Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 46
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 46
Scène 6 : L'Intimité des Frères
Après le dîner, Yanis avait monté les escaliers deux par deux, un peu las, le corps encore tendu par l'effort de la piscine et les pensées persistantes de Paul. Il entra dans la chambre, où Léo était déjà allongé sur son lit, par-dessus les draps, entièrement habillé de son jean et de son T-shirt du groupe, le nez plongé dans un roman graphique, la lumière de sa petite lampe de chevet projetant des ombres sur les murs. Yanis enfila son pyjama, jeta ses vêtements dans le panier à linge et se glissa sous sa couette. Le silence de la chambre, interrompu seulement par le léger froissement des pages que tournait Léo, était un baume apaisant.
Mais les pensées de Paul, insidieuses, remontaient à la surface : la poignée de main, la sensation de sa paume, le rire de Paul au CDI, si rare et si doux, et l'érection stupide à la piscine.
— Alors, ton exposé sur le Mur de Berlin, ça s'est bien passé ? murmura Léo, sans lever les yeux de son livre.
Yanis hésita, tournant la tête vers le mur, puis se ravisa, se tournant finalement vers son frère. Il savait que Léo était un confident sûr, un roc sur lequel il pouvait s'appuyer. Il n'allait pas lui parler de l'érection, bien sûr, mais le reste… il sentait le besoin d'en parler, même en filigrane.
— Oui, ça a été, répondit Yanis, sa voix plus basse qu'à l'habitude. Le sujet est intéressant. Et Paul… il est pas mal.
Léo ferma son livre, le posa sur la table de nuit et se tourna complètement vers Yanis, son regard pétillant d'une curiosité amusée.
— Ah bon ? Pas mal ? C'est le genre qui te fait rester silencieux pendant le dîner. Ça veut dire qu'il te plaît, non ?
Il sourit, un sourire en coin.
Yanis sentit une légère rougeur lui monter aux joues, même dans la pénombre. Il ricana faiblement.
— N'importe quoi. Il est juste… calme et intelligent. Il a une façon de voir les choses que j'aime bien. Profonde. Et il est… sensible. On a parlé des émotions des gens au Mur, et il semblait vraiment comprendre. Il… il a un côté inattendu.
Léo le fixa un instant, ses yeux verts sondant le visage de Yanis.
— Ah. Sensible, hein. C'est rare chez les mecs de notre âge, non ?
— Oui. Et puis… il est pas comme les autres. Il est… discret. Mais pas effacé. Il y a quelque chose derrière tout ça. Un mystère.
Un mystère que j'ai envie de percer. Terriblement. Mais comment dire à Léo que la main de Paul, cette simple poignée de main, m'a traversé ? Que ça a fait quelque chose que je n'arrive pas à rationaliser ? Qu'il y a cette chaleur, cette énergie qui persiste ? Que mon corps a réagi… bizarrement… à la piscine, juste en pensant à lui ? Non. Pas ça. Pas encore. Mais le dire à voix haute, même en tournant autour du pot, ça me ferait du bien. Ça rendrait Paul plus réel, et mon attirance plus… palpable.
Léo resta silencieux un moment, observant Yanis. Puis, d'un mouvement fluide et totalement dénué de la moindre trace de gêne, il commença à se déshabiller. Il retira son T-shirt par-dessus sa tête, révélant un torse fin. Il dégrafa ensuite son jean et le laissant tomber sur ses chevilles, dévoilant le boxer qu'il portait. Sans même regarder Yanis, sans se soucier du moindre recul, il fit glisser son boxer, se retrouvant complètement nu l'instant d'un soupir. Son corps était parfaitement visible dans la pénombre de la chambre. Puis il enfila son caleçon ample et doux pour la nuit, comme si cette transition par la nudité était la chose la plus naturelle du monde entre eux. Il s'adossa aux oreillers, les bras croisés derrière la tête, parfaitement à l'aise dans sa tenue de nuit. Il attrapa un paquet de chips sur sa table de nuit, l'ouvrit bruyamment.
