Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 63
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 63
Scène 3 : La Voix de l'Inconscient
Lundi matin, Paul entra à Saint-Exupéry le cœur lourd, son corps réagissant encore aux reliquats brûlants du rêve tendancieux du week-end. Chaque recoin de l'établissement, chaque visage familier lui paraissait soudain étranger, comme si le songe avait altéré sa perception de la réalité elle-même. Dans le couloir principal, le rire clair de Yanis fusa, mêlé à celui de Chloé. Une vague de chaleur incontrôlable, un mélange suffocant de honte et d'une attraction viscérale qu'il refusait obstinément de nommer, monta au visage de Paul. Son réflexe fut immédiat, instinctif : il bifurqua sans réfléchir.
Toute la journée fut une chorégraphie épuisante d'évitement. Paul se dissimulait derrière les piliers massifs des couloirs, baissait les yeux dans les salles de classe si le regard de Yanis s'approchait du sien, et s'arrangeait pour ne jamais, au grand jamais, se retrouver seul en sa présence. Il faut que je mette de la distance. Que j'oublie ce que j'ai ressenti, se répétait-il comme une incantation désespérée, espérant qu'une absence forcée chasserait cette chimère de son esprit, qu'elle s'estomperait avec les heures. À la cantine, il s'installa seul, recroquevillé le plus loin possible de la table où Yanis, Chloé, Malik et Léa riaient fort, décontractés. Il mangeait à peine, le corps tendu, les sens à l'affût du moindre mouvement de Yanis, chaque parcelle de son être sur le qui-vive.
Il réussit à finir la journée sans voir Yanis ni à lui adresser la parole. À ce constat, Paul éprouvait une petite victoire personnelle contre son inconscient, mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir un malaise, comme un vide.
Toute la journée fut une chorégraphie épuisante d'évitement. Paul se dissimulait derrière les piliers massifs des couloirs, baissait les yeux dans les salles de classe si le regard de Yanis s'approchait du sien, et s'arrangeait pour ne jamais, au grand jamais, se retrouver seul en sa présence. Il faut que je mette de la distance. Que j'oublie ce que j'ai ressenti, se répétait-il comme une incantation désespérée, espérant qu'une absence forcée chasserait cette chimère de son esprit, qu'elle s'estomperait avec les heures. À la cantine, il s'installa seul, recroquevillé le plus loin possible de la table où Yanis, Chloé, Malik et Léa riaient fort, décontractés. Il mangeait à peine, le corps tendu, les sens à l'affût du moindre mouvement de Yanis, chaque parcelle de son être sur le qui-vive.
Il réussit à finir la journée sans voir Yanis ni à lui adresser la parole. À ce constat, Paul éprouvait une petite victoire personnelle contre son inconscient, mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir un malaise, comme un vide.
Paul maintint sa résolution le mardi, s'épuisant à cette course invisible contre lui-même. Il se faufilait dès qu'il voyait Yanis s'approcher. Si par mégarde il se retrouvait face à Yanis, il répondait par des monosyllabes, écourtait les conversations. À la cantine, il choisit encore une table isolée, pensant à tort qu'il pourrait ainsi conjurer l'inévitable. Mais cette fois, alors qu'il piquait distraitement sa salade, il sentit un regard sur lui. Lentement, Paul leva les yeux et croisa ceux de Yanis : intenses, interrogatifs, légèrement empreints d'une pointe de sollicitude qui lui vrilla l'estomac. Yanis était attablé avec ses amis, mais son attention était clairement et indubitablement tournée vers Paul. Il esquissa un léger froncement de sourcils, comme s'il percevait l'isolement délibéré de Paul et s'en souciait sincèrement. Un malaise profond, presque physique, parcourut Paul : il était vu, malgré tous ses efforts pour s'effacer. Il sentit, avec une clarté glaçante, que sa tentative de distance n'était qu'un écran de fumée fragile, percé par chaque regard, chaque sourire de Yanis. Mais Paul ne craqua pas, et resta fidèle à sa résolution de prendre de la distance avec Yanis.
Mercredi, Paul était de nouveau assis seul à la cantine, fixant son plateau comme si l'équilibre de son monde en dépendait. Soudain, une ombre familière se profila au-dessus de lui. Yanis, un sourire hésitant aux lèvres, se tenait à côté de sa table.
— Paul, qu'est-ce qui se passe ? Tu es de nouveau distant, dit Yanis.
