Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 35
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 35
Chapitre 9 La Synergie et le Vertige
Scène 1 : Les Échos de la Veille
L'aube douce et voilée filtrait avec timidité à travers les épais rideaux, n'éclairant que parcimonieusement la vaste chambre de Paul. Une quiétude pesante, presque étouffante, régnait, contrastant brutalement avec le tumulte chaotique et les échos persistants de la veille qui agitaient son esprit. L'air était frais, presque piquant, mais une chaleur interne, étrangère l'habitait.
Il se réveilla en sursaut, non pas par son réveil, mais par une vague de sensations brûlantes qui le submergea. Un frisson inattendu et désagréable parcourut son corps malgré la chaleur enveloppante de sa couette. Ses draps d'ordinaire si apaisants semblaient le retenir prisonnier d'un rêve éveillé. Il resta immobile, les yeux grands ouverts, fixant le plafond immaculé de sa chambre. La perfection des moulures, la blancheur clinique, tout lui semblait soudainement vide et dénué de sens : incapable de contenir le désordre qui bouillonnait en lui.
Son esprit était un écran où se rejouaient en boucle les scènes de la veille : le vacarme étouffé du gymnase, le grincement des chaussures sur le parquet, l'odeur âcre de la sueur et du déodorant dans les vestiaires, et surtout, l'image sculpturale de Yanis sous la douche — l'eau ruisselant sur sa peau après l'effort, accentuant la finesse de ses muscles. Chaque détail était gravé avec une précision obsédante. Le corps de Yanis en mouvement, sa concentration sur le terrain, puis le relâchement sous l'eau.
Il se leva d'un bond, comme pour échapper à cette torpeur hypnotique. Il effectua sa routine matinale avec une précision quasi robotique, une tentative désespérée de reprendre le contrôle de son corps et de son esprit. Sous la douche, l'eau chaude ne parvenait pas à apaiser la chaleur diffuse qui l'habitait. Il se frotta vigoureusement, comme s'il pouvait laver non seulement la sueur de son sommeil agité, mais aussi les pensées intrusives.
Une fois séché et légèrement rafraîchi, il enfila un jean simple, un T-shirt uni, puis un pull fin de couleur neutre. Chaque vêtement était choisi pour sa capacité à camoufler, à le rendre moins visible, moins remarquable. Il cherchait une armure, tant vestimentaire que mentale.
L'exposé. L'histoire. Le passé. Je dois être irréprochable. Le surdoué. L'intello qui ne pense qu'aux études. C'est mon armure. Ma seule façon d'impressionner Yanis sans montrer… sans montrer quoi ?
Il descendit ensuite les escaliers, chaque marche résonnant dans le silence oppressant de la grande maison. La salle à manger était impeccable, la table dressée avec précision. Son père était déjà parti pour son travail. Sa mère, si elle était présente, restait dans l'ombre, probablement occupée ailleurs dans la maison, ou plongée dans ses affaires. Paul s'assit seul à un coin de la longue table. Il prit son petit-déjeuner : une tasse de café qu'il ne buvait que par habitude, des céréales qu'il mastiquait sans plaisir — la nourriture ne lui apportait ni satiété ni consolation. Le silence, écrasant, n'était interrompu que par le léger tintement de sa cuillère contre la céramique. Il se sentait incroyablement seul, le poids de cette solitude matinale accentuant encore son isolement. C'est dans ce vide que ses pensées tourbillonnaient avec le plus d'intensité.
Après le petit-déjeuner, il remonta pour se brosser les dents avec une intensité inhabituelle, le goût mentholé du dentifrice agissait comme un léger choc, le ramenant à la réalité présente, comme pour effacer le vide de l'instant précédent. Il évita ostensiblement son reflet dans le grand miroir de la salle de bain. Il redoutait d'y lire non seulement l'anxiété qui nouait ses traits, mais aussi, et surtout, l'ombre d'un désir naissant qu'il refusait d'identifier, qu'il s'efforçait de refouler. Il ne voulait pas voir la personne qu'il était en train de devenir.