— Donc, en gros, tu es fasciné. Il n'est pas ton genre habituel de basketteur baraqué, mais il te branche quand même, c'est ça ?
Il tendit le paquet à Yanis.
Yanis prit une chips, la croqua, le son résonnant étrangement dans le silence.
— Je… je ne sais pas. Il est différent. Et oui… il me branche. C'est bizarre, hein ? Il est… hétéro. Complètement hétéro.
Le mot « hétéro » sonnait comme un couperet, comme une barrière infranchissable qu'il s'efforçait de maintenir.
Léo haussa les épaules, le regard grave. Il n'y avait aucun jugement dans ses yeux, juste de la compréhension et une acceptation totale, presque banale. Sa posture détendue, sa nudité partielle, tout chez lui disait : « Je suis là, et je ne te juge pas. » Yanis n'y prêtait d'ailleurs plus vraiment attention, habitué à cette absence totale de gêne chez son demi-frère. Ils s'étaient déjà vus nus l'un et l'autre depuis qu'ils vivaient ensemble. C'était leur normalité. Yanis savait aussi que Léo se masturbait souvent, et il lui arrivait d'entendre les légers bruits venant de son lit ou les soupirs étouffés de son frère dans l'obscurité, sans que cela ne le trouble le moins du monde.
— Écoute, Yanis. Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Et ce n'est pas parce que quelqu'un est hétéro qu'on ne peut pas ressentir des choses. Ce n'est pas toi qui choisis pour qui tu as des sentiments.
Il le regarda avec une affection profonde.
— Et tu sais, on peut parler de tout. Tu n'as pas à porter ça tout seul.
Yanis sentit une vague d'émotion le submerger, mêlée de gratitude et d'une légère gêne. Il n'avait jamais vraiment eu à cacher ses sentiments à Léo. Le fait que Léo le comprenne sans qu'il ait besoin de tout dire était un immense réconfort.
Ils continuèrent à grignoter quelques chips en silence, le bruit des croustilles résonnant doucement. Léo remit son livre sur la table de nuit et éteignit sa lampe.
— Bonne nuit, Yanis, murmura Léo, sa voix déjà teintée de sommeil.
— Bonne nuit, Léo, répondit Yanis, se retournant pour faire face au mur.
Le silence de la chambre devint total. La pénombre s'épaissit. Yanis ferma les yeux, mais l'image de Paul s'imposa aussitôt derrière ses paupières. Paul souriant, Paul concentré, Paul lui tendant la main. La sensation de cette poignée de main revint, vibrante, s'insinuant dans tout son corps : la chaleur, l'énergie. Une érection monta, plus forte et plus rapide que celle qu'il avait eue à la piscine, une réaction incontrôlable à cette image, à ce désir inavoué. Yanis serra les dents. Il attendit, les yeux fixés sur l'obscurité du lit de Léo, tentant de discerner le rythme de sa respiration. Était-il vraiment endormi, assez pour ne rien entendre, pour ne rien remarquer ? Même s'ils n'étaient pas pudiques l'un envers l'autre, Yanis aimait garder cette intimité ultime pour lui et il voulait éviter d'être surpris.
Pourtant, malgré ses doutes sur le sommeil de Léo, la pression de son désir devenait trop forte. Il n'avait plus la force de lutter, ni l'envie de se battre contre ces sensations qui le submergeaient. L'image de Paul, de son sourire et de la chaleur de sa main s'imposait à lui.
Il serra les poings sous sa couette, fermant les yeux très fort. La simple idée que Léo puisse l'entendre ou remarquer quoi que ce soit suffisait à le retenir. Il prit une profonde inspiration, puis une autre, forçant son esprit à se concentrer sur le silence de la chambre et le rythme régulier de sa propre respiration. Il chassa activement le visage de Paul, pensant à la piscine, à l'eau froide, à son exposé sur Berlin... n'importe quoi pour apaiser cette tension.
