Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 100
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 100
Scène 12 : Le Froid de la Réalité
Paul s'installa à la table du petit-déjeuner. Il tenta de se réconforter à l'idée de son rapprochement avec Yanis le lendemain. Sa tête s'était remplie de scénarios, de moments de pure joie et de complicité ; l'attente du jour suivant lui donnait l'énergie nécessaire pour affronter cette journée de dimanche.
Paul posa sa tasse de café fumant sur la table, la vapeur s'élevant dans l'air matinal. La cuisine, baignée d'une lumière douce, était un havre de paix, une bulle hors du temps, une bulle qui ne volerait en éclats que lorsque son père lirait le journal. Le journal était une source d'information, mais aussi de conflit au sein de la famille. Sa mère s'activait en silence, le tintement des couverts et le grésillement du pain étant les seuls sons à perturber l'ambiance. Le silence était presque agréable, Paul but une gorgée de café dont la chaleur l'apaisa. Son père, François, avait le regard rivé sur son journal, ses sourcils froncés, sa main droite posée sur le menton. Paul ne se souciait pas de ce que son père lisait, se concentrant plutôt sur son téléphone posé sur la table. Il sentait la batterie se recharger lentement, l'icône de la petite pile s'allumant, s'éteignant, encore et encore. Un sentiment de chaleur l'envahit, un sourire se forma sur son visage. Il s'apprêtait à prendre son téléphone pour envoyer un message à Yanis, quand il entendit la voix de son père. Une voix grave, profonde, qui résonnait dans la pièce.
— Incroyable, on vit une époque où tout part à vau-l'eau, où les gens n'ont plus de valeurs.
Son père baissa le journal et le regarda, les sourcils toujours froncés. Paul sentit son cœur battre un peu plus vite. Il leva la tête vers son père ; sa mère l'observait elle aussi, les yeux grands ouverts. La mère de Paul ne disait rien, se contentant de fixer son mari. Son père, François, n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter là.
— Écoutez ça. C'est dans le journal, un article sur l'évolution de la famille en France. Ils disent que les mariages homosexuels sont en augmentation, que les couples de même sexe se marient, adoptent... C'est à se demander où on va !
Paul, de son côté, tenta de se rassurer. Cette fois-ci, ce n'était pas son père qui parlait, mais son père qui lisait. Il était seulement en colère contre un article, rien de plus. Il pouvait toujours l'ignorer. Mais il sentit qu'il était trop tard pour le faire.
Son père posa le journal sur la table, ses yeux fixant Paul. Paul sentit un frisson courir le long de sa colonne vertébrale. C'était comme si son père savait, comme s'il lisait dans ses pensées.
— Et le pire, c'est ce qu'ils disent sur les enfants de pédés. L'article prétend que ces enfants n'ont pas de problème, qu'ils sont aussi épanouis que les autres. C'est absurde ! Je ne pourrai jamais accepter ça. Surtout pas dans notre famille.
Il pointa le journal du doigt, le visage écarlate de colère.
— Regarde-moi ces chiffres ! On a plus de 200 000 enfants qui grandissent dans ce genre de foyers aujourd'hui en France ! Et on ose dire que c'est normal ? On a aussi 7 000 mariages de couples de même sexe en seulement une année, ça me donne la nausée ! On est en train de perdre pied ! Je ne peux pas accepter ça. Je ne pourrai jamais accepter que nos enfants soient comme ça !
Paul posa sa tasse de café fumant sur la table, la vapeur s'élevant dans l'air matinal. La cuisine, baignée d'une lumière douce, était un havre de paix, une bulle hors du temps, une bulle qui ne volerait en éclats que lorsque son père lirait le journal. Le journal était une source d'information, mais aussi de conflit au sein de la famille. Sa mère s'activait en silence, le tintement des couverts et le grésillement du pain étant les seuls sons à perturber l'ambiance. Le silence était presque agréable, Paul but une gorgée de café dont la chaleur l'apaisa. Son père, François, avait le regard rivé sur son journal, ses sourcils froncés, sa main droite posée sur le menton. Paul ne se souciait pas de ce que son père lisait, se concentrant plutôt sur son téléphone posé sur la table. Il sentait la batterie se recharger lentement, l'icône de la petite pile s'allumant, s'éteignant, encore et encore. Un sentiment de chaleur l'envahit, un sourire se forma sur son visage. Il s'apprêtait à prendre son téléphone pour envoyer un message à Yanis, quand il entendit la voix de son père. Une voix grave, profonde, qui résonnait dans la pièce.
