Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 6
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 6
Scène 2 : Les Premiers Mots du Vertige
Paul était toujours figé sur sa chaise, comme si un sort l'avait cloué au bois. Tout son corps était tendu. Il sentit le regard de Madame Bernard se poser tour à tour sur lui et sur Yanis, avec une légère impatience dans son expression. Ce regard, bien que bienveillant, était pour Paul une injonction insupportable à agir. Il sentit son cœur, déjà martelant contre ses côtes, s'emballer encore davantage. Son cerveau était un brouillard, incapable de formuler la moindre pensée cohérente sur les sujets d'histoire ou sur la composition improbable de ce nouveau binôme de travail.
Après que Madame Bernard eut invité Yanis à rejoindre sa place d'un geste de la main, il marcha avec une fluidité déconcertante, puis s'assit. Il se tourna vers Paul. Son regard était neutre, mais plein d'attente. Il n'avait pas l'air pressé. Puis, au lieu de parler à distance comme la plupart des élèves, il se leva et, d'une démarche calme et assurée, vint s'asseoir à la table libre juste à côté de Paul. Le dossier de sa chaise heurta légèrement celle de Paul. Le contact fut minime, imperceptible pour quiconque, mais pour Paul, ce fut une décharge électrique. La simple proximité physique de Yanis, son corps si proche du sien, envoyait des ondes de chaleur à travers Paul, faisant picoter sa peau. L'odeur subtile de Yanis, un mélange frais de savon et de quelque chose de plus boisé, presque indescriptible, parvint aux narines de Paul, l'enveloppant et troublant encore plus ses sens. Yanis s'assit, une légère inflexion dans sa posture, comme s'il était prêt à engager la conversation, les yeux rivés sur Paul.
Un silence s'installa, lourd de l'inexpérience sociale des deux adolescents et de la gêne de Paul. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient aussi proches l'un de l'autre. Cette absence de dialogue était l'occasion pour Paul de découvrir Yanis d'aussi près, d'observer du coin de l'œil ce garçon qui lui semblait tellement inaccessible. Yanis brisa le silence avec une voix basse mais claire.
— Alors... On est ensemble pour l'exposé, murmura-t-il.
Il y avait une pointe d'amusement ou de simple constatation dans son ton. Paul, le souffle coupé par la proximité et la voix de Yanis, peina à articuler.
— Oui... on dirait bien.
Ses mots étaient à peine audibles. Le binôme resta silencieux un instant, comme deux inconnus forcés de collaborer, tous deux un peu timides à l'idée d'engager la conversation. Paul n'osa pas regarder Yanis directement, ses yeux fixant un point imaginaire sur la table.
— Alors... On est ensemble pour l'exposé, murmura-t-il.
Il y avait une pointe d'amusement ou de simple constatation dans son ton. Paul, le souffle coupé par la proximité et la voix de Yanis, peina à articuler.
— Oui... on dirait bien.
Ses mots étaient à peine audibles. Le binôme resta silencieux un instant, comme deux inconnus forcés de collaborer, tous deux un peu timides à l'idée d'engager la conversation. Paul n'osa pas regarder Yanis directement, ses yeux fixant un point imaginaire sur la table.
Madame Bernard, qui avait fini de former tous les binômes, demanda aux élèves de choisir le sujet qu'ils souhaitaient pour leur exposé d'ici la fin du cours. Voyant que Paul et Yanis ne discutaient pas ensemble, elle les interrogea.
— Alors, Paul, Yanis, vous avez fait votre choix ? Il ne reste plus beaucoup de temps, les autres binômes ont déjà presque tous fait
leur choix.
— On y réfléchit encore, Madame, répondit Yanis sereinement.
— Alors, Paul, Yanis, vous avez fait votre choix ? Il ne reste plus beaucoup de temps, les autres binômes ont déjà presque tous fait
leur choix.
— On y réfléchit encore, Madame, répondit Yanis sereinement.
Paul fut pris au dépourvu par la question directe et l'urgence. Il sentit sa gorge se nouer encore plus. Un bourdonnement dans ses oreilles masquait les bruits de la classe. Ses yeux parcoururent fébrilement la liste des sujets au tableau, mais les mots dansaient devant ses yeux, privés de sens. Il était incapable de prendre une décision, paralysé par la présence de Yanis et la pression.
Yanis, percevant l'embarras de Paul, intervint calmement, sa voix posée, rompant le silence pesant.
— Et si on prenait « La Chute du Mur de Berlin » ? Ça a l'air intéressant.