Sa voix empreinte était empreinte d'une pointe d'inquiétude et d'une sincérité désarmante qui toucha Paul en plein cœur. Son inconscient hurlait une vérité que sa raison refusait d'entendre : celle du désir de liberté et du détachement de la pression familiale. Mais chaque jour, cette voix intérieure devenait plus forte, plus insistante.
— Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? ajouta Yanis, son regard scrutateur ne le quittant pas.
Avant que Paul n'ait le temps de répondre ou de fuir, Yanis s'assit en face de lui, avec une aisance déconcertante. Le cœur de Paul s'emballa, une chaleur ardente lui monta au cou, mais il demeurait incapable du moindre mouvement, rivé à sa chaise.
— Et d'ailleurs, tu viens toujours à ma fête samedi pour mes 18 ans ? s'inquiéta Yanis.
Au-delà de la gêne passagère, une marée montante de terreur glaçait Paul jusqu'aux os. Une culpabilité écrasante l'étouffait, celle d'avoir ouvert une brèche indicible en lui-même. Ses désirs, attisés par chaque instant passé avec Yanis, se déchaînaient, des démons libérés dont il n'avait pas le plein contrôle. Pourtant, sous cette chape de plomb, une pulsation obstinée persistait : l'envie irrépressible de la fête. Ce n'était pas seulement une bouffée d'air frais loin de sa prison familiale. C'était la promesse de Yanis, de cette connexion inexplicable qui les liait, de cette sensation d'être enfin vu.
— Oui, je viens toujours à la fête, répondit Paul après un long silence.
Juste après, les amis de Yanis — Chloé, Malik, Léa — les rejoignirent, s'installant naturellement autour d'eux, comme si la présence de Paul était une évidence, une partie intégrante de leur cercle. Paul était pris au piège, enserré, mais un étrange sentiment de soulagement le submergea. La tentation de cette compagnie, de cette attention, était trop forte. La sensation de liberté salvatrice que la présence de Yanis procurait effaçait sa résolution. Il avait beau vouloir fuir, la force d'attraction de Yanis et de tout ce qu'il représentait était désormais inévitable.
— Paul, qu'est-ce qui se passe ? Tu es de nouveau distant, dit Yanis.
Sa voix empreinte était empreinte d'une pointe d'inquiétude et d'une sincérité désarmante qui toucha Paul en plein cœur. Son inconscient hurlait une vérité que sa raison refusait d'entendre : celle du désir de liberté et du détachement de la pression familiale. Mais chaque jour, cette voix intérieure devenait plus forte, plus insistante.
— Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? ajouta Yanis, son regard scrutateur ne le quittant pas.
Avant que Paul n'ait le temps de répondre ou de fuir, Yanis s'assit en face de lui, avec une aisance déconcertante. Le cœur de Paul s'emballa, une chaleur ardente lui monta au cou, mais il demeurait incapable du moindre mouvement, rivé à sa chaise.
— Et d'ailleurs, tu viens toujours à ma fête samedi pour mes 18 ans ? s'inquiéta Yanis.
Au-delà de la gêne passagère, une marée montante de terreur glaçait Paul jusqu'aux os. Une culpabilité écrasante l'étouffait, celle d'avoir ouvert une brèche indicible en lui-même. Ses désirs, attisés par chaque instant passé avec Yanis, se déchaînaient, des démons libérés dont il n'avait pas le plein contrôle. Pourtant, sous cette chape de plomb, une pulsation obstinée persistait : l'envie irrépressible de la fête. Ce n'était pas seulement une bouffée d'air frais loin de sa prison familiale. C'était la promesse de Yanis, de cette connexion inexplicable qui les liait, de cette sensation d'être enfin vu.
— Oui, je viens toujours à la fête, répondit Paul après un long silence.
Juste après, les amis de Yanis — Chloé, Malik, Léa — les rejoignirent, s'installant naturellement autour d'eux, comme si la présence de Paul était une évidence, une partie intégrante de leur cercle. Paul était pris au piège, enserré, mais un étrange sentiment de soulagement le submergea. La tentation de cette compagnie, de cette attention, était trop forte. La sensation de liberté salvatrice que la présence de Yanis procurait effaçait sa résolution. Il avait beau vouloir fuir, la force d'attraction de Yanis et de tout ce qu'il représentait était désormais inévitable.