Lentement, très lentement, la vague de désir commença à refluer, laissant place à une immense fatigue. La journée avait été longue et éprouvante. Le corps était encore vibrant, mais l'épuisement prit le dessus. L'esprit toujours en ébullition et imprégné de Paul, Yanis finit par s'endormir dans un sommeil agité.
Mais les pensées de Paul, insidieuses, remontaient à la surface : la poignée de main, la sensation de sa paume, le rire de Paul au CDI, si rare et si doux, et l'érection stupide à la piscine.
— Alors, ton exposé sur le Mur de Berlin, ça s'est bien passé ? murmura Léo, sans lever les yeux de son livre.
Yanis hésita, tournant la tête vers le mur, puis se ravisa, se tournant finalement vers son frère. Il savait que Léo était un confident sûr, un roc sur lequel il pouvait s'appuyer. Il n'allait pas lui parler de l'érection, bien sûr, mais le reste… il sentait le besoin d'en parler, même en filigrane.
— Oui, ça a été, répondit Yanis, sa voix plus basse qu'à l'habitude. Le sujet est intéressant. Et Paul… il est pas mal.
Léo ferma son livre, le posa sur la table de nuit et se tourna complètement vers Yanis, son regard pétillant d'une curiosité amusée.
— Ah bon ? Pas mal ? C'est le genre qui te fait rester silencieux pendant le dîner. Ça veut dire qu'il te plaît, non ?
Il sourit, un sourire en coin.
Yanis sentit une légère rougeur lui monter aux joues, même dans la pénombre. Il ricana faiblement.
— N'importe quoi. Il est juste… calme et intelligent. Il a une façon de voir les choses que j'aime bien. Profonde. Et il est… sensible. On a parlé des émotions des gens au Mur, et il semblait vraiment comprendre. Il… il a un côté inattendu.
Léo le fixa un instant, ses yeux verts sondant le visage de Yanis.
— Ah. Sensible, hein. C'est rare chez les mecs de notre âge, non ?
— Oui. Et puis… il est pas comme les autres. Il est… discret. Mais pas effacé. Il y a quelque chose derrière tout ça. Un mystère.
Un mystère que j'ai envie de percer. Terriblement. Mais comment dire à Léo que la main de Paul, cette simple poignée de main, m'a traversé ? Que ça a fait quelque chose que je n'arrive pas à rationaliser ? Qu'il y a cette chaleur, cette énergie qui persiste ? Que mon corps a réagi… bizarrement… à la piscine, juste en pensant à lui ? Non. Pas ça. Pas encore. Mais le dire à voix haute, même en tournant autour du pot, ça me ferait du bien. Ça rendrait Paul plus réel, et mon attirance plus… palpable.
Léo resta silencieux un moment, observant Yanis. Puis, d'un mouvement fluide et totalement dénué de la moindre trace de gêne, il commença à se déshabiller. Il retira son T-shirt par-dessus sa tête, révélant un torse fin. Il dégrafa ensuite son jean et le laissant tomber sur ses chevilles, dévoilant le boxer qu'il portait. Sans même regarder Yanis, sans se soucier du moindre recul, il fit glisser son boxer, se retrouvant complètement nu l'instant d'un soupir. Son corps était parfaitement visible dans la pénombre de la chambre. Puis il enfila son caleçon ample et doux pour la nuit, comme si cette transition par la nudité était la chose la plus naturelle du monde entre eux. Il s'adossa aux oreillers, les bras croisés derrière la tête, parfaitement à l'aise dans sa tenue de nuit. Il attrapa un paquet de chips sur sa table de nuit, l'ouvrit bruyamment.
— Donc, en gros, tu es fasciné. Il n'est pas ton genre habituel de basketteur baraqué, mais il te branche quand même, c'est ça ?
Il tendit le paquet à Yanis.
Yanis prit une chips, la croqua, le son résonnant étrangement dans le silence.