Paul fut surpris par la proposition de Yanis, et surtout par la rapidité et l'assurance de sa décision. Un mélange paradoxal de soulagement et de malaise inondait Paul.
Il a choisi. Il a choisi pour nous. Je n'ai même pas pu ouvrir la bouche. Je suis tellement ridicule.
Le sujet, la « chute du mur », résonnait étrangement avec ses propres barrières intérieures, ses propres murailles émotionnelles. C'était comme si Yanis, sans le savoir, avait choisi une métaphore de la vie de Paul.
Paul hocha faiblement la tête, incapable de formuler un mot clair. Puis, comme si une digue venait de céder sous la pression du soulagement et de l'envie de se montrer un tant soit peu compétent face à Yanis, et parce que c'était un sujet qu'il maîtrisait un peu, il ajouta, presque sans y penser, un flot de justifications précipitées.
— C'est un excellent choix, oui. La portée symbolique est immense : la fin de la Guerre Froide, la réunification, l'espoir d'un monde nouveau... et puis, il y a tellement de sources, des témoignages, des images...
Il parlait plus pour se rassurer lui-même, pour combler le silence, que pour Yanis, mais son propos servait à justifier implicitement le bon choix de Yanis, créant une première, bien que maladroite, connexion intellectuelle.
Yanis, percevant l'embarras de Paul, intervint calmement, sa voix posée, rompant le silence pesant.
— Et si on prenait « La Chute du Mur de Berlin » ? Ça a l'air intéressant.
Paul fut surpris par la proposition de Yanis, et surtout par la rapidité et l'assurance de sa décision. Un mélange paradoxal de soulagement et de malaise inondait Paul.
Il a choisi. Il a choisi pour nous. Je n'ai même pas pu ouvrir la bouche. Je suis tellement ridicule.
Le sujet, la « chute du mur », résonnait étrangement avec ses propres barrières intérieures, ses propres murailles émotionnelles. C'était comme si Yanis, sans le savoir, avait choisi une métaphore de la vie de Paul.
Paul hocha faiblement la tête, incapable de formuler un mot clair. Puis, comme si une digue venait de céder sous la pression du soulagement et de l'envie de se montrer un tant soit peu compétent face à Yanis, et parce que c'était un sujet qu'il maîtrisait un peu, il ajouta, presque sans y penser, un flot de justifications précipitées.
— C'est un excellent choix, oui. La portée symbolique est immense : la fin de la Guerre Froide, la réunification, l'espoir d'un monde nouveau... et puis, il y a tellement de sources, des témoignages, des images...
Il parlait plus pour se rassurer lui-même, pour combler le silence, que pour Yanis, mais son propos servait à justifier implicitement le bon choix de Yanis, créant une première, bien que maladroite, connexion intellectuelle.
Madame Bernard, satisfaite de leur choix, leur adressa son enthousiasme.
— Parfait ! « La Chute du Mur de Berlin », c'est noté. Excellent sujet ! Vous avez jusqu'à la semaine prochaine pour l'introduction et le plan détaillé. N'oubliez pas les sources fiables !
— Parfait ! « La Chute du Mur de Berlin », c'est noté. Excellent sujet ! Vous avez jusqu'à la semaine prochaine pour l'introduction et le plan détaillé. N'oubliez pas les sources fiables !
La sonnerie résonna dans le lycée pour indiquer la fin du cours. Yanis ramassa tranquillement ses affaires, sans précipitation, mais avec efficacité. Il jeta un bref regard à Paul, un regard qui semblait inviter à une prochaine étape, une suite logique à cette première interaction forcée. Il y avait un soupçon de curiosité ou de défi dans ce regard, ou peut-être était-ce Paul qui le percevait ainsi. Puis, sans un mot de plus, Yanis quitta la salle, sa silhouette élancée disparaissant dans le couloir. Paul resta seul, la chaleur de Yanis persistant un instant à ses côtés, submergé par ses pensées tourbillonnantes.
Qu'est-ce qu'il pensait ? Est-ce qu'il a remarqué que j'étais… paniqué ? Maintenant, je suis vraiment coincé. On va devoir se voir pour l'exposé. Il va falloir lui parler. Des heures… Pourquoi est-ce que sa simple présence me fait cet effet ? Cette chaleur, cette panique…
Qu'est-ce qu'il pensait ? Est-ce qu'il a remarqué que j'étais… paniqué ? Maintenant, je suis vraiment coincé. On va devoir se voir pour l'exposé. Il va falloir lui parler. Des heures… Pourquoi est-ce que sa simple présence me fait cet effet ? Cette chaleur, cette panique…
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