Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 41
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 41
Chapitre 10 : La Mélodie d'une Attraction Nouvelle
Scène 1 : Le Langage Silencieux des Regards
Scène 1 : Le Langage Silencieux des Regards
Les jours s'étiraient, un lent glissement des heures, marquées par le rythme immuable des cours, de la cohue de Saint-Exupéry qui contrastait avec le calme du foyer familial. Depuis la dernière fois qu'il avait travaillé avec Yanis, une étrange sensation de légèreté s'était installée en lui. L'attente du prochain rendez-vous n'était plus cette torture angoissante qui lui serrait la poitrine et lui coupait le souffle. Paul avait respiré, littéralement. La tension dans ses épaules, constante depuis des semaines, s'était un peu relâchée.
Il s'était forcé à relativiser, à démystifier cette aura quasi-divine qu'il avait, sans s'en rendre compte, projetée sur Yanis. Leurs échanges sur l'exposé, ces moments où Yanis, le grand Yanis, avait posé des questions pratiques sur la chute du Mur de Berlin, exprimé des doutes sur une date ou un nom allemand, voire même blagué sur la complexité de certaines citations, avaient eu un effet inattendu et profondément apaisant. Ils avaient rendu Yanis humain. Vraiment humain.
Il ne l'était plus, ce dieu inaccessible sur son piédestal, aux pieds de qui Paul se sentait me consumer. Il était Yanis. Un gars qui butait sur les noms allemands et qui se frottait la nuque, d'un geste étonnamment banal et touchant, quand il cherchait ses mots ou qu'il était un peu gêné. C'était ridicule, la simplicité de cette observation, mais elle avait dégonflé une immense partie de cette bulle d'obsession malsaine qui l'étouffait depuis des semaines. Cela ne faisait pas disparaître ce qu'il ressentait, pas du tout. Le désir, cette attraction profonde, était toujours là, vibrante, mais cela le rendait plus… accessible. Moins terrifiant. Et c'était cette sensation de danger lointain qui s'était estompée.
Paul était moins obsédé, oui. L'image de Yanis ne flottait plus constamment devant ses yeux comme un mirage, ne dictait plus chacun de ses battements de cœur ni chaque inspiration. Mais elle était toujours là, en arrière-plan, une douce mélodie récurrente, discrète mais persistante, qui résonnait même dans le silence relatif des cours. Il pensait à lui assez souvent, reconnaissait maintenant sa silhouette dans la foule sans l'effroi panique du début, sans la sensation de vertige incontrôlable qui le faisait trébucher dans ses propres pas. Une simple ondulation, une vague chaude qui montait doucement.
La séance de sport de la semaine avait été un test inattendu et une petite victoire. Contrairement à la dernière fois, M. Girard, le professeur d'EPS, avait choisi des équipes au hasard ; et Paul et Yanis n'avaient pas été mis en binôme. Ce fut un soulagement inespéré, un poids en moins. Paul avait pu se concentrer sur les exercices d'endurance, sur le bruit de ses propres pas sur le parquet du gymnase, sur la sensation de sueur qui perlait sur son front, sans la pression constante de la proximité de Yanis et de l'aura qu'il dégageait. Il avait même réussi à courir sans se sentir épié, sans cette anxiété qui lui nouait l'estomac.
Et la douche… C'était toujours le moment le plus redouté, le plus vulnérable. Mais cette fois, il avait réussi à l'éviter. Ou plutôt, il avait évité tout regard sur Yanis. Il s'était forcé à se concentrer sur les carreaux blancs fissurés et les joints noircis du mur des douches collectives, sur l'eau chaude qui coulait sur sa peau, sur n'importe quoi d'autre que la silhouette de Yanis, même si le corps athlétique de Yanis était difficile à ignorer. Il s'était positionné dos à lui, ou tourné vers le mur, jusqu'à ce que Yanis sorte avant lui. Et cela avait marché. La séance de sport, les vestiaires bondés de cris et de rires et la douche collective s'étaient déroulés comme avant la rencontre de Yanis. Ce n'était pas parfait, l'angoisse était toujours là, tapie, une bête endormie prête à se réveiller, mais elle était gérable. Un signe, peut-être, qu'il reprenait un peu le contrôle de lui-même et de ses réactions.