— Incroyable, on vit une époque où tout part à vau-l'eau, où les gens n'ont plus de valeurs.
Son père baissa le journal et le regarda, les sourcils toujours froncés. Paul sentit son cœur battre un peu plus vite. Il leva la tête vers son père ; sa mère l'observait elle aussi, les yeux grands ouverts. La mère de Paul ne disait rien, se contentant de fixer son mari. Son père, François, n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter là.
— Écoutez ça. C'est dans le journal, un article sur l'évolution de la famille en France. Ils disent que les mariages homosexuels sont en augmentation, que les couples de même sexe se marient, adoptent... C'est à se demander où on va !
Paul, de son côté, tenta de se rassurer. Cette fois-ci, ce n'était pas son père qui parlait, mais son père qui lisait. Il était seulement en colère contre un article, rien de plus. Il pouvait toujours l'ignorer. Mais il sentit qu'il était trop tard pour le faire.
Son père posa le journal sur la table, ses yeux fixant Paul. Paul sentit un frisson courir le long de sa colonne vertébrale. C'était comme si son père savait, comme s'il lisait dans ses pensées.
— Et le pire, c'est ce qu'ils disent sur les enfants de pédés. L'article prétend que ces enfants n'ont pas de problème, qu'ils sont aussi épanouis que les autres. C'est absurde ! Je ne pourrai jamais accepter ça. Surtout pas dans notre famille.
Il pointa le journal du doigt, le visage écarlate de colère.
— Regarde-moi ces chiffres ! On a plus de 200 000 enfants qui grandissent dans ce genre de foyers aujourd'hui en France ! Et on ose dire que c'est normal ? On a aussi 7 000 mariages de couples de même sexe en seulement une année, ça me donne la nausée ! On est en train de perdre pied ! Je ne peux pas accepter ça. Je ne pourrai jamais accepter que nos enfants soient comme ça !
Ces mots, qui n'étaient pas censés lui être adressés en particulier, car Paul était certain que son père n'avait aucune connaissance de ce qui s'était passé ces derniers jours entre Yanis et lui, le frappèrent de plein fouet. Son cœur se mit à battre la chamade, pendant que ses mains commencèrent à trembler. Paul se sentit personnellement visé. Chaque mot, chaque phrase, chaque menace semblait être une flèche empoisonnée lancée directement sur lui. Il fut submergé par une vague de panique, une peur viscérale qui se nichait au creux de son estomac.
Paul regarda son père, la peur lisible sur le visage. Devant la colère dans les yeux de son père et la menace dans sa voix, il se sentit si petit, si insignifiant. La voix de son père résonnait encore dans sa tête. « Je ne pourrai jamais accepter que nos enfants soient comme ça. » Paul ne put s'empêcher de se demander ce qui allait se passer si un jour, il s'aventurait à être lui-même. Il avait peur. Il avait peur de décevoir, d'être jugé, d'être mis au ban.
Son père se leva, le regard encore plus sombre. Sa mère, qui le considérait avec pitié, essaya de lui parler, mais il la coupa.
— Tu ne dis rien. C'est à moi de parler. Je ne peux pas laisser les choses se passer de cette façon.
Il se tourna vers Paul, et son regard devint plus doux, plus tendre. Il essaya de le rassurer.
— Je ne dis pas ça pour toi, mon fils. Je sais que tu n'es pas comme ça.
Les mots de son père, à l'origine rassurants, réveillèrent chez Paul un sentiment d'injustice et d'incompréhension. Non, son père ne savait pas. S'il savait, il ne l'aurait pas observé avec cet air de pitié. Paul se sentit comme un imposteur, un traître. Il se sentit coupable, et il n'y avait rien qu'il puisse faire pour changer cela ; il trompait sa propre famille.