Scène 1 : Les Échos de la Veille
L'aube douce et voilée filtrait avec timidité à travers les épais rideaux, n'éclairant que parcimonieusement la vaste chambre de Paul. Une quiétude pesante, presque étouffante, régnait, contrastant brutalement avec le tumulte chaotique et les échos persistants de la veille qui agitaient son esprit. L'air était frais, presque piquant, mais une chaleur interne, étrangère l'habitait.
Il se réveilla en sursaut, non pas par son réveil, mais par une vague de sensations brûlantes qui le submergea. Un frisson inattendu et désagréable parcourut son corps malgré la chaleur enveloppante de sa couette. Ses draps d'ordinaire si apaisants semblaient le retenir prisonnier d'un rêve éveillé. Il resta immobile, les yeux grands ouverts, fixant le plafond immaculé de sa chambre. La perfection des moulures, la blancheur clinique, tout lui semblait soudainement vide et dénué de sens : incapable de contenir le désordre qui bouillonnait en lui.
Son esprit était un écran où se rejouaient en boucle les scènes de la veille : le vacarme étouffé du gymnase, le grincement des chaussures sur le parquet, l'odeur âcre de la sueur et du déodorant dans les vestiaires, et surtout, l'image sculpturale de Yanis sous la douche — l'eau ruisselant sur sa peau après l'effort, accentuant la finesse de ses muscles. Chaque détail était gravé avec une précision obsédante. Le corps de Yanis en mouvement, sa concentration sur le terrain, puis le relâchement sous l'eau.
Il se leva d'un bond, comme pour échapper à cette torpeur hypnotique. Il effectua sa routine matinale avec une précision quasi robotique, une tentative désespérée de reprendre le contrôle de son corps et de son esprit. Sous la douche, l'eau chaude ne parvenait pas à apaiser la chaleur diffuse qui l'habitait. Il se frotta vigoureusement, comme s'il pouvait laver non seulement la sueur de son sommeil agité, mais aussi les pensées intrusives.
Une fois séché et légèrement rafraîchi, il enfila un jean simple, un T-shirt uni, puis un pull fin de couleur neutre. Chaque vêtement était choisi pour sa capacité à camoufler, à le rendre moins visible, moins remarquable. Il cherchait une armure, tant vestimentaire que mentale.
L'exposé. L'histoire. Le passé. Je dois être irréprochable. Le surdoué. L'intello qui ne pense qu'aux études. C'est mon armure. Ma seule façon d'impressionner Yanis sans montrer… sans montrer quoi ?
Il descendit ensuite les escaliers, chaque marche résonnant dans le silence oppressant de la grande maison. La salle à manger était impeccable, la table dressée avec précision. Son père était déjà parti pour son travail. Sa mère, si elle était présente, restait dans l'ombre, probablement occupée ailleurs dans la maison, ou plongée dans ses affaires. Paul s'assit seul à un coin de la longue table. Il prit son petit-déjeuner : une tasse de café qu'il ne buvait que par habitude, des céréales qu'il mastiquait sans plaisir — la nourriture ne lui apportait ni satiété ni consolation. Le silence, écrasant, n'était interrompu que par le léger tintement de sa cuillère contre la céramique. Il se sentait incroyablement seul, le poids de cette solitude matinale accentuant encore son isolement. C'est dans ce vide que ses pensées tourbillonnaient avec le plus d'intensité.
Après le petit-déjeuner, il remonta pour se brosser les dents avec une intensité inhabituelle, le goût mentholé du dentifrice agissait comme un léger choc, le ramenant à la réalité présente, comme pour effacer le vide de l'instant précédent. Il évita ostensiblement son reflet dans le grand miroir de la salle de bain. Il redoutait d'y lire non seulement l'anxiété qui nouait ses traits, mais aussi, et surtout, l'ombre d'un désir naissant qu'il refusait d'identifier, qu'il s'efforçait de refouler. Il ne voulait pas voir la personne qu'il était en train de devenir.