Yanis était moins un dieu, plus un mystère à percer. Et ce mystère-là, étrangement, me faisait moins peur. Il me donnait envie de m'approcher. La séance de sport s'était passée presque normalement, et c'était une petite victoire.
Les regards. C'était cela, le nouveau langage, silencieux et plus éloquent que n'importe quel mot. Des flashs, des croisements d'yeux furtifs dans les couloirs bondés où l'on se frôlait, au détour d'un casier, ou même parfois, un peu plus appuyés, lors d'un cours où leurs places les mettaient naturellement dans le champ de vision l'un de l'autre, comme en anglais avec Mademoiselle Simon. Paul les sentait, ces regards, même avant de les voir. Il les cherchait aussi, presque inconsciemment, comme un réflexe. Un frisson rapide, une chaleur qui montait à ses joues, mais sans cette panique totale qui le submergeait. Juste une curiosité, une envie de comprendre ce qu'ils pouvaient bien signifier. Sans paroles. Le silence était devenu leur complice, un amplificateur de ces échanges muets, chargés d'une tension nouvelle.
Il s'était forcé à relativiser, à démystifier cette aura quasi-divine qu'il avait, sans s'en rendre compte, projetée sur Yanis. Leurs échanges sur l'exposé, ces moments où Yanis, le grand Yanis, avait posé des questions pratiques sur la chute du Mur de Berlin, exprimé des doutes sur une date ou un nom allemand, voire même blagué sur la complexité de certaines citations, avaient eu un effet inattendu et profondément apaisant. Ils avaient rendu Yanis humain. Vraiment humain.
Il ne l'était plus, ce dieu inaccessible sur son piédestal, aux pieds de qui Paul se sentait me consumer. Il était Yanis. Un gars qui butait sur les noms allemands et qui se frottait la nuque, d'un geste étonnamment banal et touchant, quand il cherchait ses mots ou qu'il était un peu gêné. C'était ridicule, la simplicité de cette observation, mais elle avait dégonflé une immense partie de cette bulle d'obsession malsaine qui l'étouffait depuis des semaines. Cela ne faisait pas disparaître ce qu'il ressentait, pas du tout. Le désir, cette attraction profonde, était toujours là, vibrante, mais cela le rendait plus… accessible. Moins terrifiant. Et c'était cette sensation de danger lointain qui s'était estompée.
Paul était moins obsédé, oui. L'image de Yanis ne flottait plus constamment devant ses yeux comme un mirage, ne dictait plus chacun de ses battements de cœur ni chaque inspiration. Mais elle était toujours là, en arrière-plan, une douce mélodie récurrente, discrète mais persistante, qui résonnait même dans le silence relatif des cours. Il pensait à lui assez souvent, reconnaissait maintenant sa silhouette dans la foule sans l'effroi panique du début, sans la sensation de vertige incontrôlable qui le faisait trébucher dans ses propres pas. Une simple ondulation, une vague chaude qui montait doucement.
La séance de sport de la semaine avait été un test inattendu et une petite victoire. Contrairement à la dernière fois, M. Girard, le professeur d'EPS, avait choisi des équipes au hasard ; et Paul et Yanis n'avaient pas été mis en binôme. Ce fut un soulagement inespéré, un poids en moins. Paul avait pu se concentrer sur les exercices d'endurance, sur le bruit de ses propres pas sur le parquet du gymnase, sur la sensation de sueur qui perlait sur son front, sans la pression constante de la proximité de Yanis et de l'aura qu'il dégageait. Il avait même réussi à courir sans se sentir épié, sans cette anxiété qui lui nouait l'estomac.
