd'hui ? J'espère que tu as été productif. Et cet exposé d'histoire, comment avance-t-il ? C'est avec ce Yanis, n'est-ce pas ? Son nom m'est revenu, dit François d'une voix grave et posée, le ton de celui qui attend des réponses précises et structurées.
Paul sentit une vague de chaleur parcourir son corps, différente de celle provoquée par Yanis au CDI. Celle-ci était glaciale et paniquante. Il serra ses mains sous la table, les jointures blanchies, sentant la sueur perler à ses paumes. Sa mère, Anne, le regardait avec une bienveillance discrète, ses yeux clairs, empreints d'une mélancolie retenue. Mais il savait que son père n'accepterait rien de moins qu'une réponse impeccable et rassurante.
Chaque mot est un piège. Il faut être parfait, être l'enfant qu'ils attendent. Le fils modèle. Sans histoire. Sans… sans ça. Cette poignée de main, c'est comme une marque. Un secret qui brûle. Mon corps ne m'appartient plus. Il est là, avec moi, mais il ne répond qu'à lui. Et mon père, il ne verrait que la honte. La déception. Le… l'anormalité. Je suis le fruit de leur attente, je dois être un fantôme ici. Un fantôme parfait et bien élevé.
— Oui. La journée a été... normale. Et l'exposé avance bien. Nous avons travaillé à la bibliothèque cet après-midi sur « Les Fissures dans le Bloc de l'Est ». Nous avons couvert la première partie de l'exposé, les causes du mécontentement et l'influence de la Perestroïka, répondit Paul, sa voix étonnamment calme, bien que tendue.
Il s'efforçait de maintenir sa façade, de faire abstraction du « Yanis » qui résonnait dans sa tête.
Le regard sévère de François ne quittait pas Paul. Il inclina légèrement la tête, comme si chaque mot était pesé et analysé.
— Bien. Et ton camarade de classe ? Il est à la hauteur ? Il suit ? Je me souviens que ce genre de travail en binôme peut parfois ralentir les éléments les plus brillants, si l'autre n'est pas aussi investi. Théo, par exemple, a toujours préféré travailler seul sur les projets importants pour ne pas être freiné.
Théo esquissa un léger sourire de satisfaction, validé par la remarque paternelle. Paul sentit son cœur se serrer davantage. Le camarade de classe. Son père l'analysait, évaluait Yanis à travers lui, le comparant implicitement à Théo, le modèle de réussite. Il ne pouvait pas trahir l'admiration qu'il ressentait pour Yanis sans que cela ne paraisse suspect.
— Il est... très investi. Il a bien préparé sa partie, et il est rapide à comprendre les concepts. Il pose des questions pertinentes. Notre collaboration est efficace.
Paul fit un léger mouvement de tête, essayant de paraître neutre, mais une pointe de fierté perça malgré lui, un désir inconscient de défendre Yanis.
Anne esquissa un léger sourire, soulagée que la réponse de Paul soit satisfaisante et ne crée pas de tension supplémentaire. Chloé leva un instant ses grands yeux curieux vers Paul, comme si elle sentait une nuance dans sa voix, mais elle retourna à son assiette sans un mot. Théo, absorbé par sa propre réussite, ne semblait pas prêter attention aux détails, mais Paul savait que son père pesait chaque mot.
— Très bien. C'est l'essentiel. La qualité du travail. Assure-toi que ce soit un exposé irréprochable. La rigueur académique est primordiale, Paul. C'est ce qui te distinguera. Pour la réputation de notre nom et pour ton avenir, conclut François.
Me distinguer. Oui. Mais pas pour ça. Jamais pour ça. Pas pour ce qu'il veut que je sois. pensa Paul, avec amertume.
— Oui. Je veillerai à ce que le résultat soit à la hauteur de notre famille, répondit Paul, le plus posément possible, le visage impassible.
La conversation se déplaça ensuite sur les devoirs de Théo et Sophie, puis sur un dossier professionnel de François, et enfin sur les prochains achats pour la maison qu'Anne devait gérer. Paul resta silencieux, mangeant son repas avec discipline. Son esprit était un champ de bataille. Le contact de la main de Yanis, les mots de son père et le secret grandissant qui l'étouffait.
Yanis... il est si loin de tout ça. De ces attentes, de cette prison invisible. Il est libre. Ou il le paraît. Comment fait-il ? Il ne se rend même pas compte de l'effet qu'il a sur moi. Personne ne peut le savoir. Je dois enterrer ça, encore plus profondément. Sous les fondations de ce silence familial.
Chloé, discrètement, lui lança un regard qu'il ne saisit pas entièrement, mais qui contenait une once de curiosité et d'empathie, comme si elle sentait le malaise derrière la façade de son frère.
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lelivredejeremie
10 avril 2026 à 00:26
L'obsession de perfection distillée par le père de Paul, déjà stressé :'(
Soyez respectueux
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OlivX
9 avril 2026 à 10:18
Et bien le pauvre Paul a un père qui lui met une pression dingue.
Visiblement il se doit d'être au top, pas le droit à la normalité, je ne parle même pas de la médiocrité et encore moins de l'échec. Je n'ose imaginer ce que dirait son père s'il découvrait ce qui fait battre le cœur de Paul.
Quelle pression pour se gosse qui n'est pas bien dans sa peau
Soyez respectueux
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