Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 14
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 14
Scène 5 : La Paranoïa
Il était 15h10. La première heure de leur collaboration venait de commencer, et chaque minute s'étirait pour Paul, une éternité de proximité et de sensations intenses. Le temps filait inexorablement, les enfonçant toujours plus profondément dans cette interaction forcée. Ils étaient assis l'un en face de l'autre, des livres étalés sur la table, tentant de se concentrer sur l'exposé. Une scène d'apparence banale : deux étudiants travaillant en binôme. Cependant, l'arrangement était lourd de non-dits et de tensions. Les livres sur la table étaient des boucliers, des points de focalisation pour éviter un contact visuel trop direct. Paul prit une inspiration presque imperceptible, son souffle s'accrochant un peu dans sa gorge. Il se redressa légèrement, resserrant sa prise sur le stylo qu'il tenait. Ses yeux, qui étaient fixés sur sa page de notes, se levèrent un instant vers Yanis, mais ne s'attardèrent pas.
C'est parti. Ne te défile pas. Reste concentré sur l'exposé. Seulement l'exposé.
La tension montait dans sa poitrine. Il se donnait des ordres, un monologue intérieur pour se maintenir sur les rails. Sa voix manquait de la fluidité habituelle, trahissant sa nervosité.
C'est parti. Ne te défile pas. Reste concentré sur l'exposé. Seulement l'exposé.
La tension montait dans sa poitrine. Il se donnait des ordres, un monologue intérieur pour se maintenir sur les rails. Sa voix manquait de la fluidité habituelle, trahissant sa nervosité.
- Donc, on pourrait commencer par la construction du mur...
Il se lança dans une liste préétablie, des points qu'il avait méticuleusement préparés. Chaque mot était articulé avec une précision forcée, sonnant presque récité. Il enchaîna rapidement, sans laisser de véritable pause, comme pour éviter toute interruption ou question imprévue qui le ferait dévier de son script mental. Il énumérait des dates clés, des événements historiques majeurs, s'accrochant désespérément à la logique et aux faits, à ce qui restait prévisible et contrôlable. Sa main libre se posa à plat sur le manuel ouvert devant lui, comme pour s'ancrer, pour se rappeler le but de cette rencontre. Yanis écouta attentivement. Il hocha la tête, ses yeux sombres fixés sur Paul, ce qui provoqua un frisson chez ce dernier.
- Oui, et peut-être aussi l'aspect psychologique — la façon dont les gens ont vécu cette séparation. C'est plus qu'une simple barrière physique, non ? demanda Yanis, sa curiosité sincère et son regard direct et pensif sur Paul, ce qui fit tiquer ce dernier.
Le regard de Yanis le transperçait, le déstabilisait. Paul interprétait son attention comme le signe que Yanis avait perçu son malaise.
Paul, surpris par la profondeur de l'interrogation, hésita une seconde.
- Oui, exactement. Les familles séparées, la propagande...
Il se raccrocha aux faits, essayant de ne pas dévier vers l'émotion.
- Et l'espoir. Même au milieu du désespoir, il y a toujours des tentatives d'évasion, des histoires incroyables, dit Yanis, un sourire doux qui irradiait une chaleur inattendue, une profondeur qui touchait Paul malgré lui.
Au fur et à mesure de la discussion, Paul, malgré lui, remarqua les mains de Yanis lorsqu'il feuilletait un livre ou prenait des notes. Des doigts longs et fins, élégants, mais qui dégageaient une force étonnante, une prise ferme sur le stylo. Son regard fut attiré par un geste simple mais révélateur : la manière dont Yanis se grattait l'arrière du crâne, un geste décontracté qui soulevait légèrement une mèche de ses cheveux bruns foncés, laissant apparaître un peu de sa nuque. Chaque mot prononcé par Yanis était un aimant, tirant l'attention de Paul loin des pages et vers le visage en face de lui. Chaque fois que Yanis l'interrogeait et le regardait directement, Paul sentait un frisson glacial parcourir sa nuque, comme un courant d'air froid sur sa peau. Il détournait le regard, ses yeux s'accrochant désespérément à ses notes, faisant semblant de lire avec une intensité forcée, presque douloureuse.
À plusieurs reprises, leurs genoux se frôlèrent sous la table. Chaque contact électrique fit se raidir Paul, une onde de choc parcourant son corps malgré lui. Leurs genoux se frôlaient comme deux continents à la dérive, et Paul se laissait emporter malgré lui. Il essayait de glisser sa jambe discrètement, de s'écarter, de briser le contact sans que cela ne soit trop visible.
Yanis, avec sa perspicacité, captait certains des regards furtifs de Paul, ses détournements brusques, ses micro-réactions. Cependant, il ne réagissait pas directement à ces signes, maintenant un comportement professionnel et respectueux, ne posant pas de questions, comme s'il observait sans juger, ou attendait le bon moment pour aborder l'éléphant dans la pièce.
Il me regarde... Non, il regarde la page. Concentre-toi, Paul.
La paranoïa de Paul était à son comble. Il interprétait chaque regard de Yanis comme un signe qu'il avait été démasqué, qu'il était en train de révéler ses émotions.
Ce serait tellement plus facile si je pouvais simplement faire semblant qu'il n'est rien d'autre qu'un camarade de classe.
Un désir profond de revenir à la simplicité, de nier l'intensité de ce qu'il ressentait. Les « tentatives d'évasion » mentionnées par Yanis dans le cadre de l'exposé faisait écho au désir inconscient de Paul de fuir sa propre prison émotionnelle. Les livres et les notes de Paul étaient des boucliers, des tentatives désespérées de se cacher derrière la tâche académique pour éviter la confrontation émotionnelle avec Yanis.
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Commentaires ()
Qui de ces deux jeunes hommes va faire le premier pas vers un avenir tourner vers la passion ... On pourrait bien être étonné ! ;)