Les jours qui suivirent, le déjeuner à la cantine avec Yanis et ses amis devint la norme. Paul se retrouva chaque jour aspiré dans leur cercle. Dans le brouhaha, le silence de Paul n'était plus celui de l'isolement, mais celui d'une observation intense, d'une absorption presque totale. Les discussions étaient variées : des détails sur l'organisation de la fête, les cours, les activités extra-scolaires de chacun. Yanis se tournait souvent vers Paul, avec une attention sincère : « Et toi, Paul, qu'est-ce que tu penses de ça ? » ou « Tes parents sont stricts sur les sorties ? »
Paul observait Yanis : sa façon de rire, l'énergie qu'il dégageait, l'attention qu'il portait à chacun. Paul se sentait étonnamment intégré, même s'il restait majoritairement silencieux. Il ne cherchait plus à fuir, absorbé par cette proximité nouvelle et enivrante.
Chaque pas vers lui est un pas vers l'inconnu, mais aussi vers... moi-même ? pensa Paul. Je pensais pouvoir fuir, mais sa présence est comme une force qui m'attire. C'est inévitable. Avec eux, je me sens... normal. Libre. Son regard n'est pas jugeant, il est curieux. Sollicitant. La distance ne sert à rien. Il est partout, dans mes pensées, dans la pièce. Est-ce qu'il sait ? Est-ce qu'il sent quelque chose ?
La liberté que Yanis incarnait était une drogue douce, et Paul, malgré lui, y était déjà accro. Je ne peux pas être « ça ». Ma famille ne l'accepterait jamais. C'est une abomination. Je dois refouler ça, l'enterrer si profondément que même moi je ne le retrouverai jamais. Yanis est simplement un ami. Peut-être même qu'on est faits pour être meilleurs amis. C'est peut-être ça cette complicité, le confort absolu que je ressens en sa présence, les bouffées de chaleur et la peur déchirante de perdre cette amitié, la seule de réelle, qui me fait tant de bien. Mais d'un autre côté, ma priorité absolue, c'est de me conformer. De vivre la vie qu'ils attendent. Une vie normale. Mais la peur... la peur est omniprésente, un voile noir qui m'enveloppe, une main glacée qui me serre la gorge. J'ai peur de me perdre. Mais je suis tellement attiré par ce danger. Je suis un aimant brisé, tiré dans deux directions opposées, et l'une d'elles est irrésistible.
Paul observait Yanis : sa façon de rire, l'énergie qu'il dégageait, l'attention qu'il portait à chacun. Paul se sentait étonnamment intégré, même s'il restait majoritairement silencieux. Il ne cherchait plus à fuir, absorbé par cette proximité nouvelle et enivrante.
Chaque pas vers lui est un pas vers l'inconnu, mais aussi vers... moi-même ? pensa Paul. Je pensais pouvoir fuir, mais sa présence est comme une force qui m'attire. C'est inévitable. Avec eux, je me sens... normal. Libre. Son regard n'est pas jugeant, il est curieux. Sollicitant. La distance ne sert à rien. Il est partout, dans mes pensées, dans la pièce. Est-ce qu'il sait ? Est-ce qu'il sent quelque chose ?
La liberté que Yanis incarnait était une drogue douce, et Paul, malgré lui, y était déjà accro. Je ne peux pas être « ça ». Ma famille ne l'accepterait jamais. C'est une abomination. Je dois refouler ça, l'enterrer si profondément que même moi je ne le retrouverai jamais. Yanis est simplement un ami. Peut-être même qu'on est faits pour être meilleurs amis. C'est peut-être ça cette complicité, le confort absolu que je ressens en sa présence, les bouffées de chaleur et la peur déchirante de perdre cette amitié, la seule de réelle, qui me fait tant de bien. Mais d'un autre côté, ma priorité absolue, c'est de me conformer. De vivre la vie qu'ils attendent. Une vie normale. Mais la peur... la peur est omniprésente, un voile noir qui m'enveloppe, une main glacée qui me serre la gorge. J'ai peur de me perdre. Mais je suis tellement attiré par ce danger. Je suis un aimant brisé, tiré dans deux directions opposées, et l'une d'elles est irrésistible.
Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.
J'aime
ou laissez un mot
Restez informé des nouvelles histoires
Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail
Explorez les catégories
Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir
Ce chapitre vous a plu ?
Vous venez de le lire en entier. Prenez un instant pour encourager l'auteur : un petit geste qui fait toujours plaisir et donne envie d'écrire la suite.
Laissez une réaction
Commentaires ()