Scène 2 : Le Duel des Apparences
L'agitation habituelle et cacophonique de Saint-Exupéry battait son plein. Le bruit constant des conversations, des rires, des claquements de casiers et des pas précipités dans les couloirs créait une bande sonore frénétique. C'était un maelström sensoriel qui, paradoxalement, accentuait l'intensité suspendue des regards qui se croisaient, tels des points fixes dans un chaos. Les néons du plafond grésillaient légèrement, et la lumière naturelle, filtrée par de grandes fenêtres aux vitres souvent un peu sales, donnait aux murs institutionnels une teinte morne.
Paul avançait dans le couloir bondé, son corps étrangement rigide. Son dos était droit, presque tendu, comme s'il cherchait à se rendre plus fin, à occuper le moins d'espace possible. Son cartable, lourd de manuels et de la pression du travail, était serré contre lui, tel un bouclier improvisé. Ses yeux étaient rivés sur le sol devant ses chaussures, puis sur les affiches scolaires placardées sur les murs — affiches qu'il ne voyait pas réellement mais qu'il utilisait comme prétexte pour éviter tout contact visuel direct. Chaque pas était calculé, tentative désespérée de se fondre dans la masse, d'être invisible.
Malgré sa volonté de passer inaperçu, son corps était en alerte maximale, ses sens décuplés. L'air, saturé des odeurs de transpiration adolescente, de produits nettoyants et du léger effluve de la cantine, lui parvenait avec une acuité nouvelle. Le brouhaha ambiant devenait une symphonie cacophonique où chaque voix, chaque rire, semblait amplifié.
Soudain, il ressentit la présence de Yanis. Pas de manière visuelle ni auditive, mais comme une vague de chaleur lointaine, une onde de choc qui lui parvint avant même que ses yeux n'aient distingué la silhouette. Un frisson froid et électrisant parcourut sa colonne vertébrale, remontant jusqu'à la nuque. C'était la même sensation étrange que la veille.
Contre toute volonté, comme aimanté, il leva la tête. Leurs regards se rencontrèrent. Ce n'était pas un simple croisement d'yeux. D'abord furtif, un éclair de surprise dans les siens ; puis, le regard s'allongea et s'intensifia. Le chaos du couloir sembla ralentir, se taire. Leurs yeux, les sombres de Yanis et les anxieux de Paul, se verrouillèrent l'un à l'autre pendant une fraction de seconde qui parut une éternité. Paul perçut dans le regard profond et insondable de Yanis non pas du jugement, mais une pointe d'interrogation, une curiosité qui l'agita encore davantage.
Mais pourquoi ce regard me déstabilise-t-il à ce point ?
Paul, submergé par l'intensité de ce contact et la chaleur qui montait à son visage, détourna brusquement les yeux. Sa tête pivota comme sous l'effet d'une décharge électrique. Son cœur se mit à battre la chamade, des coups sourds et rapides résonnant dans ses tempes. Ses joues s'empourprèrent malgré tous ses efforts pour rester de marbre. Le front en sueur, il accéléra le pas, presque en course, cherchant refuge dans la porte entrouverte de sa prochaine salle de cours ; la foule d'étudiants servant de voile à sa fuite.
Sa stratégie de dissimulation s'imposait à nouveau :
Je dois me concentrer sur le travail. C'est ça. La seule chose qui compte. Mon cerveau. Mon intelligence. C'est ma seule arme, ma seule façon de lui prouver que je ne suis pas juste… un type bizarre et maladroit qui rougit pour rien.
Un mélange de fascination et de peur le rongeait :
La veille, dans le vestiaire. Les muscles de Yanis, la façon dont la lumière du gymnase jouait sur sa peau, son odeur mêlée de transpiration et de gel douche…
Tout cela remontait, l'envahissait. C'était une vague, chaude et froide, qui le submergeait et le tétanisait. Comment pouvait-il penser à ça au milieu d'un couloir ? La pression du jugement était implacable :
Il ne doit pas penser que je suis étrange. Plus étrange que je ne le suis déjà par ces réactions passées face à Yanis. Chaque fois, je fuis, je bredouille, je me cache. Il doit me prendre pour un simplet.