Et la douche… C'était toujours le moment le plus redouté, le plus vulnérable. Mais cette fois, il avait réussi à l'éviter. Ou plutôt, il avait évité tout regard sur Yanis. Il s'était forcé à se concentrer sur les carreaux blancs fissurés et les joints noircis du mur des douches collectives, sur l'eau chaude qui coulait sur sa peau, sur n'importe quoi d'autre que la silhouette de Yanis, même si le corps athlétique de Yanis était difficile à ignorer. Il s'était positionné dos à lui, ou tourné vers le mur, jusqu'à ce que Yanis sorte avant lui. Et cela avait marché. La séance de sport, les vestiaires bondés de cris et de rires et la douche collective s'étaient déroulés comme avant la rencontre de Yanis. Ce n'était pas parfait, l'angoisse était toujours là, tapie, une bête endormie prête à se réveiller, mais elle était gérable. Un signe, peut-être, qu'il reprenait un peu le contrôle de lui-même et de ses réactions.
Yanis était moins un dieu, plus un mystère à percer. Et ce mystère-là, étrangement, me faisait moins peur. Il me donnait envie de m'approcher. La séance de sport s'était passée presque normalement, et c'était une petite victoire.
Les regards. C'était cela, le nouveau langage, silencieux et plus éloquent que n'importe quel mot. Des flashs, des croisements d'yeux furtifs dans les couloirs bondés où l'on se frôlait, au détour d'un casier, ou même parfois, un peu plus appuyés, lors d'un cours où leurs places les mettaient naturellement dans le champ de vision l'un de l'autre, comme en anglais avec Mademoiselle Simon. Paul les sentait, ces regards, même avant de les voir. Il les cherchait aussi, presque inconsciemment, comme un réflexe. Un frisson rapide, une chaleur qui montait à ses joues, mais sans cette panique totale qui le submergeait. Juste une curiosité, une envie de comprendre ce qu'ils pouvaient bien signifier. Sans paroles. Le silence était devenu leur complice, un amplificateur de ces échanges muets, chargés d'une tension nouvelle.
*
Yanis était conscient des regards. Il les avait toujours sentis, ces yeux qui le suivaient dans les couloirs, ces murmures étouffés qu'il percevait parfois lorsqu'il passait devant un groupe de filles ou même de garçons. Il était habitué à l'attention, à la curiosité des autres, à la façon dont les gens semblaient le scruter. Mais les regards de Paul… ils étaient différents. Ils n'étaient pas le genre de regards insistants ou superficiels qu'il rencontrait souvent. Ceux de Paul étaient furtifs, presque timides, comme s'il avait peur d'être pris, mais avec une intensité sous-jacente, une profondeur qui l'intriguait de plus en plus.
Ces derniers jours, Yanis les avait notés avec une clarté nouvelle : un rapide coup d'œil au moment où il passait devant la salle de classe, la porte entrebâillée ; un autre lorsqu'il sortait du CDI et que Paul était juste derrière lui, la main sur son casier. Il n'en avait pas peur. Au contraire. Une légère curiosité amusée commençait à pointer, une sorte de défi. Ce Paul, si effacé, si silencieux dans le flot des étudiants, le fixait ainsi ?
Il m'observe. Je le sens. Ce n'est pas le regard d'un stalker obsédé. C'est… plus curieux que ça. Plus… intime. Et ça me rend curieux à mon tour. Qu'est-ce qui se passe dans sa tête quand il me regarde ainsi ?
Yanis s'était surpris à chercher Paul du regard, parfois, quand il s'ennuyait en cours, son crayon tournoyant entre ses doigts, ou qu'il traversait la cour pendant une pause, la foule bruyante autour de lui. Juste pour voir s'il le sentirait, s'il capterait un de ces regards silencieux porteurs d'un secret. Il commençait à être de plus en plus fasciné par Paul.