La peur était la seule chose que Paul ressentait. Cette angoisse qui l'avait toujours accompagné, cette crainte d'être différent, d'être rejeté par sa famille. Son père, sans le savoir, avait ravivé ses plus sombres démons.
La tension monta dans la pièce, une lourdeur qui n'était plus de la colère, mais un accord silencieux. Anne, la mère de Paul, posa délicatement sa tasse, ses yeux fixant son mari avec une expression de résignation et de soutien. Elle ne contredit pas ses propos. Au lieu de cela, elle acquiesça doucement, sa voix plus posée, mais non moins froide que celle de son mari.
— François a raison, murmura-t-elle, son regard se posant sur Paul, un regard chargé de pitié. C'est une question de ce qui est normal et juste pour la famille.
La voix de sa mère, si douce d'ordinaire, prenait une intonation qui serrait le cœur de Paul. Il comprit que même si elle ne hurlait pas, elle croyait aux mêmes principes que son père, la même peur que leur fils ne s'écarte de la route qu'ils avaient tracée pour lui. Paul ne les entendait plus, perdu dans ses pensées et ses peurs. Il observa son père se lever, la colère toujours visible dans ses yeux, et se sentit si petit, si insignifiant. Son père, sans le savoir, venait de briser le seul sentiment d'espoir et de bonheur que Paul avait ressenti depuis des années, celui de son rapprochement avec Yanis. La peur était la seule chose qui lui restait.
Paul regarda son père, la peur lisible sur le visage. Devant la colère dans les yeux de son père et la menace dans sa voix, il se sentit si petit, si insignifiant. La voix de son père résonnait encore dans sa tête. « Je ne pourrai jamais accepter que nos enfants soient comme ça. » Paul ne put s'empêcher de se demander ce qui allait se passer si un jour, il s'aventurait à être lui-même. Il avait peur. Il avait peur de décevoir, d'être jugé, d'être mis au ban.
Son père se leva, le regard encore plus sombre. Sa mère, qui le considérait avec pitié, essaya de lui parler, mais il la coupa.
— Tu ne dis rien. C'est à moi de parler. Je ne peux pas laisser les choses se passer de cette façon.
Il se tourna vers Paul, et son regard devint plus doux, plus tendre. Il essaya de le rassurer.
— Je ne dis pas ça pour toi, mon fils. Je sais que tu n'es pas comme ça.
Les mots de son père, à l'origine rassurants, réveillèrent chez Paul un sentiment d'injustice et d'incompréhension. Non, son père ne savait pas. S'il savait, il ne l'aurait pas observé avec cet air de pitié. Paul se sentit comme un imposteur, un traître. Il se sentit coupable, et il n'y avait rien qu'il puisse faire pour changer cela ; il trompait sa propre famille.
La peur était la seule chose que Paul ressentait. Cette angoisse qui l'avait toujours accompagné, cette crainte d'être différent, d'être rejeté par sa famille. Son père, sans le savoir, avait ravivé ses plus sombres démons.
La tension monta dans la pièce, une lourdeur qui n'était plus de la colère, mais un accord silencieux. Anne, la mère de Paul, posa délicatement sa tasse, ses yeux fixant son mari avec une expression de résignation et de soutien. Elle ne contredit pas ses propos. Au lieu de cela, elle acquiesça doucement, sa voix plus posée, mais non moins froide que celle de son mari.
— François a raison, murmura-t-elle, son regard se posant sur Paul, un regard chargé de pitié. C'est une question de ce qui est normal et juste pour la famille.
La voix de sa mère, si douce d'ordinaire, prenait une intonation qui serrait le cœur de Paul. Il comprit que même si elle ne hurlait pas, elle croyait aux mêmes principes que son père, la même peur que leur fils ne s'écarte de la route qu'ils avaient tracée pour lui. Paul ne les entendait plus, perdu dans ses pensées et ses peurs. Il observa son père se lever, la colère toujours visible dans ses yeux, et se sentit si petit, si insignifiant. Son père, sans le savoir, venait de briser le seul sentiment d'espoir et de bonheur que Paul avait ressenti depuis des années, celui de son rapprochement avec Yanis. La peur était la seule chose qui lui restait.
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