Une bouffée de honte lancinante le submergea.
Paul avançait dans le couloir bondé, son corps étrangement rigide. Son dos était droit, presque tendu, comme s'il cherchait à se rendre plus fin, à occuper le moins d'espace possible. Son cartable, lourd de manuels et de la pression du travail, était serré contre lui, tel un bouclier improvisé. Ses yeux étaient rivés sur le sol devant ses chaussures, puis sur les affiches scolaires placardées sur les murs — affiches qu'il ne voyait pas réellement mais qu'il utilisait comme prétexte pour éviter tout contact visuel direct. Chaque pas était calculé, tentative désespérée de se fondre dans la masse, d'être invisible.
Malgré sa volonté de passer inaperçu, son corps était en alerte maximale, ses sens décuplés. L'air, saturé des odeurs de transpiration adolescente, de produits nettoyants et du léger effluve de la cantine, lui parvenait avec une acuité nouvelle. Le brouhaha ambiant devenait une symphonie cacophonique où chaque voix, chaque rire, semblait amplifié.
Soudain, il ressentit la présence de Yanis. Pas de manière visuelle ni auditive, mais comme une vague de chaleur lointaine, une onde de choc qui lui parvint avant même que ses yeux n'aient distingué la silhouette. Un frisson froid et électrisant parcourut sa colonne vertébrale, remontant jusqu'à la nuque. C'était la même sensation étrange que la veille.
Contre toute volonté, comme aimanté, il leva la tête. Leurs regards se rencontrèrent. Ce n'était pas un simple croisement d'yeux. D'abord furtif, un éclair de surprise dans les siens ; puis, le regard s'allongea et s'intensifia. Le chaos du couloir sembla ralentir, se taire. Leurs yeux, les sombres de Yanis et les anxieux de Paul, se verrouillèrent l'un à l'autre pendant une fraction de seconde qui parut une éternité. Paul perçut dans le regard profond et insondable de Yanis non pas du jugement, mais une pointe d'interrogation, une curiosité qui l'agita encore davantage.
Mais pourquoi ce regard me déstabilise-t-il à ce point ?
Paul, submergé par l'intensité de ce contact et la chaleur qui montait à son visage, détourna brusquement les yeux. Sa tête pivota comme sous l'effet d'une décharge électrique. Son cœur se mit à battre la chamade, des coups sourds et rapides résonnant dans ses tempes. Ses joues s'empourprèrent malgré tous ses efforts pour rester de marbre. Le front en sueur, il accéléra le pas, presque en course, cherchant refuge dans la porte entrouverte de sa prochaine salle de cours ; la foule d'étudiants servant de voile à sa fuite.
Sa stratégie de dissimulation s'imposait à nouveau :
Je dois me concentrer sur le travail. C'est ça. La seule chose qui compte. Mon cerveau. Mon intelligence. C'est ma seule arme, ma seule façon de lui prouver que je ne suis pas juste… un type bizarre et maladroit qui rougit pour rien.
Un mélange de fascination et de peur le rongeait :
La veille, dans le vestiaire. Les muscles de Yanis, la façon dont la lumière du gymnase jouait sur sa peau, son odeur mêlée de transpiration et de gel douche…
Tout cela remontait, l'envahissait. C'était une vague, chaude et froide, qui le submergeait et le tétanisait. Comment pouvait-il penser à ça au milieu d'un couloir ? La pression du jugement était implacable :
Il ne doit pas penser que je suis étrange. Plus étrange que je ne le suis déjà par ces réactions passées face à Yanis. Chaque fois, je fuis, je bredouille, je me cache. Il doit me prendre pour un simplet.
Une bouffée de honte lancinante le submergea.
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