Il y a quelque chose chez lui. Une aura, peut-être. Une sorte de… de calme, mais un calme qui me dérange, qui m'attire. Quelque chose que je ne comprends pas tout à fait, mais qui me donne envie de comprendre. Même à la douche, la dernière fois, il m'a semblé étrangement… absent. Comme s'il évitait un truc, comme s'il cherchait à disparaître. C'est ça qui m'intrigue. Cette façon qu'il a de se cacher, de se fondre dans le décor. C'est ce qui le rend différent des autres.
Il ne se faisait pas d'idées, non. Il était gay, il le savait, il l'avait accepté depuis longtemps. Une certitude ancrée. Mais Paul… Paul était clairement hétéro. Son style vestimentaire, ses manières un peu maladroites, le fait qu'il ne s'intéresse jamais ouvertement à d'autres garçons… Tout chez lui disait « hétéro ». Yanis s'était toujours refusé à s'attacher à des hétéros, à nourrir des espoirs vains, pour éviter les déceptions brûlantes qui l'avaient marqué par le passé. Pourtant, la curiosité grandissait. L'attraction, discrète mais insistante, comme un murmure qui ne voulait pas se taire, commençait à s'immiscer malgré ses efforts pour la réprimer, pour la reléguer au rang d'une simple amitié. Il essayait de chasser l'idée que Paul et lui pourraient former un couple, de la balayer d'un revers de main, mais il devenait de plus en plus difficile de le faire.
Ces derniers jours, Yanis les avait notés avec une clarté nouvelle : un rapide coup d'œil au moment où il passait devant la salle de classe, la porte entrebâillée ; un autre lorsqu'il sortait du CDI et que Paul était juste derrière lui, la main sur son casier. Il n'en avait pas peur. Au contraire. Une légère curiosité amusée commençait à pointer, une sorte de défi. Ce Paul, si effacé, si silencieux dans le flot des étudiants, le fixait ainsi ?
Il m'observe. Je le sens. Ce n'est pas le regard d'un stalker obsédé. C'est… plus curieux que ça. Plus… intime. Et ça me rend curieux à mon tour. Qu'est-ce qui se passe dans sa tête quand il me regarde ainsi ?
Yanis s'était surpris à chercher Paul du regard, parfois, quand il s'ennuyait en cours, son crayon tournoyant entre ses doigts, ou qu'il traversait la cour pendant une pause, la foule bruyante autour de lui. Juste pour voir s'il le sentirait, s'il capterait un de ces regards silencieux porteurs d'un secret. Il commençait à être de plus en plus fasciné par Paul.
Il y a quelque chose chez lui. Une aura, peut-être. Une sorte de… de calme, mais un calme qui me dérange, qui m'attire. Quelque chose que je ne comprends pas tout à fait, mais qui me donne envie de comprendre. Même à la douche, la dernière fois, il m'a semblé étrangement… absent. Comme s'il évitait un truc, comme s'il cherchait à disparaître. C'est ça qui m'intrigue. Cette façon qu'il a de se cacher, de se fondre dans le décor. C'est ce qui le rend différent des autres.
Il ne se faisait pas d'idées, non. Il était gay, il le savait, il l'avait accepté depuis longtemps. Une certitude ancrée. Mais Paul… Paul était clairement hétéro. Son style vestimentaire, ses manières un peu maladroites, le fait qu'il ne s'intéresse jamais ouvertement à d'autres garçons… Tout chez lui disait « hétéro ». Yanis s'était toujours refusé à s'attacher à des hétéros, à nourrir des espoirs vains, pour éviter les déceptions brûlantes qui l'avaient marqué par le passé. Pourtant, la curiosité grandissait. L'attraction, discrète mais insistante, comme un murmure qui ne voulait pas se taire, commençait à s'immiscer malgré ses efforts pour la réprimer, pour la reléguer au rang d'une simple amitié. Il essayait de chasser l'idée que Paul et lui pourraient former un couple, de la balayer d'un revers de main, mais il devenait de plus en plus difficile de le faire.
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