— Je… je ne sais pas. Il est différent. Et oui… il me branche. C'est bizarre, hein ? Il est… hétéro. Complètement hétéro.
Le mot « hétéro » sonnait comme un couperet, comme une barrière infranchissable qu'il s'efforçait de maintenir.
Léo haussa les épaules, le regard grave. Il n'y avait aucun jugement dans ses yeux, juste de la compréhension et une acceptation totale, presque banale. Sa posture détendue, sa nudité partielle, tout chez lui disait : « Je suis là, et je ne te juge pas. » Yanis n'y prêtait d'ailleurs plus vraiment attention, habitué à cette absence totale de gêne chez son demi-frère. Ils s'étaient déjà vus nus l'un et l'autre depuis qu'ils vivaient ensemble. C'était leur normalité. Yanis savait aussi que Léo se masturbait souvent, et il lui arrivait d'entendre les légers bruits venant de son lit ou les soupirs étouffés de son frère dans l'obscurité, sans que cela ne le trouble le moins du monde.
— Écoute, Yanis. Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Et ce n'est pas parce que quelqu'un est hétéro qu'on ne peut pas ressentir des choses. Ce n'est pas toi qui choisis pour qui tu as des sentiments.
Il le regarda avec une affection profonde.
— Et tu sais, on peut parler de tout. Tu n'as pas à porter ça tout seul.
Yanis sentit une vague d'émotion le submerger, mêlée de gratitude et d'une légère gêne. Il n'avait jamais vraiment eu à cacher ses sentiments à Léo. Le fait que Léo le comprenne sans qu'il ait besoin de tout dire était un immense réconfort.
Ils continuèrent à grignoter quelques chips en silence, le bruit des croustilles résonnant doucement. Léo remit son livre sur la table de nuit et éteignit sa lampe.
— Bonne nuit, Yanis, murmura Léo, sa voix déjà teintée de sommeil.
— Bonne nuit, Léo, répondit Yanis, se retournant pour faire face au mur.
Le silence de la chambre devint total. La pénombre s'épaissit. Yanis ferma les yeux, mais l'image de Paul s'imposa aussitôt derrière ses paupières. Paul souriant, Paul concentré, Paul lui tendant la main. La sensation de cette poignée de main revint, vibrante, s'insinuant dans tout son corps : la chaleur, l'énergie. Une érection monta, plus forte et plus rapide que celle qu'il avait eue à la piscine, une réaction incontrôlable à cette image, à ce désir inavoué. Yanis serra les dents. Il attendit, les yeux fixés sur l'obscurité du lit de Léo, tentant de discerner le rythme de sa respiration. Était-il vraiment endormi, assez pour ne rien entendre, pour ne rien remarquer ? Même s'ils n'étaient pas pudiques l'un envers l'autre, Yanis aimait garder cette intimité ultime pour lui et il voulait éviter d'être surpris.
Pourtant, malgré ses doutes sur le sommeil de Léo, la pression de son désir devenait trop forte. Il n'avait plus la force de lutter, ni l'envie de se battre contre ces sensations qui le submergeaient. L'image de Paul, de son sourire et de la chaleur de sa main s'imposait à lui.
Il serra les poings sous sa couette, fermant les yeux très fort. La simple idée que Léo puisse l'entendre ou remarquer quoi que ce soit suffisait à le retenir. Il prit une profonde inspiration, puis une autre, forçant son esprit à se concentrer sur le silence de la chambre et le rythme régulier de sa propre respiration. Il chassa activement le visage de Paul, pensant à la piscine, à l'eau froide, à son exposé sur Berlin... n'importe quoi pour apaiser cette tension.
Lentement, très lentement, la vague de désir commença à refluer, laissant place à une immense fatigue. La journée avait été longue et éprouvante. Le corps était encore vibrant, mais l'épuisement prit le dessus. L'esprit toujours en ébullition et imprégné de Paul, Yanis finit par s'endormir dans un sommeil agité.
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